Ils sont jeunes, ils sont français, ils font du rock et exhument toutes les scènes qui ont ouvertes leurs portes depuis le buzz général qu’a créé il y a déjà quatre ans le morceau
Brakes lance les hostilités. Le groupe est anglais et affirme un rock de vieux de la vieille avec un guitariste tout particulièrement déjanté qui part dans des solos ultra saturés à la fin de chaque morceau, jouant les hélicoptères avec sa chevelure qu’il fait tournoyer aussi vite qu’il gratte les cordes de sa guitare. Une bonne mise en bouche… si la salle était un peu plus réactive ! Évidemment à 20h on ne peut pas franchement dire que le public est en feu puisque pour l’instant il est surtout inexistant. Mais nos rockeurs ne se décourageront pas et réussiront même à faire se secouer les têtes des rares ponctuels de la soirée.
Deuxième partie de l’échauffement avec The boxer Rebellion . La british attitude est toujours dans la place, mais donne cette fois-ci dans le teenager à peine poilu. Brushing lissé et pantalon slim iront alors de pair ce soir avec les cris stridents d’un chanteur monté sur ressort et les envolées purement techniques que nous balancent comme des boulets de canon guitariste et bassiste. Nos jeunes ont du style, c’est sûr, mais à force de peaufiner les mêmes samples décapants, une évidence apparaît : tout ceci est tout de même bien répétitif. The boxer Rebellion occupera tout de même la scène une petite heure, remplissant la salle d’ondes électriques en même temps que le public qui finit par arriver.
Car les vrais rois de la soirée semblent tout de même attendus de pied ferme par cette foule d’un éclectisme rare. On voit alors les papas quarantenaires surveiller leurs adolescentes (ou peut-être est-ce le contraire) pendant que les métalleux ultratatoués fricotent avec les bourgeoises-bohèmes un peu surprises par ce « hangar » qui fait salle de concert. Le public semble bien chaud, mais Quidam joue la facilité et commence par
Ici, personne ne s’efface et ce sont trois paysages très différents que nous peint chacun des musiciens ( Yannick au chant et à la guitare, Pierre à la basse et Romain à la batterie). Le moindre problème technique est d’ailleurs évincé en quelques secondes, devenant presque touchant par les rires nerveux des membres du groupe ne sachant pas trop comment meubler ce changement de corde défaillante ou les soucis d’accordement. De la ballade qui ne s’énerve qu’un tout petit peu à des titres martelés et torturés, le groupe confirme une fois de plus son style aussi désabusé que rageur, aussi mélancolique qu’emporté. Yannick nous offrira d’ailleurs un morceau en anglais, lâchant sa guitare pour rentrer dans une transe épileptique qui n’est pas sans rappeler un certain Ian Curtis .
Un concert qui aurait donc pu tout avoir pour nous laisser rentrer le coeur encore vibrant de cordes déchirantes et de chansons torturées… oui, mais… le groupe perd toute son aura lors du rappel. Moulte cris,
Ils ont du talent, ils aiment à nous offrir des chansons léchées et leur atmosphère est bien particulière, mais les Quidam semblent encore manquer d’un peu de folie pour exalter au maximum leur sensibilité créatrice.
Crédits photo : Richard Dumas
En savoir +
Brakes : http://www.myspace.com/brakesband
The boxer Rebellion http://www.theboxerrebellion.net/
Quidam : http://www.myspace.com/quidamfr
A lire sur Discordance : [Interview->372] (2007)
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