Paranormal Activity

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Le buzz aura marché à plein régime. Le film le plus rentable de la décennie qui terrorisa toute l’Amérique débarque en France, bien déterminé à prouver que l’horreur ne se cache pas dans les litres d’hémoglobines, mais bel et bien dans l’inquiétante banalité d’un quotidien qui se met à déraper.

19190472-jpg-r_760_x-f_jp_copieLe film d’horreur occidental est un genre traversé par des courants majeurs, plus ou moins bien représentés selon l’époque et les modes.

Commençons tout d’abord avec le survival classique. Le principe est très simple : un groupe de personnes plus ou moins innocentes se fait joyeusement massacrer une à une dans une ambiance débonnaire de colonie de vacances. Respectant à la lettre les règles classiques de l’unité de temps, de lieu et d’action, un bon survival se distingue avant tout par son ambiance et par l’originalité des mises à mort. Si les années 1970 constituaient l’apogée du genre avec le légendaire Massacre à la tronçonneuse, puis les deux très bons La colline a des yeux et La dernière maison à gauche, la décennie passée n’aura vu passer qu’un nombre indigeste et insipide de teen movies vaguement sanglants, voire au mieux des remakes peu inspirés.

Il y a bien sûr le film de zombies, grand classique devant l’éternel, dont le pitch n’a quasiment jamais changé depuis que Dieu Roméro en a instauré les règles. Critique virulente de la société ou simple beat them all, les variantes principales sont à chercher dans le ton et dans les relations entre les survivants.

Autre figure imposée, le film de vampires, avec là pour le coup une grande disparité. De la bluette mormone à la Twilight au flamboyant gothique du Dracula de Coppola, les buveurs de sang ont inspiré la production cinématographique depuis quasiment le premier jour. Une source d’inspiration quasiment intarissable liée au caractère si ambivalent et fondamentalement romantique du vampire.

Lassées par la longue file de victimes de plus en plus anonymes qui se bousculaient à l’abattoir, les années 80 auront vu apparaître de flamboyants croquemitaines élevés au rang d’icônes. Freddy Kruger, Jason Voorhes, Chucky, Michael Myers, des noms devenus des franchises et qui chacun dans leurs styles assuraient l’attrait principal de chacune des nombreuses déclinaisons qui ont, et qui continuent à voir le jour.

19190467-jpg-r_760_x-f_jp_copieAinsi peu à peu les films d’horreur ont cessé de faire peur, pour devenir une friandise dégoulinante destinée à se payer une bonne tranche de rigolade entre potes avec comme fond sonore le dernier groupe de métal à la mode qui beugle en THX. Bref, ils étaient loin les temps maudits de l’ Exorciste, de Suspiria et de Rosemary’s Baby avec leurs ambiances malsaines et leurs cortèges d’anecdotes plus ou moins avérées.

Du moins jusqu’à l’arrivée du Projet Blairwitch, véritable précurseur d’un nouveau genre. Tourné caméra au poing, faisant passer le film pour un documentaire et expérimentant le marketing viral du net avant l’heure, le Projet Blairwitch aura permis de réhabiliter le principe fondamental qui veut que pour marquer le spectateur il faut suggérer l’horreur plutôt que de la montrer. Les angoisses, l’oppression, le malaise viennent de ce qui s’imagine, de ce qui s’interprète, de ce qui se fantasme et non de ce qui s’observe de façon clinique. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard, si le principe a été repris par la suite de façon différente, mais toujours assez intelligemment par Rec, Cloverfield ou encore Diary of the Dead .

Pour en revenir aux différentes catégories énumérées plus haut, celle dite de la maison hantée est certes un grand classique dans l’imaginaire collectif, mais est toujours restée le parent pauvre des films de genre. Hormis Poltergeist de Steven Spielberg et Amityville premier du nom, rien de valable à se mettre sous la dent. Et pourtant quoi de plus effrayant que la brusque irruption du surnaturel dans un environnement aussi familier que la maison ? Saupoudrez le tout d’un peu de démonologie et de possession, et vous obtenez le cocktail idéal destiné à vous tenir en haleine pendant longtemps.

02545700-photo-paranormal_copieSavant mélange entre Amityville et le Projet Blairwitch, Paranormal Activity avait donc de quoi faire saliver, mais pourtant toute l’entreprise avait un côté trop calculé pour être honnête. Rien que la bande-annonce en filmant le visage horrifié des spectateurs en projection test, donnait la vague impression de jouer sur les plates-bandes de l’ Exorciste, film réputé pour les malaises et fausse-couche qu’auraient fait certaines personnes trop émotives en le visionnant.

Si le film en lui-même est plutôt bien construit, les situations paraissent tellement prévisibles qu’une grande partie des effets de surprises sont gâchés par un scénario cousu de fil blanc. Bien qu’en ne montrant quasiment jamais rien, Paranormal Activity ne laisse aucune place à l’interprétation. Et si l’aspect documentaire est assez rafraîchissant, il ne sert pas l’histoire, mais se contente d’être un cache-misère. La psychologie et les relations du couple sont caricaturales et ne dépassent jamais le stade des fanfaronnades concernant l’homme, et celui des jérémiades pour la femme. Dur de ressentir la moindre empathie pour ce duo de pieds nickelés au pays des revenants.

Banal et sans grand intérêt, hormis quelques sursautements, le film ne restera pas dans les annales du genre. Même le twist final n’en est pas un, et l’existence de deux fins alternatives montre bien le manque de vision globale et l’improvisation du réalisateur.

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Paranormal Activity, en salle depuis le 2 décembre.

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Image de : Fondateur de Discordance.

9 commentaires

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  1. 1
    Dimitri L
    le Jeudi 3 décembre 2009
    Dimitri a écrit :

    Enfin nous ne tombons pas dans l’extrapolation du genre, des grands louanges, des mystiques lamentations ventant le retour comme il se doit du renouveau de l’horreur. Trop de buzz tue le buzz !
    A tellement vouloir nous dire que c’est le film référence et qu’il faut à tout prix se ruer dans les salles, on finissait par douter de la crédibilité de ce film…

    « Banal et sans grand intérêt », ça se sentait venir. Mais enfin on le dit !

  2. 2
    le Jeudi 3 décembre 2009
    florian a écrit :

    il fait peur?

  3. 3
    Pascal
    le Jeudi 3 décembre 2009
    Pascal a écrit :

    @Florian: Non.

  4. 4
    le Vendredi 4 décembre 2009
    Manue a écrit :

    Nan il fait pas peur, on trouve même le film un peu long :/
    Mais la nuit angoisse quand même!!

  5. 5
    le Vendredi 4 décembre 2009
    Clara a écrit :

    Je sais pas si ça vous a fait la même chose, mais à Paris, le public a rigolé du début à la fin, ça m’a complètement sortie de l’ambiance!! Et puis les gens conditionnés par la bande annonce qui crient à chaque petit mouvement de draps… moyen :(

  6. 6
    le Vendredi 11 décembre 2009
    Seven a écrit :

    Je n’ai pas encore vu ce film… Mais, pour l’instant, je ne sais pas quel film me ferait peur. Mais en même temps, avec une salle pleine de rire, c’est un peu dur de rentrer dans l’atmosphère. (Cherche désespérément la peur)

  7. 7
    le Lundi 21 décembre 2009
    Anaïs a écrit :

    J’ai vu ce film. Il ne fait pas peur. Il est simplement stressant à certains passages. Il est tourné sous forme de documentaire alors pendant les 3/4 du film on voit le couple au quotidien. Le meilleur reste la fin, qui nous fait à deux reprises sursauter. Et je suis d’accord avec la phrase énoncée plus haut : « Banal et sans grand intérêt, hormis quelques sursautements, le film ne restera pas dans les annales du genre. »

  8. 8
    le Dimanche 27 décembre 2009
    Nina a écrit :

    Personnellement je me suis ennuyée jusqu’à la fin qui m’a fait rire. Par contre je le montrerait à mes soeurs qui sont très peureuses. Je m’attendais à mieux, pourquoi sur la bande d’annonce les spectateurs sont morts de peur??? On a pas du voir le même film.

  9. 9
    le Mercredi 6 janvier 2010
    Zalloween's a écrit :

    Zaloween 2 :vous ne le trouver pas flippant ??? je me suis chier dessus a la fin !!!!! (Heureusement que zalloween 1 etait pour me retenir de crier en sortant du ciné ! je tenais plus sur mes jambes)=(

    Zaloween 1 : Ta fini ton roman ?? moi je lé trouvé super cool ce film ,ce qui m avait fait flippé avant de le voir
    c’etait que je pensai que c t un documentaire !!! (je c toujours pas si c un documentaire ou un film!!!)
    et jaimerai ajouté que zalloween 2 est une pleureuse XD
    Zalloween 1 : OUI JE SAIS MAIS C’EST PARCE QU’ON N’EST MINEURS !!
    zalloween 2 : dsl mé moi je chiale pas pour un film d’horreur !!!

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