« Je veux faire une musique intéressante à la première écoute comme à la centième ». C’est en substance l’idée de Brent Knopf pour la composition du premier album du projet Ramona Falls, Intuit.
Dans la petite salle du Pop In, on se sent privilégiés d’assister au premier et unique concert français de Ramona Falls, le projet bucolique du cerveau de Menomena, Brent Knopf . Avec les charmants sud africains folkeux Dear Reader qui l’accompagnent sur scène (et vice versa), ils nous délivre les titres d’un premier album dont l’intensité exprimée sur sillon a été préservée dans l’espace intime de la salle. On pouvait craindre que le côté home studio du projet l’emporte sur la qualité scénique, il n’en est rien : les qualités de chef d’orchestre de Brent Knopf s’illustrent dans l’apport indispensable de la guitare électrique aux envolées de piano qui constituent la trame centrale des morceaux.
A la fin du concert, on se cale avec Brent sur un coin de la minuscule scène pour qu’il nous explique le travail de composition et d’arrangement.
Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?
Je m’appelle Brent Knof, j’habite Portland, Oregon, et je viens de finir notre premier concert de Ramona Falls à Paris.
Ca t’a plu ?
Oui, j’ai adoré !
Ramona Falls est-il ton premier projet solo et quand a-t-il commencé ?
Oui, c’est mon premier projet en dehors de Menomena, certaines chansons ont été composées récemment, d’autres il y a douze ans, il y a aussi des chansons dont Menomena ne voulait pas. C’est un projet tout neuf avec des chansons de toutes les périodes de ma vie.
Ramona Falls est donc un lieu où tu avais l’habitude d’aller ?
Quand j’étais enfant on allait avec mes parents à ces chutes près de Portland, Ramona Falls. Je trouvais que c’était un lieu enchanté, avec de la mousse, des champignons, des grottes. J’ai pensé que si je devais partir de chez moi, c’est là que j’irais. C’est un de mes lieux préférés. Je voulais choisir un nom de groupe qui ait une signification totalement positive pour moi. C’est ce que j’ai fait !
Tu y vas toujours ?
Oui, j’y suis allé il y a quelques mois.
Les chansons sont souvent assez surprenantes et changeantes, est-ce quelque chose que tu as obtenu par ta façon de superposer des pistes de différents instruments ?
Je veux faire de la musique intéressante, pas seulement à la première écoute mais également à la seconde écoute puis la troisième, qu’on y entende de plus en plus de couches de sons. Ca a l’air simple et quand on réécoute on trouve ça étrange, pas orthodoxe. Quelque chose de simple va avec autre chose simple et crée quelque chose de nouveau. Ma façon de créer des morceaux est d’ajouter plein d’idées, ce qui a l’air confortable à la première approche mais est également intéressant au fur et à mesure des écoutes. Ma musique préférée, je peux y entendre quelque chose de nouveau à la centième écoute.
Quelle est ta musique préférée ?
Il y en a beaucoup, PJ Harvey, Talking Heads, The Homosexuals, un groupe anglais inconnu qui faisait de la musique en 1979 en Angleterre. J’aime aussi Eric Satie, il est français je crois.
Il y a beaucoup de collaborations et de featurings sur cet album, peux tu nous raconter comment tu as connu Dear Reader par exemple ?
Dear Reader enregistrait son album et cherchait un producteur. Ils ont envoyé un email à Menomena et c’est moi qui suis allé en Afrique du Sud pendant deux semaines pour enregistrer l’album de Dear Reader,
Est-ce qu’ils ont improvisé ?
En général, ils venaient deux ou trois heures. La première moitié du temps, je leur demandais d’improviser et le reste du temps j’avais des idées préméditées que je leur demandais de mettre en oeuvre. Ou alors on creusait une idée qu’ils avaient eu pour l’améliorer.
L’album a-t-il été enregistré en une seule prise ?
Non, ça a pris du temps. Je pense que l’enregistrement a été vraiment intense en janvier et s’est fini en mai. Donc ça a pris quatre mois et demi.
L’album oscille entre la joie (
Oui, il est très introspectif. Je suis assez introverti, je pense trop à certaines choses. C’est un album très personnel et plein de contrastes, il y a des moments tristes mais aussi des moments de soulagement et de joie.
Il est mystique aussi, à l’image d’une partie du refrain de
Je ne sais pas d’où ca vient, c’est comme une incantation, une psalmodie. Ca faisait partie de l’écriture originale de la chanson. Quand je compose, j’utilise un programme de boucles, donc quand j’ai enregistré les différentes parties de
Sur scène, comment ça se passe quand Dear Reader n’est pas avec toi ?
En Europe, Ramona Falls inclue Dear Reader . Aux Etats-Unis, je joue avec des amis, Matt, Paul et Daniel .
Comment as-tu adapté les chansons aux concerts ?
Ca a demandé beaucoup de travail. Le plus dur a été de faire correspondre des samples à chaque note de mon clavier, pour chaque chanson. Aux Etats-Unis on a répété un mois avant de jouer, ici en Europe, on a eu seulement trois jours pour répéter. On faisait 12h ou 14h par jour. Dear Reader sont supers, ils se sont emparé de la musique et en trois jours on faisait un concert, c’est fou.
J’imagine que vous avez joué sur de plus grandes scènes qu’au Pop In !
C’est la plus petite scène que j’aie jamais faite !
J’ai trouvé deux nouvelles chansons de Menomena sur Spotify,
Ce sont de vieux titres. On avait beaucoup de chansons mais on en a choisi seulement neuf pour ce cd.
En savoir +
Myspace : http://www.myspace.com/ramonafalls
Le clip de I Say Fever : http://www.youtube.com/watch?v=Ga0ohgZFVqc&feature=player_embedded
Vidéo sur le processus d’enregistrement d’Intuit : http://www.youtube.com/watch?v=RX0XRNJWLTU&hl=fr
A lire sur Discordance : Chronique d’Intuit->http://www.discordance.fr/Ramona-Falls-Intuit,1238.html] / [MP3 de la semaine
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