Outburst

par |
De nos jours le mot « métal » ne veut plus dire grand chose s'il n'est pas précédé d'un petit qualificatif du genre « death » ou « heavy ». Mais voici que récemment vient d'apparaître un préfixe assez inattendu : l'hédo-métal. L'idée étant ici de donner une image hédoniste de la musique, « une recherche du plaisir avant tout » comme le stipule Outburst sur son site. Car c'est effectivement en vu de la sortie d' Entertainment, le premier album du groupe que je me suis penchée sur le genre, les tympans aux aguets et l'imagination en mode super-active.

the_outburst_entertainmentA la première écoute il apparaît clairement que la « recherche du plaisir avant tout » ne doit pas prendre la même forme pour tout le monde. Car si la voix de Sarah ne peut que nous laisser bouche bée, aussi profonde que haut-perchée suivant les morceaux, les vomissements prononcés de sons acolyte masculin pourraient rester en option. Bien évidemment on ne fait pas un album de métal avec des choeurs Grégoriens, mais à l’instar de morceaux comme The Golden Jail, les sursauts rageurs de Sky seraient nettement mois irritants s’ils n’intervenaient qu’en de précises ponctuations. D’ailleurs en dehors de quelques « Fuck » et « Here We Go », l’originalité n’est pas vraiment au rendez-vous.

Néanmoins nos deux chanteurs savent aussi faire preuve d’un second degré inattendu et bienvenue comme sur My Girl is the most Beautiful thing in the World qui n’a en effet rien d’une chanson d’amour mais qui s’illustre plutôt par une dénonciation franche du diktat de la beauté et de l’apparence en générale. Notre hurleur y retrouve alors, comme par miracle, une voix presque humaine, face à Sarah qui s’amuse des fioritures et des différentes intonations qu’elle peut donner à sa voix. La superposition des différentes tonalités donne ainsi à plusieurs reprises l’impression d’avoir rajouter des voix. Un effet particulièrement saisissant sur Screened God qui, en rehaussant les niveaux des voix face à la musique, nous permet de réellement apprécier ces sortes de canons bidouillés sur ordinateur, en donnant ainsi une palette aux teintes aussi pastelles que tranchées.

Pour ce qui est de la guitare et la batterie, rien à dire, le niveau est là et indéniable. Qu’elles se fassent discrètes au début pour exploser à la fin, ou à l’inverse nous marteler les tympans dès les premières notes pour jouer les timorées par la suite, une chose est sûre : guitare et batterie vont de paire tout au long du CD. Il se passe rarement plus de trois accords bien rageurs avant que ne se déclenche l’infernale double pédale accompagnée de ses consoeurs les cymbales. De quoi vous accélérer le rythme cardiaque sans même vous en rendre compte.

Malgré de très bon solos (à la fin de Screened God ou au début de E-love ) et de petites perles de douceur où l’on croirait presque retrouver les vibrations d’une guitare sèche ( The Golden Jail, For one for us ) l’album manque tout de même de moment réellement originaux. Et il faut avouer qu’entre Hangover (gueule de bois en français), Mister Jack (véritable déclaration d’amour au Jack Daniels) ou Drunk, les sujets de prédilections de nos jeunes métaleux sont assez simples à comprendre.

On a évidemment droit à quelques hymnes révolutionnaires, Rebellion Song ou Born to Genocide, mais aussi à une version très intéressante de leur vision de l’artiste dans This is who we are se résumant en gros par « The blood, the sweat, the tears, you know what I mean, this is who we are, we live for the stage. »

Au final, il manque encore un peu de fond derrière leur fameuse forme hédoniste. Bien que ce premier album ait été précédé de deux démos et d’un maxi CD, on sent que le groupe a encore à murir son style et à développer l’incroyable richesse que garde en réserve chacun des ses membres.

La révélation se trouverait-elle sur scène ? A vérifier dès que possible.

Partager !

A propos de l'auteur

Image de : J'ai atterri à Paris à mes 18 ans pour ma licence en art du spectacle chorégraphique. La danse, ou plutôt les danses sont en effet ma passion, aussi bien dans la pratique que sous leur aspect théorique. J'aime observer, analyser, comparer et essayer de comprendre, mais étant danseuse et comédienne avant tout, je sais aussi qu'il n'y a aucune vérité de jugement au niveau de l'art, il n'y a que des points de vue. Je reviens juste d'une année sabbatique qui m'a conduit entre San Francisco et Los Angeles et je m'apprête donc à continuer mes études avec un master en études théâtrales (le but étant d'intégrer un master pro en journalisme culturel l'année prochaine).

1 commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires
  1. 1
    Pascal
    le Dimanche 23 novembre 2008
    Pascal a écrit :

    En ce qui me concerne, j’aime bien le résultat de ce premier album. C’est clair qu’on ne va pas finir de les comparer à Evanescence, Addiction Crew et autre Exilia…

    My girl est bien accrocheur et devrait leur permettre de bien pouvoir défendre l’album.

    Mais je te rejoins sur un certain classicisme dans les compos qui risque de ne pas permettre à ce CD de s’inscrire vraiment dans la durée.

Réagissez à cet article