Phoebe Killdeer & The Short Straws

par |
A 30 ans, Phoebe Killdeer vient de sortir son premier album, Weather’s coming. Accompagnée des Short Straws, elle remet au goût du jour les musiques d’une autre époque, du blues des années 50 et 60 aux sonorités psychélédiques des 70’s. Interview.

Les styles abordés dans Weather’s coming sont assez vieux. Penses-tu que ce disque va plaire à la nouvelle génération ?

J’espère que oui. Même la nouvelle génération aime les vieux sons. La preuve, c’est qu’il y a beaucoup de groupes assez anciens qui sont toujours écoutés aujourd’hui : Led Zeppelin, Elvis Presley .

Crois-tu que le public rock va accrocher ?

Je pense que le public rock va aimer les live. Les morceaux sont beaucoup plus énergiques sur scène. Je voulais vraiment que les concerts et le disque soient deux choses distinctes car ce sont deux univers différents.

Est-ce que tu écoutes de la musique contemporaine ?

Je ne suis pas complètement fermée mais je ne me tiens pas au courant de l’actualité musicale. Je ne peux pas enchaîner les écoutes, groupes après groupes. Il y a des personnes comme mon guitariste qui savent tout ce qui se passe tout le temps. Moi, j’aime bien quand des gens me conseillent des disques. Sinon, j’écoute la radio. Et là, si j’entends quelque chose que j’aime bien, je vais écouter et décortiquer.

kildeer1
Les années 70 ont été vraiment incroyables. Les musiciens avaient une musicalité hors paire à cette époque. Ce qui a permis d’ouvrir de nouvelles voies. Mais, même dans les 60′s, 70′s et 80′s, il y a eu des évolutions. Toutes les années ont été assez riches finalement. Maintenant, je ne sais pas ce qui va se passer (rires). On est un peu coincé.

Les Short Straws t’accompagnent-ils depuis longtemps ? Comment les as-tu rencontrés ?

Tout a commencé quand j’ai enregistré l’album. J’ai vu Cédric (guitare) en concert à La Cigale avec un groupe qui s’appelle Villeneuve . J’ai adoré. Alors, avec Marc (ndlr : Collin, producteur de Weather’s coming et fondateur du projet Nouvelle Vague ), on l’a appelé et il est venu au studio pour une session. En l’écoutant, je me suis dit « c’est le bon. »

Les membres des Short Straws ne jouaient pas ensemble auparavant alors ?

Le guitariste et le bassiste étaient dans le même groupe. Le guitariste et le batteur également mais ils ne jouaient pas tous les trois ensemble. En revanche, ils se connaissaient déjà. C’était des amis.

Reprenons du début. Quand t’es-tu lancée dans la musique ? Et par quel style de musique as-tu débuté ?

Quand j’avais 17 ans, je suis parti en Afrique pour faire du bénévolat. Je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire. J’étais dans une période d’indécision. Là-bas, le seul moyen d’écouter de la musique, c’était la radio. Il y avait beaucoup de hip-hop qui passait. J’étais intriguée par les paroles. C’est ce qui m’a donné l’envie d’écrire mes propres textes. En rentrant à Londres, je suis allée à des Jam sessions axées funk hip-hop où tu mets ton nom sur une liste pour chanter un quart d’heure sur scène. En général, tu finis par improviser parce que les paroles ne font pas un quart d’heure (rires)! Là, j’ai rencontré des producteurs qui m’ont fait des propositions. J’ai travaillé avec différentes personnes dans le hip-hop. Après, j’ai évolué. Je me suis tournée vers la soul et je me suis mise à chanter.

Comment se fait-il que ton premier disque soit sorti si tard ?

J’avais des opportunités mais je ne les ai pas saisies car je ne me sentais pas prête. Jusqu’à aujourd’hui. Marc a su me mettre en confiance. Il était vraiment ouvert à toutes les idées bizarres que je pouvais avoir.

Quand tu as commencé les jam, tu savais déjà chanter ?

Non, à ce moment, je ne me destinais pas à la chanson. Je ne faisais même pas de chant au début, je parlais presque, je racontais des histoires. Dans le même temps, j’ai été ingénieur du son pendant 7 ans pour différents clubs de Londres. Un jour, il a fallu que je choisisse entre le chant et le métier d’ingénieur du son. J’ai choisi le chant.

kildeer2
Mon manager a envoyé une démo à Marc Collin parce qu’elle avait entendu dire qu’il cherchait des chanteuses pour Nouvelle Vague II . Il a écouté mes chansons et il a aimé. Deux ans après Nouvelle Vague, il est venu vers moi pour me proposer de faire un album.

Tu as aussi participé à la production de Weather’s coming .

Oui, on a tout fait ensemble. J’étais même là pour le mixage et le mastering. Je voulais tout vérifier, peut-être à cause de mon expérience d’ingénieur du son.

Avant de sortir ce disque, tu as collaboré à de nombreux projets : Nouvelle Vague, Basement Jaxxx, Bang Gang etc. Que t’ont -ils apporté ? Penses-tu que tu aurais été signée sans toutes ces expériences ?

Les collaborations étaient très courtes. Par exemple, avec Basement Jaxxx, ça a duré une après-midi dans mon existence de chanteuse. Ils m’ont montré quatre chansons et m’ont demandé d’en choisir une. Puis ils m’ont dit de m’asseoir et d’écrire des paroles. Je les ai chanté pendant deux heures non stop et c’était fini. Mais j’ai tout de même appris énormément. Et je me suis amusé. Chacun à sa façon de travailler alors, à partager, c’est génial.

Les jam sessions ont du t’aider pour écrire les paroles aussi vite ?

Oui, surtout que j’aime bien faire ça. Je pense que c’est lors de la première écoute que l’on sait s’il va se passer quelque chose. Tu mets sur papier tout ce que tu ressens. Des fois, ça marche, des fois, ça ne marche pas.

Vas-tu tenter de cumuler ta tournée en solo et celle avec Nouvelle Vague ?

Non, je vais uniquement assurer ma tournée. Cela fait déjà trois ans que je tourne avec Nouvelle Vague, je pense que le public a besoin d’entendre autre chose. Deux nouvelles chanteuses vont arriver pour Nouvelle Vague III qui va sortir dans un an.

Ton album a été enregistré il y a un an. Comment ta musique a évolué depuis ?

Elle sonne plus live. Il y a moins d’éléments, beaucoup de percussions tribales et plus de sons industriels. J’aimerais bien développer ce côté tout en utilisant des éléments organiques comme un shaker.

Tu as déjà composé de nouveaux titres ?

Hum, peut-être. De toute façon, même en live on joue des morceaux qui ne sont pas sur l’album. Si tu calcules, l’album fait environ 35 minutes et on doit faire des shows de 1h15. Il faut venir au live pour voir ce qui se passe.

En concert le 26 mars à Paris, le 3 avril à Rennes, le 16 avril à Grenoble etc.

- -
En savoir +

Myspace : www.myspace.com/phoebekilldeer
Chronique de Weather’s coming sur Discordance.

Partager !

A propos de l'auteur

Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

5 commentaires

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires
  1. 1
    Stedim
    le Mercredi 19 mars 2008
    Stedim a écrit :

     » The Short Straws  » ?

    Mais pourquoi ? Pourquoi « les courtes pailles » ??

    J’en dors pas !

  2. 2
    le Mercredi 19 mars 2008
    Yves a écrit :

    Je lui ai pas posé la question parce que j’avais déjà trouvé la réponse sur sa page myspace. « Short » et « Straws » sont en fait une partie des pseudos du guitariste et du batteur. Complet, cela donne « fuzzy short » pour le guitariste et « lucky straw » pour le batteur.

  3. 3
    Stedim
    le Mercredi 19 mars 2008
    Stedim a écrit :

    Hummmmmm d’accord. Merci !

  4. 4
    le Mercredi 19 mars 2008
    Hanky Panky a écrit :

    Pourrais-tu en dire + sur l’entrevue? Artiste sympa? Dans quel contexte l’itw? Minutée, j’me doute, nan? Miss Killdeer a du charme (vu ds taratata)!

  5. 5
    le Mercredi 19 mars 2008
    Yves a écrit :

    Yep, bien sur, Hanky Panky. Alors, déjà, j’ai vu Phoebe sans ses musiciens. Ils étaient passé sur France Inter le matin même et en arrivant, j’en ai vu un qui dormait les pieds posés sur son matos.

    Phoebe est très sympathique et je pèse mes mots. Sur le plan physique, ses yeux sont gigantesques, ce qui fait qu’on se perd facilement dedans. Ses parents sont Australiens et elle a appris très tôt l’anglais. Elle répond donc en franglais (environ 5 mots de français pour 1 mot d’anglais).

    J’ai jeté un oeil à sa performance dans Taratata. C’était sympa, non? En tout cas, j’ai hâte d’être au 26 mars pour la voir en concert. Et bien sur, il y aura un live report!

Réagissez à cet article