Oslo Swan

par |
Rencontre excessivement chaleureuse avec les boules de neige électro-pop d'Oslo Swan : blancheur, flocon, cheminée et douceur toute délicate.

Le duo français ne présente peut-être pas « l’album du siècle », comme tiennent à le souligner certains en réaction au buzz imaginaire, mais ils réussissent à proposer ce que notre monde complexé redoute bêtement : du romantisme sans nian-nian, de la naïveté sans mièvrerie.

Vous vous appelez Oslo Swan…Vous êtes d’Oslo, vraiment ?

osloswan-dreamin-500x500 Stefan : On vient du sud de la France. On a bourlingué partout, GuyrOOts a beaucoup travaillé comme producteur pour des groupes électro pop norvégiens.

C’est vrai ça ?

Stefan : Tu le prends comme tu veux ! (Rires)

Vous êtes anglais aussi d’une certaine façon ?

Stefan : Pour ma part j’ai longtemps vécu en Angleterre, une partie de ma famille est anglaise et je me considère un peu comme un anglais.

Et musicalement ?

Stefan : Et musicalement, totalement comme un anglais.

Et votre musique à vous deux ?

Stefan : Et notre musique à nous deux, je la considère…Comme la nôtre ! Mais ma culture est totalement pop anglaise avec quelques incontournables français comme Gainsbourg bien sûr. Électro aussi, mais ça, c’est surtout pour GuyrOOts .

On parle de flocons, de douceur, de neige pour Oslo Swan…Un véritable univers visuel ?

Stefan : C’est doux c’est blanc, c’est du poil, c’est de la plume. C’est notre univers vraiment oui, je pense. En tout cas sur cet album-là…

Il ne s’agit pas seulement d’un outil de communication donc ?

osloswanmoumouth GuyrOOts : Non, c’est une esthétique d’ensemble.

( Le manager met la bouilloire en marche pour m’offrir un thé. Bulles bruyantes et rires. Tout le dictaphone crépite aussi, mais les voix d’Oslo demeurent perceptibles, ndlr )

Vous reprenez Boys Don’t Cry des Cure et Frankly Mr Shankly des Smiths : ce sont des hommages ?

Stefan : Non, nous ne sommes pas du tout fans ! Ca s’est fait naturellement, ce sont des chansons que le soir je chante devant la cheminée avec plaisir, et je les chante comme ça parce que ça me correspond. C’est spontané.

GuyrOOts : Moi je ne les connais pas du tout, je suis vierge des originales. Mais c’est ce que je trouve intéressant !

Stefan : Et c’est ce qui a donné envie à GuyrOOts de les arranger de la sorte, comme on a fait pour toutes les autres chansons aussi.

Votre musique est très particulière dans sa douceur. Vous écoutez des choses très différentes malgré tout ?

Stefan : Oh oui ! On écoute aussi bien de la musique classique que du death metal. Moi un peu moins peut-être, parce que ma culture est quand même très pop, mais ça m’arrive d’écouter de la chanson française, beaucoup de classique, et j’aime bien aussi les gros groupes de rocks avec des riffs bien tranchés.

Vos chansons sont basées sur une structure très simple…Une esthétique à laquelle vous tenez ?

Stefan : On fait des chansons pop faciles à retenir, faciles à chanter. C’est ce que doit être une chanson pop par définition.

GuyrOOts : Dans les arrangements c’est peut-être plus complexe, mais de la même façon, on essaie de faire en sorte que le message passe simplement sans trop de détours. On voulait aussi faire quelque chose de naïf.

Stefan : Oui c’était dans notre volonté, on s’est énormément inspirés de Miyazaki . Il y a un côté série TV aussi.

GuyrOOts : Quand on enregistre en studio, il y a toujours un disque de toutes les séries TV des années 80 qui traîne et ça nous donne des idées.

Le violon fait un peu vieux film aussi ?

osloswanmoumouth2 GuyrOOts : Oui… C’est une époque peut-être plus naïve que maintenant…

C’est donc une évasion, plus qu’une contestation ou qu’un fruit de notre monde actuel ?

Stefan : Bien sûr, mais je crois qu’à partir du moment où tu fais de la musique, c’est ce que tu recherches. On n’est pas très engagés, bien qu’il y ait une chanson où je râle à la manière d’un enfant après tout ce qu’on nous fait avaler…

GuyrOOts : Mais on parle plutôt d’amour. C’est peut-être le contre-pied, justement, à quelque chose.

Etes-vous des romantiques ?

Stefan et GuyrOOts : Ouiiiii ! (A l’unisson, rires)

Stefan : Totalement !

Vous êtes les époux parfaits alors ? Sérieux, doux ?

Stefan : Doux…Oui.

Pensez-vous faire évoluer le duo vers un ensemble avec d’autres musiciens ?

Stefan : Ca se fait. À partir de la semaine prochaine, on commence une tournée en France et en Angleterre, avec un troisième musicien qui est multi-instrumentiste, batteur, pianiste, bassiste, guitariste, qui fait des choeurs. On cherchait quelqu’un qui selon les morceaux, joue où l’on ne joue pas.

Est-ce possible pour vous d’imaginer abandonner les machines ?

Stefan : C’est un peu compliqué pour nous, disons qu’on rajoute des couches et des couches d’instruments sans arrêt et que techniquement ça devient impossible. Déjà, avec un 3e musicien on pourra enlever les machines pour certains morceaux. Et puis après oui, on aimerait bien jouer avec un quatuor, cordes, cuivres, pour éviter tout ça, mais ce n’est pas encore d’actualité malheureusement. On n’a pas encore assez d’argent.

Être deux vous permet peut-être aussi d’être libre dans votre création ?

l_15cf0056d48d4f35b7411c8_copie GuyrOOts : Oui, moi je suis assez d’accord avec ça.

Stefan : C’est vrai, après avec les machines… Tu es aussi enfermé dans une structure qui t’est imposée et tu ne peux pas te permettre de faire tourner les structures à tous les niveaux. Et puis pour délirer avec le public ou des choses comme ça, c’est embêtant. Pour certains morceaux on ne pourra pas faire sans. Pour d’autres morceaux plus intimistes, on va pouvoir se permettre de jouer sans les machines et de faire évoluer les structures avec des sortes d’improvisation.

Quels sont vos 3 titres favoris pour ce premier album ? Celui que vous aimez le moins ?

Stefan : Bird, pour le texte et la musique qui est une ode à ma chérie. Everlasting pour son texte qui me touche beaucoup et qui parle d’un premier amour à l’époque de l’adolescence. Je pense que beaucoup de monde a connu ça, et que ça reflète pas mal de choses. Et Little Sister pour son côté folk et ballade.

GuyrOOts : Bird, I’m Spell Bound, et On My Way pour son violon flottant, son rythme qui marque bien. J’aime moins Grumpy Old Man qui est décalé esthétiquement, moins joli tout simplement.

Stefan : Moi aucun que je n’aime moins. Ceux que je n’aimais pas, on ne les a pas mis sur l’album. Après il n’y a aucun morceau qui me fait dire « Woooow ça y est j’ai composé LE morceau ! » Je n’en suis pas encore là.

Comment ressentez-vous les perspectives à l’étranger ?

Stefan : C’est une grande question… Le public anglais est curieux et très avenant, c’est rassurant. Le côté un peu moins rassurant c’est de se dire que nous français, on va venir jouer leur musique chez eux… On te dira au mois de décembre.

GuyrOOts : Après on a toujours vu le projet comme international, il y a une volonté de notre part d’aller bien au-delà des frontières. Il y a des groupes européens qui sont partis là-bas et qui ont marché, donc…

Stefan : Pour l’instant c’est l’Angleterre, après ce sera Oslo.

Ce serait amusant que vous deveniez un groupe très apprécié à Oslo !

Stefan et GuyrOOts : Oui !

Parenthèse, qu’est-ce que ce lapin dans le clip sur votre myspace ?

Stefan : C’était l’ouverture de la chasse vers chez nous… Le lapin c’est moi (il se marre) . Enfin c’est pas vraiment un lapin, c’est… Une bête à poil blanc.

La différence, avec un lapin ?

Stefan : Il n’a pas d’oreilles… On était en train de faire des bêtises dans les bois et on s’est fait courser par des chasseurs !

Partager !

En savoir +

Oslo Swan, album Dreamin’, sortie le 12 octobre 2009 sur le label Joke & Buzz

Site officiel : http://www.osloswan.com/
Myspace : http://www.myspace.com/mellowpop

A propos de l'auteur

Image de : Les mots ! Pigiste en culture pour plusieurs organes de presse écrite et web, cuvée 1986 (Bordeaux), vit à Paris. Retient de sa prépa lettres, une philosophie très nietzschéenne : l'art est mensonge et c'est tant mieux. Aime les mots. Aime toutes les formes d'art et surtout la musique (pop, rock, électro, blues, folk, classique), la littérature et la photo (contemporaines et déstructurées), le cinéma (japonais, films d'auteur). Ecrit un peu de tout, interviews, critiques, chroniques, portraits, dossiers, live reports, et poèmes, nouvelles, romans (inconnus à ce jour) : tout ce qui dit le monde au travers de prismes, sans jamais avoir la prétention de le traduire précisément. Jamais satisfaite, toujours amoureuse. Blog culture : http://spoomette.over-blog.com

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article