Owen Pallett à la Maroquinerie

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Quel est le point commun entre Arcade Fire, Vice Magazine, Godspeed You! Black Emperor, les pancakes et Owen Pallet ??? Ils sont tous d'origine canadienne, et à l'instar de la dernière personne de la liste, amènent tous un vent de fraîcheur sur la grisaille parisienne.

4303172185_a748792110-2En ce froid dimanche soir, la Maroquinerie accueillait donc le fringuant violoniste Owen Pallett, plus connu sous le pseudonyme de Final Fantasy qu’il a délaissé depuis peu. La salle est pleine, chauffée à blanc. Certains connaissent l’artiste sur le bout des doigts, pour d’autres comme moi, c’est la découverte. La configuration du set est simple : un clavier et un violon pour Owen, une guitare et une percussion pour Thomas, son acolyte.

Owen débarque sur scène en arborant une coupe de cheveux très fashion week, un léger petit mouvement de la main accompagné d’un sourire timide et le set démarre. Il pique les cordes de son violon, les enregistre et joue par dessus. Il est seul sur scène, mais l’univers se déploie : une forêt, un champ, une ronde de lutins fripons et farceurs. En un morceau, la salle est sous le charme, sa voix timidement exploitée est lâchée par moments et comme un éclat de cristal elle vient nous figer la respiration. Son compère guitariste bruitiste lui donne la réplique par des choeurs sifflés qui instaurent un dialogue musical. Owen a la bouille coquine et le moindre petit sourire nous fait oublier de quel côté se situe notre attirance physique.

Il y a quelque chose d’elfique en lui. Rien de ringard à la Tolkien, mais il ressemblerait plutôt à un elfe sapé en Helmut Lang qui jouerait du violon avec la fraîcheur d’une vodka on the rock’s. Tout se brouille. La justesse des notes hypnotise et nous brouille la raison. Il ne s’agit pas d’une illusion, mais d’une fascination collective. Et devant tant de beauté, chacun se prend à vouloir savoir jouer du violon.

Owen contrôle le temps, renvoie à la petite enfance : Pierre et le loup, les contes de notre jeunesse. Il nous tient et tel le joueur de flûte de Hamelin nous le suivons tous, à sa merci et nous adorons ça.
Après deux rappels, le fil du temps reprend son cours, l’esprit imbibé de plantes sauvages, de contrées lointaines et de rencontres hasardeuses.

Merci à Kongfuzi pour cet opéra minimaliste et merci à la Maroquinerie pour les lumières et le son impeccables.

Merci Owen pour ce dépaysement, pour cette contemplation. Tu as promis de revenir rapidement. Tiens ta promesse, on t’attend.

Crédits photo : Melchior Tersen

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A propos de l'auteur

Image de : Melchior 22 ans, aime roder en écoutant du hip-hop ou du rock, écrire des reports sur des groupes de hardcore, prendre des photos qui n'interressent personne, B2ObA, Burzum, les films de Cronenberg, les loups, George Michael et Tears For Fears ....

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