Peter Doherty – Grace/Wastelands

par Polly|
C'est la surprise qui domine à la première écoute de cet opus solo de Mister Doherty. Exit les guitares électriques, les arrangements crades et les cris qu'on avait connus avec les Libertines et les Babyshambles. A 30 ans, Pete est redevenue Peter comme une tentative de nous faire croire qu'il ait pu changer, qu'il ait pu grandir.

51lvipmidel-_ss400__kopieC’est la surprise qui domine à la première écoute de cet opus solo de Mister Doherty . Exit les guitares électriques, les arrangements crades et les cris qu’on avait connus avec les Libertines et les Babyshambles. A 30 ans, Pete est redevenue Peter comme une tentative de nous faire croire qu’il ait pu changer, qu’il ait pu grandir.

Souvent plus connu pour sa relation tumultueuse avec Kate Moss et ses frasques rock’n'roll que pour son âme d’artiste, Peter Doherty s’est forgé une image, certes marketing, de rockeur cockaïné et ingérable. A l’écoute de Grace/Wastlands on serait cependant en droit de se demander où à bien pu passer ce personnage. Peter nous livre là un disque digne d’une « rehab ». Finie la rage. Finie la provocation. Fini ce flegme punk britannique. Place à l’acoustique et à la poésie.

Sûrement lassé qu’on ne rapporte que ses chauds samedis soirs et son attitude désinvolte envers ses fans, Peter a raccroché sa panoplie de Sid Vicious pour revêtir celle d’un Arthur Rimbaud moderne. Mais entendons nous bien, la surprise passée, l’écoute n’est pas des plus désagréables. L’album a beau être lisse comme la soie et beaucoup plus folk que rock, il ne tombe jamais dans la mièvrerie. Aucun titre ne se détachant vraiment des autres, on remarque tout de même Last Of The English Rose et Broken Love Song toutes deux largement supérieures au reste de la galette.

La « patte » Doherty c’est cette voix. Cette voix inégale, reconnaissable entre mille et qui donne à toutes ces mélodies un peu trop lisses ce coté garage qu’il serait dommage de laisser tomber. Malgré tout. on pourrait reprocher à l’album d’être trop homogène, un album à écouter au coin du feu qui finit d’enterrer définitivement l’image du Pete survolté et sautillant.

Notons encore l’absence de toute provocation, aucun fuck forever aucune référence claire à Kate Moss . En un sens ça soulage, Peter est bien plus que le rockeur trash des tabloïds se tuant a petit feu. La légende nous le disait bien : « C’est un artiste, un poète, un songwriter ». On entendait même certains crier au Génie. On n’y est pas encore. Mais comme Peter, on voit la lumière au bout du tunnel.

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1 commentaire

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  1. 1
    le Jeudi 30 avril 2009
    Vic a écrit :

    Chouette chronique, merci =)
    ça me rappelle qu’il faudrait que je réécoute cet album parce que la première fois que je l’ai entendu j’ai été carrement deçue, surement parce que quand on fait partie de ceux qui ont passé leur adolescence à écouter Up the bracket en boucle et qui adorent les guitares électriques, les arrangements crades et les cris, le coté guitare folk au coin du feu parait un peu molasson. … Il faut que je réécoute (en mettant mon « garagisme » de coté.)

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