Pardon Madame…

par admin|
En cette journée de la femme, quelques semaines à peine après la St Valentin qui vit son lot de mâles à l'air coupable ou suffisant, transi, (voire ennuyé)... défiler devant la vitrine des fleuristes ou autres pourvoyeurs de bonne conscience commerciale, il est temps de revenir aux sujets graves et de faire amende honorable sous la forme de plates excuses comme on en fait une seule fois dans toute l'histoire de France.

Car il s’agit bien d’histoire de France, de ce dernier pays d’Europe au machisme flamboyant et qui pour de basses raisons administratives désirait encore savoir si la « demoiselle » était « la propriété de son papa ou de son mari » Pardon. Oui pardon, nous étions les derniers à n’avoir pas compris comme nos amis européens, américains ou canadiens que « mademoiselle » était un des derniers ( ?) marqueurs d’une société dirigée par des hommes (n’oublions pas que les femmes mariées ne commencent à pouvoir gérer leurs biens propres  qu’à partir de 1966) aujourd’hui elles ne dépendent que d’elles mêmes…Nous avions « une case en trop » .

La question est : que va-t-il advenir de l’usage de « mademoiselle » dans la société ? …Une victoire en entrainant une autre, on peut supposer l’éradication progressive de ce terme dans le vocabulaire français (qui emploie aujourd’hui le terme « damoiseau » ?) et pourtant… au-delà de l’égalitarisme de bon aloi n’était-il pas printanier ce « mademoiselle » plein d’espoir ? N’était-il pas charmant lorsqu’il désignait une petite fille aux printemps à venir ? N’était-il pas empli de crainte et de respect devant les printemps passés, perdus ou ignorés…d’une institutrice sévère ? N’était-il pas le printemps tout simplement ? Alors qu’un « madame » installait lentement le déclin des saisons ?

Non le combat des chiennes de garde n’est pas injuste…il est logique…il s’inscrit dans la logique de notre époque qui règle un à un les détails de notre histoire et de ses conquêtes…pour faire de la femme « un homme comme les autres ». Était-ce le souhait de toutes les femmes ? Était-ce une façon démocratique de régler un problème devenu symbolique? Et puis « cocher une case » était à la portée de tout le monde, non ? Une « case en moins » n’a jamais été un choix en plus…

Oui notre histoire  continue son cours et se dépoétise avec le temps en rationalisant les rapports homme femme, les standardisant à l’anglo-saxonne… Why not ?

On aurait pu espérer autant d’énergie et d’efficacité pour toutes les femmes qui en Europe, en république, en démocratie, en France ne se font pas appeler du tout, n’ont le choix de cocher aucune case, marchent derrière leur mari, seules ou en groupe, pendant que d’autres sont fières d’avoir une case en moins.

Marc Versini
Enseignant en Civilisation et Culture générale à l’IDRAC de Lyon

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