Peppermoon

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Il est des groupes vraiment touchants. De ceux que l’on va voir en concert comme on entrerait dans une boîte à musique : avec douceur, en laissant tout derrière soi, et en se faisant tout petit pour mieux écouter une faune et une flore disparues, qu’on retrouve le temps d’un dimanche après-midi pluvieux. Peppermoon fait résolument partie de ces groupes-là.

Dimanche, 31 mai 2009

Théâtre des Blancs Manteaux, Paris.

peppermoon_03_copieCe jour-là, le trio nous avait donné rendez-vous dans un petit écrin de velours, gorgé d’histoires, et qui cadrait parfaitement avec le ton feutré, presque confidentiel du groupe qui profitait de l’occasion pour nous présenter son premier album, Nos Ballades .

C’est ainsi que, dans la discrétion du petit sous-sol, doucement, la boîte s’ouvrit, libérant une ballerine fantomatique, au milieu d’un décor bricolé avec amour, évoquant un peu l’univers de la La Science des Rêves de Gondry . À cet instant précis, on pouvait presque entendre, dans l’assemblée recueillie, le bruit des cous qui se tendent.

Comme mue par un mécanisme délicat, encadrée par la guitare et le clavier, la chanteuse entonne la chanson-phare de l’album: le très émouvant Après l’orage .

Il est vrai que la jeune Iris a le charme suranné de ces chanteuses disparues dans les brumes du souvenir. Entre oracle diaphane et fille nature, un visage d’une beauté taillée dans le marbre de la Renaissance, des boucles chérubines, et une gestuelle appliquée, c’est l’incarnation logique d’un groupe porté par Pierre Faa, auteur/compositeur sensible, au style à mi-chemin entre Chamfort et Sheller, épaulé par Benoît, guitariste très décontracté.

La voix est douce, cristalline, et tout en évitant la mièvrerie, elle nous emporte rapidement au coeur de ce premier morceau que les fans connaissent déjà, notamment grâce au très beau clip vidéo réalisé en animation, et largement diffusé sur MySpace. (clip de Carol Jakob ayant reçu un prix du reste).

Le ton est donné : il sera tour à tour doux-amer, enjoué, ou léger, mais une chose est sûre, la poésie est omniprésente. Qu’elle soit inspirée par l’amour ou par le quotidien. Comme en témoignent les courts textes lus par Pierre de derrière le synthé, et qui semblent s’adresser à Peppermoon comme à une muse insaisissable.

Forcément, comme pour toute boîte à musique, il faut que la clé se remonte, que le mécanisme se lance, et après quelques petites maladresses, et cette impression, propre à tous les groupes qui démarrent, que les membres semblent presque s’excuser d’être là. La magie opère pleinement et nous emporte dans un doux voyage onirique.

peppermoon_06_copieLa playlist a un côté éclectique qui sent bon l’arc-en-ciel des rêves et des instants tout simples. Avec des titres comme Un coin tranquille à Shibuya, Un ange qui passe, Barcelone (très belle ode à la ville, équivalent adoucit du Paris de Marc Lavoine ), mais aussi des clins d’oeil plus anglo-saxons, tels que Le thé, Bed & Breakfast, où l’ont sent que nos amis n’ont rien à envier à des groupes tels que Belle et Sebastian par exemple, avec lesquels ils partagent le même goût pour une pop propre, douce, et acidulée, sans arrogance ni agressivité aucune. Que ce soit sur fond de piano classique, de guitare sèche et joyeuse ou de synthés assourdis, les chansons sonnent juste et vous enveloppent encore longtemps après les dernières notes.

Ainsi, quand le concert s’achève, que le mécanisme s’arrête et que le silence se referme à nouveau sur la scène déserte, il flotte dans l’air comme un goût poivré de nostalgie et sur nos visage comme un sourire béat.

Dans la rue, à la sortie de la salle, les gens se parlent, dans la foulée, on se fait des amis, et le groupe fini par nous rejoindre pour papoter. On est sous le charme.

« Retenir les choses est invraisemblable, . », nous chante la muse Peppermoon .

Mais nous, on va pas se gêner pour retenir leur nom et même pour vous signaler que leur boîte à musique est enfin disponible dans la cour des grands*.

Alors, à vos remontoirs !

Crédits photo : M’O'C

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En savoir +

Nos ballades ( Peppermoon ), sortie le 31 août 2009
(*Attention, parfois classé, à tort, en section « Rock International» au lieu de Pop Indé)

Myspace : http://www.myspace.com/peppermoon
Prochain concert :
28 nov. 2009 (20:00, Sentier des Halles, Paris)

Clip de « Après l’orage » :
http://vids.myspace.com/index.cfm?fuseaction=vids.individual&videoid=42093466

A propos de l'auteur

Image de : Sorti d'une école de Communication Visuelle de Bruxelles il y a 15 ans, directeur artistique belge basé à Paris depuis 10 ans, c'est un touche-à-tout dans le domaine des arts graphiques et du multimédia. Tour-à-tour photographe, graphiste, vidéaste, ou illustrateur, c'est aussi un IA ( Internet-Addict ), qui apprécie particulièrement le "cinéma-qui-possède-sa-petite-musique-intérieure", les "musiques-qui-te-donnent-des-images-dans-la-tête" et les événements culturels un peu décalés. De là à devenir chroniqueur pour Discordance... il n'y a qu'un pas, qu'il a franchi avec plaisir. Site web : http://www.mockery.fr

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