Oxbow + Pneu à la Maroquinerie

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La maroquinerie accueille en ce dimanche 8 novembre les Tourangeaux de Pneu et les Ricains d'Oxbow. Quels noms étranges me direz-vous...

Ce sont les Français qui ouvrent le bal. Comme si les Lightning Bolt jouaient pour le mariage du chanteur de Converge . Des morceaux courts et inspirés, de la sueur et un live à même le sol au milieu de la salle, voilà la recette de ce combo composé d’une guitare et d’une batterie. Le public, pour la plupart des connaisseurs du duo, réagit plus que bien aux parpaings sonores envoyés par le batteur. Dans une obscurité tenace, les quelques rares spots de la salle se reflètent sur les cymbales brisées. Un morceau très sludge mettra en transe le public et le groupa nous offrira ainsi 45 minutes de leurs bris de tympans.

oxbow2_copie Oxbow, (rien à voir avec la marque de snow ringarde) c’est un groupe composé de 4 membres qui jouent une musique sombre aux relents de blues. Dur de décrire ce qu’est Oxbow, cette usine à rêves (ou à cauchemars) qui vous entraîne sur des routes poisseuses bordées de mirages.

Le chanteur Eugène S. Robinson, un colosse au corps usé par les coups, les bancs de musculation et les tatouages mystiques, use de nombreux stratagèmes pour renforcer le climat emprunt de drogue indienne dégagé par le groupe. Comme à l’accoutumée, c’est habillé d’un costume, d’un bonnet, et d’une valise qu’il entame son rite.

À la surprise générale, le groupe commence le set en acoustique dans la salle et non sur scène. Les morceaux sont scandés par un Eugène qui entame son ascension dans le royaume dans lequel il nous fait basculer. Après 3 morceaux, c’est également la valise à la main que le reste des musiciens pénètre sur scène et se livre électriquement à la continuité de l’univers crée. Les lumières rouges se fondent sur le corps huilé de sueur d’ Eugène qui continue son périple dans sa transe peuplée de démons bagarreurs et de violons pleurnichards.

oxbow1_copieSe déshabillant de plus en plus, Eugène finira en slip kangourou taille XL qui doit bien peser 3 kilos vu la chaleur dégagée par l’Ogre. Les morceaux s’enchaînent parfaitement, aucun ventre mou, ni longueur. La cohérence de cette performance accompagnée d’une rigueur musicale déconcertante nous berce et nous fait basculer à notre tour dans un puits sans fond où les gémissements d’ Eugène nous hanteront de longues heures après la fin du set.

Après un rappel qui finira de nous liquéfier les poumons et l’esprit, la salle se rallume et petit à petit le monde réel se reforme. Devant moi, un homme avec une arcade ouverte, un crachat sur mon sac et la sécurité qui nous prie de sortir. La descente est rude. Merde, j’aurais préféré rester encore un peu en compagnie d’ Oxbow à boire du lait de bisons en se racontant des légendes bouddhistes.

Merci à Kongfuzi pour son intégrité musicale et pour avoir organisé ce concert qui laisse entrevoir encore de sacrées belles affiches aux noms toujours aussi improbables.

Crédits photo : Melchior Tersen (http://melchiorportefolio.carbonmade.com//)

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A propos de l'auteur

Image de : Melchior 22 ans, aime roder en écoutant du hip-hop ou du rock, écrire des reports sur des groupes de hardcore, prendre des photos qui n'interressent personne, B2ObA, Burzum, les films de Cronenberg, les loups, George Michael et Tears For Fears ....

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