Paranoid Park

par Trots|
Il y a des jours comme ça où on sort complètement abattu du ciné, après s’être ennuyé profondément pendant une heure et demie, désespéré de devoir aller écrire une chronique assassine contre un génie du cinéma.

paranoidparkMais franchement, il ne faut pas se moquer des cinéphiles comme ça, Monsieur, on a fait la révolution en 1789, on a aboli les privilèges, des rois y ont perdu la tête, alors celui-là va y passer aussi, Van Sant ou pas Van Sant .

Parce que Môssieur s’est mis dans l’idée de faire un film sur des jeunes skatteurs (waou, original, j’en ai l’eau à la bouche), avec un héros apathique et déprimé (non, sans blague) qui a une folle envie d’aller tâter de la planche à Paranoid Park mais qui n’ose pas vraiment parce qu’il n’est pas assez bon parmi tous ces jeunes cools. Jusque-là le scénario est vraiment en béton. Ou pas. Mais bon, une intrigue intéressante vient s’y greffer lorsqu’un vigile se fait tuer malencontreusement tout près de, devinez où, Paranoid Park, et que l’on recherche activement qui pourrait être l’auteur de ce forfait lâchement perpétré. avec une planche de skate.

Tous les fans des Seigneurs de Dogtown et autres films d’ados en baggy et Vans, leur planche greffée comme un ultime membre congénital (et j’en fais partie ! des fans, pas des ados) auraient pu s’en contenter. Sauf que Mr. Van Sant, déjà traversé par une tendance stylistique parfois un peu lourde, se lâche terriblement ici. Et quand je dis terriblement, ce n’est pas qu’une figure de style… L’usage abusif des plans flous, des ralentis, des scènes de skate faussement filmées en amateur inonde totalement la photo, qui en se voulant vaporeuse en devient nauséeuse. Gabe Nevins (Alex) est filmé en train d’écrire son journal, de marcher dans l’herbe au ralenti, de marcher dans la rue en flou, de regarder des skatteurs en flou ET au ralenti. Au bout de la pellicule, on n’en peut plus. Par pitié un peu plus de modestie pour traiter cette plongée dans cette torture intérieure d’Alex, qui aurait pu être passionnante.

On remarquera tout de même une ou deux scènes magnifiques (flouées, comme par hasard), comme celle de la douche, sublime, ou la scène finale autour du feu. Preuve que Gus Van Sant sait atteindre la perfection, mais qu’en voulant l’entourer de trop d’esthétisme abstrait il s’y perd lui même ainsi que son spectateur. La forme de ce film en absorbe définitivement le fond et même la bande-son n’est pas arrivée à me sortir de ma torpeur !

Et vous ne pouvez pas savoir comme je suis déçue de n’avoir pas apprécié !!!

PS: Ma colocataire va me tuer quand elle lira cette chronique. Elle était à côté de moi dans la salle, fascinée. Comme quoi ! Alors j’attends des impressions contradictoires. S’il vous plaît.

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Ma colocataire va me tuer quand elle lira cette chronique. Elle était à côté de moi dans la salle, fascinée… Comme quoi ! Alors j’attends des impressions contradictoires. S’il vous plaît…

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