Paul Personne + Jeff Lang | La Citrouille (Saint-Brieuc) | 23.11.2012

par leni|
Comme à son habitude la salle de la citrouille a réussi à attirer des artistes talentueux et reconnus, qui toutefois ne rencontrent pas le succès auprès du grand public. Jeff Lang et Paul Personne, deux guitaristes de génie étaient présents en ce vendredi pluvieux pour une soirée qui affichait complet depuis plusieurs semaines.

Jeff Lang se présente seul avec ses guitares et son équipement devant un public impatient. Tout au long du concert, il s’accompagne grâce à une boucle et une boîte à beat qu’il met en place avant chaque morceau, lui permettant ainsi de ne pas avoir de vide lors de ses envolées. Immédiatement, l’australien nous fait oublier d’où il vient : d’une part il est habillé comme un paysan british en tenue du dimanche mais surtout du sa slide guitare envoie un son aux racines celtiques, qui transforme la salle en un véritable Pub irlandais. Sa voix douce et classieuse fait penser à celle du Loner (Neil Young) les aigus en moins, et accompagne gracieusement ses ballades. Mais le chant reste assez secondaire, ce qui impressionne c’est son jeu. Il exécute des mélodies avec une rapidité qui ferait rougir quelques guitaristes aussi chargés que Lance Armstrong. Quelque soit la guitare (slide, acoustique, électrique ou métallique) ses arpèges se transforment en une performance unique, toujours teintés de sonorité Irish. Après une trentaine de minutes Jeff Lang s’en va rejoindre un public conquis, l’amuse-bouche avait un fort goût de trop peu…

Paul Personne, a choisi d’emprunter la route (National 12) et de faire une halte à Saint-Brieuc pour y déposer son Blues afin de « passer un petit bout de vie ensemble ». Malgré son faux-air de Mick Jagger, l’homme est timide ; pourtant c’est bien lui qui, dans notre relation d’un soir, prend les devants en attaquant un riff saisissant rythmé par la puissante batterie d’À L’Ouest Le Band. Le public est pendu à ses doigts avant même la fin du premier morceau et n’ose pas applaudir avant le dernier son par peur de rater, ne serais-ce qu’une seule note.
Armé de sa Les Paul, il enchaine les longs morceaux gorgés de solos remarquables et de rythmiques massivement Blues. Toute la palette du Blues électrique y passe, de sa version la plus dépouillée jusqu’à son esprit animal très rock. Les influences sont multiples, de John Mayall à Led Zeppelin en passant par Lynyrd Skynyrd et Gary Moore.

Il alterne entre vieux morceaux (Encore A L’Essai) et des plus récents (Dancin’, Sam’Di Soir Sacré), Paul Personne a une véritable identité musicale qui n’a pas été altérée par le temps et les Kilomètres.
Le jeu de scène est minimaliste, seuls quelques rares sourires timides s’échangent entre les membres de A L’Ouest Le Band. Bien qu’ayant l’apparence de hippies amateurs de Linux et un charisme de premier ministre, les musiciens accompagnent comme il se doit le virtuose qu’est Paul Personne. En effet, PP est énervant de facilité, pas une fausse note du concert ; les solos qui nous transcendent, paraissent sortir de son inconscient comme s’il était habité. Son talent s’exprime totalement sur Faire Semblant, une ballade lente et puissante faite d’un instrumental simplement magistral. Il réveille la foule en extase avec un Medley qui reprend les riffs les plus connus avant d’amorcer son morceau phare, le tonitruant Barjoland.

Après deux rappels et un rock’n'roll (C’Est La Vie Qui M’A Fait Comme Ça), Personne se retire simplement heureux, sans oublier de remercier les techniciens de la Citrouille qui l’on bien aidé en fournissant un son parfait.

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