Pinback + Canyon Cosmos | Nouveau Casino | 11.07.2013

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Le Nouveau Casino est bien vide ce soir, c’est la première fois qu’on voit le balcon fermé, et la foule peine à remplir l’espace vers le fond de la salle. On devait pourtant s’y attendre, Pinback, le groupe de Rob Crow et Zach Smith, n’a rien de neuf à proposer depuis leur dernier passage à la Maroquinerie, en décembre 2012, et nous sommes en plein mois de juillet : une conjugaison d’évènements assez malheureux impliquant une puissante absence de motivation pour s’enfermer dans une salle et parader auprès de ses semblables en exhibant le t-shirt de son groupe préféré.

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Cependant, la décence et le bon goût interdisent formellement de négliger ce concert. Car Pinback est un groupe qui se positionne avec une très claire netteté au-dessus de la mêlée. Cinq albums, deux membres qui se partagent de manière équivalente d’autres groupes à l’incontestable renommée (Three Mile Pilot, particulièrement), Smith et Crow se sont, petit à petit, imposés comme formant l’un des meilleurs groupes de pop actuel. Tout simplement parcque ces types ont une écriture si fine et racée qu’il en devient presque impossible de les égaler. Chaque mélodie semble discrètement soupesée et longuement travaillée, afin qu’elle puisse donner cette impression d’implacable logique, de beauté naturelle, d’une continuité qui ne pourrait se briser. Chaque riff s’imbrique dans l’autre, comme une pièce d’un puzzle, comme le résultat d’une équation naturelle visant l’équilibre parfait.

Rob Crow est issu d’une formation de scientifique, et cela s’entend lorsque l’on écoute un disque de Pinback, tant tout sonne juste, approprié et résonne pourtant d’un incroyable écho. Car toute la force et la beauté d’un groupe comme Pinback réside dans le fait que le duo de San Diego tire le maximum du minimum, non pas en terme de quantité, mais en qualité. Ce groupe joue à faible volume, n’enclenche que très rarement la pédale de disto, ne joue quasiment jamais en power chord et rend pourtant compte d’une exaltante puissance, de par la beauté de ses mélodies, la justesse et la pureté des harmonies de voix, le placement méthodique et mathématique des riffs, toujours en restant très rock. La setlist est particulièrement composé de morceaux du dernier Information Retrieved, mais on retrouve sans sourciller la dose de tubes habituels, des titres flamboyants et purs, SyracuseLoro, TripoliGood to Sea

Crow à la guitare, Smith à la basse et un batteur, qui les accompagne sur la tournée. Pinback, sur scène, use d’une quantité assez importante de samples et de loops, choix assez étrange alors qu’ils pourraient très bien ajouter un membre en plus dans l’équipe. Mais cela, au final, ne gâche pas la plaisir, seule Fortress, voyant Crow lâcher sa guitare et prendre uniquement un micro, ressemblera plus à l’édition digitale d’une kermesse à la saucisse qu’à un véritable titre d’un groupe de pop à guitares, mais passons. Le reste ne sera que pure et simple domination, jouant plus rapidement qu’en studio sans pour autant perdre en clarté : ces gens sont des seigneurs, finissant le maigre public présent ce soir avec un rappel inespéré, Prog et AFK, soit deux des meilleurs morceaux qu’ils aient pu composé, joués de main de maître et avec la volonté des puissants. On aura malheureusement pas pu profiter de la prestation de la première partie, Canyon Cosmos, arrivant trop tard.

Crédits photo : Drew Reynolds

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