Rammstein | Zénith | Strasbourg | 01.12.2011

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S'il y a un intérêt à la sortie d'un best-of de Rammstein, c'est bel et bien de voir tout ce cirque pyrotechnique et scénique reprendre le chemin des arènes pour un show, disons le clairement, absolument grandiose.

Car se sont bien les délires scéniques de Till Lindemann et de sa bande qui ont propulsé Rammstein dans les hauteurs stratosphériques du rock’n roll. Ca et une certaine ambiguité, cultivée volontairement par un groupe qui a toujours sû habilement manier les clichés en les détournant d’une façon beaucoup plus subtile qu’il n’y parait. Un sens de l’auto-dérision qui les aura d’ailleurs fait organiser leur propre enterrement il y a quelques jours de cela à Berlin, clin d’oeil à la sortie de ce best-of, souvent synonyme de clap de fin pour beaucoup de groupes.

Ainsi, c’est par une procession funèbre que débutera ce Made-in Germany Tour avec comme première surprise la lente arrivée des 6 membres du groupe de l’arrière de la salle jusqu’aux devants de la scène, grâce à une passerelle jetée en travers de la fosse. Tout de noir vétus, ils s’avancent ensemble sous les acclamations du public jusqu’à se présenter immobile face à lui. Oliver Riedel (le bassiste aux faux airs de Milan Fras), une torche à la main, enflamme la vasque présente à sa droite, juste avant que Till ne démarre un compte à rebours finissant par la première d’une longue série de salves enflammées. Les vagues de chaleur se ressentent jusque dans les gradins, et dans les premiers rangs la température doit être insoutenable. Pour l’anecdote, les photographes n’auront pas les 3 premiers morceaux à leur dispo pour shooter le groupe, mais les 3 suivants, pour raison de sécurité.

Sonne / Wollt ihr das Bett in Flammen sehen / Keine Lust. Le ton est donné dès le début et le groupe piochera allègrement dans toute les périodes de sa discographie. La setlist restera assez similaire au tracklisting du Bestof, et les surprises seront essentiellement à chercher au niveau de la mise en scène. L’énorme ventilateur trônant au centre de la scène rappellera l’époque d’Herzeleid, le retour de l’arc de feu sur Du riecht so gut celle de Sehnsucht, les masques lance-flamme de Feuer Frei celle de Mutter et la célèbre scène du chaudron raviera de bonheur les adeptes de bonne chair (et de Reise, Reise). Les guitares s’enflammeront sur Du riecht so gut, Flake ira faire du bateau sur Wir Halten. Et Till haranguera la foule sur Ich Will. Du classique. De l’efficace. Mais un gros pieds de voir ces 15 années de carrière défiler en un peu moins de 2h00.

Le climax du show sera atteint pour les 3 derniers morceaux avant le rappel, lorsque le groupe quittera la scène principale pour se retrouver sur une petite scène circulaire placée près des gradins. L’effet est garanti et cela donne une impression de proximité assez géniale. Impression renforcée pour les chanceux placés au pieds de la plateforme et qui se feront allègrement arrosés par Till à la fin de Bück Dich.

Le rappel est particulièrement généreux, avec pour clôturer le show, Amerika, Mein Herz brennt, Ich will et surtout la splendide mise en scène de Till en ange de feu sur Engel. Pour finir sur une note légère, c’est sur Pussy et sous les flocons projetés par un énorme sexe que le groupe mettra un point final au concert.

Une excellente soirée donc et une célébration à la hauteur de leur désormais longue carrière.

Crédits photo : Ludo Pics Troy

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Image de : Fondateur de Discordance.

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