Panzerballett – Hart Genossen von Abba bis Zappa

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Authentique OVNI musical issu de la grandissante scène « jazz-métal », les allemands de Panzerballett remettent le couvert avec un troisième disque, Hart Genossen von Abba bis Zappa. Ça promet.

panzerballettNon content d’avoir exploité durant deux disques les incroyables possibilités qu’offre le mélange de deux styles aussi éloignés que le métal et le jazz/funk, Panzerballett nous offre ici un troisième disque dans la continuité directe de Starke Stücke . Le bon filon est servi par des arrangements toujours très soignés, la technique des musiciens reste irréprochable et la créativité est très largement au rendez-vous. Il y a toujours très peu de chant – seulement deux titres en sont dotés – mais le cocktail sonore saxophone – double pédales – polyrythmie et transitions stylistiques sauvages se suffit clairement à lui-même.

À première vue, l’auditeur déjà convaincu par ce groupe ne peut donc qu’être ravi par l’écoute. Mais en se plongeant plus profondément dans ce disque, on s’aperçoit qu’il revêt une sérieuse faille. Si le deuxième album, Starke Stücke, faisait cohabiter équitablement compositions et reprises, son successeur est intégralement composé de reprises. Pis, les classiques du rock ( Smoke on the water, Thunderstruck ) ont été remplacés par des thèmes rigolards tels le célébrissime générique des Simpsons ou encore Gimme, gimme, gimme d’ Abba . En somme, le groupe s’enferme encore un peu plus dans le carcan réducteur des groupes à reprises loufoques.

Ce revirement change tout à l’esprit du groupe. Si leur son se démarque toujours amplement des diffusions musicales quotidiennes, Panzerballett est en passe de devenir un projet sans identité. Et le risque est grand : si le groupe continue sur cette voie, il deviendra à coup sûr un de ces groupes qu’on envoie à ses potes en disant : « j’ai trouvé sur le web une reprise marrante de tel groupe ». C’est d’autant plus dommage que le potentiel de ce projet est infiniment grand, mais le choix relève d’une logique (commerciale) implacable. En reprenant des titres de groupes connus et/ou grand public, Panzerballett se rend plus accessible, statut qu’il ne possédera sûrement jamais avec ses propres compositions.

Cela dit, ne boudons pas notre plaisir. Bien que l’orientation prise par le groupe soit regrettable, ce disque reste très agréable à écouter. Les membres de Panzerballett excellent toujours dans leur domaine : déconstruire des chansons pour les réassembler à l’envers. Les rythmes sont parfaitement tordus, les transitions hallucinées, bref, on reconnaît difficilement les oeuvres originales. On appréciera notamment le jazz orientalisant de The Mediterranean Breeze ou encore la reprise du titre Mein Teil de Rammstein . Espérons simplement que le groupe se décidera un jour à redevenir lui-même.

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En savoir +

Site officiel : http://www.panzerballett.de
Myspace : http://www.myspace.com/panzerballett

La chronique de Starke Stücke sur Discordance : http://www.discordance.fr/Panzeballett-Starke-Stucke.html
Écoutez Thunderstruck de Panzerballett sur Discordance : http://www.discordance.fr/Panzerballett-Thunderstruck,1154.html

A propos de l'auteur

Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

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