Peter Punk à la Maroquinerie

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« Disiz the end » avait-il annoncé dans son album précédent. The end, oui, mais pas tout à fait, et là est la subtilité de l'artiste : l'ancienne Peste arrête le hip hop pour se mettre au rock.

Image de Peter_Punk Un revirement osé qui souleva craintes et indignations, que ce soit de la part de ses fans – « Arrête pas le rap, reviens nous, t’es notre soleil dans la nuit sombre » – ou de la part de la communauté rock, réticente à l’arrivée d’un rappeur en quête d’identité. Pourtant Dans le Ventre du Crocodile est une excellente surprise : album piquant et frais à la fois, c’est un voyage vers un pays qui n’est désormais plus imaginaire. Ce soir à la Maroquinerie, Peter Punk nous embarque dans son nouvel univers, un univers qui semble avoir attiré un public assez mixte, entre fans de la première heure et amateurs de rock.

C’est sur l’intro au titre évocateur, Mutation, que feu Disiz La Peste arrive sur scène, cheveux ébouriffés, lunettes noires sur le nez. Le changement est radical, adieu samples et bienvenues guitares, Peter Punk donne le ton, et nous balançe le titre Yeah Yeah Yeah en pleine  figure. Il n’y a rien à dire, ça envoie du lourd et du très fort dans les oreilles. Pour celui qui pensait revoir un peu de Disiz sur scène, c’est raté.

Peter Punk s’assume en rockeur et enchaîne les titres de son nouvel album, Rien comme les autres, Jolies planètes, Faire la mer, puis une reprise inattendue de You Never Can Tell de Chuck Berry. Les fans de Disiz la Peste ne comprennent pas vraiment ce qui se passe, mais mine de rien, ça remue façon Uma Thurman et John Travolta dans la fosse. Avec ses airs de chanson pour ados, Je t’aime mais je te quitte, est en fait une subtile dédicace au président ainsi qu’à ses célèbres propos « La France, tu l’aime ou tu la quitte » et remporte les faveurs du public. Disiz est parti, mais sa verve, elle, est toujours là.

Miss Désillusion prend la suite, un titre de l’album Les Histoires Extra-Ordinaires d’un Jeune de Banlieue, plutôt bien arrangé, qui montre le côté pop enfoui du temps de Disiz, mais qui aujourd’hui explose chez son alter-ego. Avec Les équilibristes, Trans-Mauritania et Les Monstres, Peter Punk fait monter la pression, et difficile de savoir quand celle-ci retombera. La pause de Paradoxe n’est qu’un leurre, et même si le public semble conquis par la belle histoire des Lucioles, il est loin de se douter de ce qu’il va lui arriver dans les secondes qui arrivent.

Pogo, vous avez dit pogo? Oui vous avez bien entendu. C’est sur une reprise exceptionnelle de J’pète les plombs version ska, que Peter Punk réussi avec brio à soulever la fosse de la Maroquinerie. Sur scène c’est la folie, en bas c’est l’anarchie. Du jamais vu en matière de rappeur français qui soudainement se reconvertit au rock. Même Lil Wayne, artiste sacré et consacré du hip hop américain, qui avait « tenté » un album néo-métal, ne lui arrive pas à la cheville.

Pas de rappel pour Peter Punk qui précise qu’il a arrêté tout ce qui avait un rapport avec le rap  (rap-pel, jeu de mot Ramucho !), mais une dernière chanson, et pas la moindre Dans le ventre du crocodile, très attendue par le public. Les musiciens font durer le morceau, la fosse en devient presque épileptique, mais il est maintenant l’heure pour Peter Punk de s’enfuir par la fenêtre, sous des applaudissements mérités. Avec un album surprenant et un concert plus que convaincant, le pari est plutôt réussi pour l’ancien rappeur qui a réussi à prouver qu’il avait sa place au sein du rock. Quelque chose laisse présager que Disiz not the end….

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A propos de l'auteur

Image de : J'aime le Rock, le vrai, pas le trop bruyant ni le trop mou, des Brian Jonestown Massacre aux Yeah Yeah Yeah's en passant par Marilyn Manson ou NIN. Je passe une grande partie de mon temps dans la pénombre des salles de concert pour essayer inconsciemment de découvrir The Next Big Hit !

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