Poison

par Stedim|
Comment se fait-il que cette remarquable BD ne soit pas plus remarquée ? Les deux premiers volets de "Poison" sont déjà présents dans le monde libre et méritent véritablement l’attention des amateurs de saga policières !

poison1Alors là, poussez-vous, désolé mais, cette fois, j’ai vraimentla positive attitude l’impression d’avoir misle doigt là où ça fait mal la main sur une petite merveille, une belle création, innovante et charismatique au possible : Poison .

Tout commença il y a quelques semaines, un dimanche après-midi, lourd de non-sens. Je zonais assis sur mon épais tapis rouge, abruti et satisfait de l’être par la télévision. Je prenais un plaisir monstre à laisser mon neurone en roue libre quand, soudain, ce dernier se mis à cavaler en rond en poussant des petits cris suraigus, les axones en l’air, électrisé qu’il était, par une courte interview de Laurent Astier durant un reportage sur Quai des bulles, le festival de la bédé de Saint Malo, édition 2007. Autant l’interviewer m’a fortement agacé (pas important), autant l’humilité de l’auteur mêlée à la force tranquille que confère l’assurance du talent avéré m’a séduit d’emblée (très important). Bien sûr, c’était à joindre au charisme évident des dessins jetés ça et là en pâture aux téléspectateurs mono-neurone dominicaux.

Le lendemain soir, je me retrouvais à nouveau sur mon tapis rouge, allongé, nonchalant, en compagnie de l’héroïne de Poison, grâce aux deux premiers double-albums de la série (qui en comptera 3 au total). Il faut croire que j’avais envie de glamour, de séduction, peut-être d’une légère mais certaine tension sexuelle et aussi de contemporain, d’urbain, de violence, de cynisme, de glauque, de réalités présumées et dérangeantes, bref de faits (divers) de société. Le pitch ? Une jeune femme fraichement diplômée de l’école de police est de suite recrutée par La Poison, cellule secrète de lutte contre les réseaux de prostitution en Europe. Claire deviendra vite Clara ayant pour mission d’infiltrer l’un d’eux avec tous les dangers physiques et moraux que cela implique.

Si le thème principal ne m’a pas directement attiré, il en fut tout autrement pour l’aspect visuel. Bédé initialement prévue en noir & blanc, Laurent Astier a finalement opté pour la bichromie alternée et l’impact positif est réel, original, évident ! L’enchaînement est rythmé, nerveux, aucun répit n’est laissé au lecteur qui ne peut être que pleinement frappé par l’orientation totalement cinématographique de l’oeuvre. Nous sommes vraiment face à un polar d’action tout à fait réussi. Il ne manquerait qu’une bande originale pour parfaire le chef-d’oeuvre.

Si l’on s’éprend rapidement de Clara, séduisante jeune femme, mentalement et physiquement intelligente, titubant entre détermination et fragilité, on est aussi charmé par les autres personnages principaux, tous à fort caractère. Tous constituent un tout, homogène et équilibré, alimentant un scénario vite captivant et des planches qu’on parcoure trop vite mais sur lesquelles on revient avec plaisir. Attendons le troisième volet mais je veux déjà dire que Poison est en bonne voie pour devenir une trilogie réussie et originale !

Rarement un film policier a été aussi bien dessiné !

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1 commentaire

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  1. 1
    Stedim
    le Samedi 2 février 2008
    Stedim a écrit :

    Précision pragmatique : ces doubles-albums sont vendus chacun au prix d’un simple.

    Il n’y a vraiment aucun défaut à cette oeuvre.

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