Pamela Hute – Bandit EP

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En attendant l'album du même nom, Pamela Hute présente son Bandit en format EP. Une mise en bouche qui laisse relativement perplexe.

Quatre notes de clavier et la voix de Pamela Hute s’élève en introduction à cet EP cinq titres, dont on ne sait pas si on les retrouvera sur l’album à venir. Comme cela fait longtemps et qu’on garde toujours une image de la jeune femme un peu asexuée et toujours en maîtrise, on a du mal à se remettre de cette voix douce et ultra féminine, presque frêle, en tout cas fragile.

Autre image tenace, celle d’un groupe expert absolu du son, innovant et technologique, qui s’était remis aux vinyles avant tout le monde et semblait par exemple acheter et revendre ses guitares jusqu’à obtenir l’exact effet recherché. Pour un disque de perfectionnistes, la première écoute (du CD dans une bonne chaîne avec de très bonnes enceintes, pas en mp3) est donc curieuse, avec un sentiment que le son est plat, écrasé, comme aplati par une production hyper minimaliste surprenante et pour tout dire, qu’on ne comprend pas.

Pour un groupe pareil, impossible pourtant de penser que ce n’est pas exactement ce qu’ils ont voulu, avec des synthés plus présents que jamais et un style à situer à la parfaite jonction des années quatre-vingts et quatre-vingt-dix, période Violator (Depeche Mode). C’est leur choix, mais malgré un single dansant au refrain très accrocheur pour ne pas dire tubesque (le dansant The Radio, déjà mis en avant sur un teaser efficace), le résultat manque d’ampleur, de profondeur.

À ne pas rater en concert toutefois, où le power trio est toujours excellent. Ce n’est pas Shaka Ponk, dont ils ont assuré hier soir la première partie à l’Olympia (après le Bataclan en 2009 et Taratata en 2010), qui nous contredira.

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A propos de l'auteur

Image de : Isatagada a une fâcheuse tendance à en faire trop tout le temps : s’investir pour de nouveaux artistes, photographier, parler, filmer, s’indigner, lire, se faire de nouveaux amis et écrire, écrire, écrire... L'essentiel étant de galoper, pas de manger des fraises. Du coup, elle se couche tard et se lève tôt ; rêve de téléportation et de quelques vies supplémentaires. Et de servir à quelque chose quelque part, en fait. Blog / Flickr

4 commentaires

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  1. 1
    le Dimanche 15 avril 2012
    Thomas a écrit :

    Vraiment bravo pour la discordance de vos chroniques que je manque jamais de consulter. Vous allez à l’essentiel sans méchanceté et sans « brosse à reluire », c’est rare, et cela me convient bien. Pourtant, et pour une fois, il faut bien une première fois ! je n’ai pas bien compris votre papier sur le groupe Pamela Hute, plus exactement sur leur dernier EP.

    Vous y avez entendu un son « aplati », « minimaliste ». J’y ai au contraire perçu un son travaillé, très chiadé, très pur, absolument pas racoleur, mais très réussi : la voix « ultra féminine » de la chanteuse ressort parfaitement sans être pour autant sur le devant de la scène, les caisses sont claires et nerveuses, et les arrangements top sans tomber dans la préciosité pour autant.

    Je trouve cet EP beaucoup plus mature que leur précédent album, réussi mais un peu bazar. On y sent un dessein, une vraie volonté, celle de dire une pop fièvreuse et nerveuse, mais tout en retenue, en délicatesse et en mélodie. Et la mélodie, par les temps qui courent, c’est trop rare pour bouder son plaisir.

    Vous y voyez un album sans réelle « profondeur ». J’y vois au contraire le désir de dire quelque chose, une douleur cachée, secrète, presque invisible et qui a l’élégance de se maquiller en légèreté. Quand les décibels aujourd’hui tiennent lieu de mesure du désespoir, je trouve que cet EP est courageux. Mad Words, par exemple, est une vraie chanson d’amour, profonde et douloureuse, un titre lacanien sur une très belle musique. De quoi nous parle ce Bandit ? Peut-être de ce désir transgressif un peu fou, enfoui au plus profond de nous-mêmes, mais qui ne veut pas complètement abdiquer face à la dureté du réel.

    Vous l’avez compris, j’étais emballé par cet EP. Vous m’avez fait douter. Qui a raison ? Le Beau est fait pour discuter, disait Kant. Mais, si c’est le Beau qui fait causer, alors je dois avoir raison !

  2. 2
    Isatagada
    le Mardi 17 avril 2012
    Isatagada a écrit :

    Bonjour Thomas et bravo pour ce véritable plaidoyer ! Je suis ravie que les Pamela Hute aient des avocats aussi dithyrambiques car je les suis depuis de nombreuses années et j’apprécie beaucoup ce qu’ils font.
    Si je puis me permettre, jamais au grand jamais je n’ai dit que c’était l’album qui manquait de profondeur, seulement le son.
    J’ai échangé à ce sujet avec Pamela Hute sur Twitter, qui a répondu : « réécoute, ailleurs, plus tard, il y a un vrai parti pris ». C’est donc bien ce que j’avais compris.
    Simplement, c’est ce parti pris que je n’ai pas réussi à aimer.
    Merci de ce long et très argumenté commentaire en tout cas, c’est un bel hommage qui leur est rendu là.

  3. 3
    le Vendredi 20 avril 2012
    Thomas a écrit :

    Très touché que vous m’ayez répondu. J’en profite pour vous dire que j’ai beaucoup aimé les quelques lignes que vous avez consacrées au passage, je crois que c’est le terme adéquat, apparemment lumineux de Doherty à l’Olympia.
    Au plaisir de lire vos chroniques…

  4. 4
    le Mercredi 25 avril 2012
    isatagada a écrit :

    Merci Thomas, là c’est moi qui suis touchée :-)

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