Quand l’écologie devient démago (1)

par Antoine|
S’il fait bon de parler écolo pendant les temps qui courent, un petit air de discordance flotte tout de même au dessus du débat. Débat d’ailleurs vif il y a quelques semaines de cela, mais aujourd’hui plutôt apaisé. Alors, Homo écolo ou écolo démago ? Parlons peu, parlons bien. Essayons tout du moins...

ecolo_demagoSi la sensibilisation du grand public à propos du réchauffement climatique existe tout de même depuis un certain temps, on ne nous fera pas mentir en disant que l’arrivée subite et brève du débat écolo sur la scène politique n’a pas été innocente. Des élections ? Ah bon ? (sic) N’empêche, au début du 19ème siècle, le sieur Aramius, prix Nobel en 1803, affirmait haut et fort qu’un doublement de la masse de CO2 dans l’air aurait un impact sur l’environnement qui se ferait ressentir par une augmentation d’environ 4°C de la température ambiante. Et la communauté scientifique actuelle d’ajouter que le climat a effectivement augmenté de 5°C sur les cent dernières années, évolution moyenne pour une période de cent mille ans. Bref, oui, le climat change. Non, ce n’est pas nouveau.

Le fait est que la médiatisation des dérèglements écologiques et climatiques est nécessaire à la prise de conscience générale, et que ce travail de sensibilisation porte largement ses fruits sur les particuliers. Le recyclage des ordures est en hausse constante, à tel point d’ailleurs qu’à la simple échelle parisienne, les fameuses poubelles jaunes de tri sélectif sont plus nombreuses que les poubelles de déchets non recyclables, et que la fréquence de leur ramassage a été doublée après un an d’expérimentation. Les transports en commun aussi évoluent. A Paris toujours, et ce au grand désespoir des automobilistes, la multiplication des voies de bus fluidifie le trafic (des bus) en empiétant sur l’espace de circulation (des voitures). Du coup, les bouchons augmentent, et les irréductibles inconvertibles aux transports en communs protestent (très fort).

Récemment, un médecin pneumologue annonçait à ce sujet sur les ondes radiophoniques, que la dépollution de l’air parisien n’avait jamais connu de telles évolutions positives. La politique d’aménagements tant contestée semble porter ses fruits. Autrement dit, si particuliers et collectivités locales agissent concrètement depuis un certain temps, les hautes sphères politiques qui se sont fraîchement emparées du débat écologique prennent le train en marche. Quelques semaines après, le train politique semble s’être arrêté, le sujet soudainement important ne l’est plus.

Alors, homo écolo, ou homo démago ?

La discordance est nette. D’un côté la volonté subite (plaît-il ?) des personnalités politiques de tout bords (NDLR : Discordance est totalement apolitique) de crier haut et fort la nécessité de faire bouger les choses. De l’autre côté, une campagne dont certains écologistes militants se sont habilement servis pour faire passer un message. Si avant cette campagne, le débat vert ne mobilisait que très peu la classe dirigeante, l’annonce de la potentielle candidature de Nicolas Hulot déclenche la tempête démago. Les candidats qui s’expriment débordent de malice pour affirmer leurs convictions écologiques de toujours restées hors débat jusque là, allant même jusqu’à proposer au défenseur de l’environnement une royale place de (vice) premier ministre. lequel refusera habilement la proposition, ne se jugeant pas apte institutionnellement à exercer en politique. La politique écolo démago enclenchée, le gouvernement enchaîne le mouvement, annonçant lui aussi des mesures sur le débat.

Quelques temps auparavant, l’ex-candidat aux présidentielles américaines Al Gore faisait une tournée mondiale pour promouvoir un film intéressant sur le réchauffement climatique, et dénonçant la dépendance énergétique des populations. Très bien ! Les interviews se succèdent en France, après quoi l’homme regagne un hôtel quelque part en France. en jet privé. Erreur de choix qui fera couler l’encre.

Bref ! La classe politique prouve en matière de protection de l’environnement qu’il est plus facile de commenter ce qui existe déjà que ce qui arrivera plus tard. Et qu’il faut absolument changer les choses sans pour autant changer nos petites habitudes.

Alors comment faire pour que les choses évoluent ? Comment l’homo écolo se passe t-il de l’écolo démago ?

([A suivre....->263])

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4 commentaires

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  1. 1
    le Mercredi 20 décembre 2006
    kyra a écrit :

    La démagogie est inhérente à la politique, surtout en période électorale. Alors que ça touche la sphère écologique/environnementale, ce n’est pas étonnant. Mais on s’en fout un peu non de cette dérive démagogique ? Ce qui compte c’est que le débat écolo prenne de la consistance et fasse l’objet d’un programme politico-économico-socio-blablabla avec un budget à la clef. Sinon ça ne sert à rien. La médiatisation c’est une chose, c’est bien, ça a permis d’ébranler le mammouth et d’éveiller les consciences individuelles, mais si la question écolo ne touchait pas le domaine de la santé (et devenant par là un problème de santé publique = dimension collective), peut-être qu’on n’en parlerait pas autant et que les hautes sphères politiques ne verraient pas autant d’intérêt à intégrer le débat dans leur campagne électorale. Enfin bon .. i hate politics.

  2. 2
    le Mercredi 20 décembre 2006
    Antoine a écrit :

    La suite de l’article est à venir ! Avec des idées concrètes et existantes pour participer aux actions ! 0 suivre donc.

  3. 3
    le Samedi 20 janvier 2007
    Anonyme a écrit :

    Nous avons tous trop besoin d’informations sérieuses en matière d’écologie pour que le problème soit pris au sérieux. Aramius est Arrhénius il n’a pas reçu le prix nobel en 1803 mais en 1903 etc. Soyez gentils vérifiez un peu ce que vous écrivez.

    Maintenant que la catastrophe écologique est en route, que la Chine et l’Inde sont invitées à nous rejoindre dans la destruction des équilibres vitaux naturels et que les leçons en matière d’écologie sont données par ceux qui remettent tout en cause sauf ce qui rend inéluctable la transformation de notre planète en milieu impropre à la vie, comme les négriers des temps modernes nous donnent des cours de droits de l’homme et d’anti-racisme ; le bavardage écologique va bon train.
    Il est donc indispensable de ne pas en rajouter et d’observer qui se met au service de quoi.
    Le seul espoir que nous puissions entretenir en l’état de non remise en cause de notre modèle de développement, culturel, moral est celui de trouver comment techniquement recueillir l’énergie solaire en quantité suffisante pour que l’on cesse et les énergies fossiles et le nucléaire dont sa dissémination représente un danger bien plus imminent encore.
    La dynamique actuelle nous condamne à estimer que la disparition de notre espèce causée par elle-même
    est tout compte fait la chance pour d’autres de réussir, peut-être, une forme d’existence plus intelligente, plus raffinée comme la fin des grands reptiles a donné leur chance aux mammifères.

  4. 4
    le Dimanche 21 janvier 2007
    Anonyme a écrit :

    Cher lecteur,

    Après vérification, la référence est effectivement erronée puisqu’il s’agit de Svante Arrhenius (1859-1927). Merci de votre correction et complet mea culpa. Cette erreur est impardonnable, mais de là à dire que votre ton si… peu chaleureux dirons nous, est justifié, la marge est grande. Restons corrects tout de même.

    La suite de l’article (l’avez vous lu ? ) parle justement du fait que le sujet est sérieux et propose un moyen de contribuer individuellement et utilement à la résolution du problème. Mais chacun est libre de penser ce qu’il veut, tel est la principe de Discordance.

    Merci de votre réaction et au plaisir de vous retrouver sur Discordance.fr

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