Osheaga – 2e jour : Soleil, sets, mais pas match…

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Passée la découverte, on arrive sur le site comme si on était chez soi. On y est bien.

Osheaga

On reprend là où on avait laissé le festival : devant la Scène de la rivière. Il y a beaucoup moins de monde qu’hier soir, évidemment. Le concert de The Dø a déjà commencé, et on s’étonne qu’un tel groupe ouvre une journée de festival. Bons musiciens, ils montrent une belle motivation. Et Olivia est toujours aussi jolie, et sa voix moins énervante.

Alors que Kathleen Edwards commence à envoûter les festivaliers avec sa folk coproduite par Justin Vernon (Bon Iver), on se dirige vers la Scène verte où Memoryhouse demande au public quel groupe était le plus incroyable la veille : Sigur Rós ressort des hurlements, « évidemment » selon le groupe ! La pop mignonne du groupe s’accorde avec l’ambiance qui règne à Osheaga, sous un soleil éclatant. Heureusement que de nombreux endroits sur le site sont destinés au rafraîchissement corporel. Après une fin de set un peu brutale, on prend le temps de se balader, de boire son petit Coca gratuit et de manger enfin une poutine, une vraie, avec le fromage qui fait « squitch squitch » !

Sinon, on commence à se demander si parmi les groupes programmés à Osheaga certains jouent mal. Parce que, même si on n’aime pas le style, impossible de nier l’évidence : même les petits groupes assurent, et les ingénieurs du son font un travail épatant. D’un groupe à un autre, on change d’ambiance, avec deux données communes : envie et partage. Après, il n’est pas sûr qu’on se souvienne de tous, mais chacun participe de la qualité du festival montréalais.

Pendant que Kathleen Edwards termine sur une note plus rock qu’on ne le pensait, on s’installe à côté pour le concert de Portugal. The Man. Et là, on passe à quelque chose de plus brut, de bien américain… Ça commence fort ! On pourrait croire qu’on est en plein concert avec cette instru en guise d’introduction. C’est un peu plus sale que ce qu’on a entendu depuis le début du festival, et soutenu par cette voix singulière, très aiguë. Le batteur se déchaîne, notamment lors du final très rock et expérimental. Et comme d’habitude, Osheaga prend soin de ses festivaliers en les aspergeant abondamment d’eau.

Sur la digue, la STM (RATP pour les Français) a installé des fauteuils de métro, et, plus bas, le festival a disposé des carrés d’herbe synthétique ; c’est très pratique, mais plutôt chaud ! Finalement, pour attendre, on n’a pas trouvé mieux que l’espace dédié à la Scène du Piknic Électronik.

D’autant qu’aujourd’hui, les nuages sont au chômage…

Osheaga

On arrive à la fin du set bien posé de Simon Called Peter (qui porte un carré rouge en soutien aux étudiants montréalais), et au début de celui, aux basses bien grasses, de Kaytradamus. La lance de pompier projette une fine pluie continue, la moitié des filles porte un haut de maillot de bain, mais le son, ça va quelques minutes !

On se redirige vers la Scène de la rivière, où Plants and Animals fait ce qu’il a à faire pendant que certains taguent et d’autres, par exemple, jouent au Puissance 4 géant, s’achètent des Converse et les font customiser, ou se font peindre le corps ! Le groupe, on se souvient l’avoir vu au MAC de Montréal en 2009. Rien de spécial à dire : on est à la moitié du festival et l’esprit fatigue quand le corps aurait besoin d’un Redbull parce que la nourriture musicale n’est pas assez énergétique. Alors on entend plus qu’on écoute. Et on s’allonge dans l’herbe, à l’ombre !

Young the Giant prend la relève, plus gentille et pop-rock, sur la scène voisine. Mais même si le tube Cough Syrup passe bien, on a hâte de se remotiver avec Brandt Brauer Frick sur la Scène du Piknic Électronik. On y découvre un batteur accompagnant deux autres musiciens en chemises et cravates aux platines et claviers. À fond dans leur trip, souriants, ils offrent une house bon esprit, influencée par le classique et le jazz. On sent que l’électro n’est pas leur premier amour, mais qu’ils s’y retrouvent tous les trois pour faire vivre leur passion commune. Les connaisseurs y entendront sans doute des similitudes avec Aufgang ; une bonne référence, donc.

Aussi plaisante soit la découverte de ces trois jeunes Allemands, cinq Américains ont commencé à envoyer du rock alternatif bien lourd sur la Scène de la montagne. Là, ça crie par moments, et cette rage musicale (soutenue par un très bon batteur, lui-même parfois accompagné d’un autre batteur sur deux tomes) met une petite claque sympathique à tous les festivaliers en manque de notes plus musclées. La violence de la musique de Brand New n’a d’égal que la douceur des rayons du soleil couchant qui transpercent une innocente masse nuageuse. C’est assez étonnant, dans le bon sens, et ça finit en osmose avec le public supportant les quelques slameurs.

Tandis que Shirley s’apprête à faire changer d’avis ceux qui pensent que Garbage porte bien son nom aujourd’hui, SBTRKT va commencer son set sur la Scène du Piknic Électronik. Aaron Jerome est très attendu : c’est plein. Il arrive, sans son masque, avec quelques minutes de retard, et son batteur. Il fait vraiment très chaud et la présence d’individus pénibles se fait sentir… Mais les Londoniens parviennent à soutirer, pour leur premier concert montréalais, le meilleur de ses fans qui répondent en grand nombre sur la version étendue de Wildfire, et Right Thing to Do en final. La house post-dubstep de Subtract fonctionne définitivement très bien, même en live.

Ensuite, l’électro-pop psychédélique de Yeasayer sur la Scène verte tombe idéalement pour une pause dans l’herbe. Puis, pendant que Feist termine son concert sur la Scène de la montagne, la majorité des festivaliers s’installe devant la scène qui accueillera Snoop Dogg dans quelques minutes.

Silence, les écrans ne diffusent plus rien. Petite musique d’attente…

Et le premier (et unique) retard du festival, il est pour qui ? Il est pour Snoopy ! « Montre-toi la face ! » lance un festivalier après cinq minutes d’attente. Mais on sait tous intimement que ça va durer au moins une demi-heure… Après quarante minutes d’annonces pratiques sur les écrans géants (pour ne pas rater son métro, ne pas oublier de mettre de la crème solaire et de boire beaucoup d’eau, suivre le festival sur Twitter et liker la page Facebook,, etc.) et de hip-hop dans les enceintes (notamment Jay-Z et Kanye West ou les deux réunis sur Ni**as in Paris), une mare d’appareils photo surgit pendant l’intro mêlant reggae, Still D.R.E. et O Fortuna (Carmina Burana). Le son est bien fort pour montrer que Snoop Dogg (ou Snoop Lion) est là. Et ça sent la weed, partout. Néanmoins, à part l’incitation à la consommation de drogues douces et d’alcool, la vulgarité légendaire du rappeur, une mer de bras impressionnante qui se balance de droite à gauche en rythme, des meufs qui dansent comme des putes sur scène, des invités et un medley de ses chansons, il n’y a rien. Un bon quart du public est là pour dire « j’y étais » et tous l’avoueraient sans honte. Une première vague de festivaliers rejoint d’ailleurs le métro dès 22 h 25, après une demi-heure de show.

D’autres, toujours motivés et décidés à ne pas terminer sur une arnaque hip-hop, vont jeter un coup d’oreille à la musique de The Sheepdogs qui émane de la Scène des arbres. Le groupe demande évidemment si certains viennent se réfugier loin de la foule de Snoop Dogg. Les sourires se dessinent sur les visages… Et se maintiennent à coups de digressions sonores faites de gros breaks et d’envolées aux guitares mélodieuses. Ces quatre chevelus barbus canadiens groovent sérieusement et devraient plaire aux amateurs de rock vintage.

Il est maintenant l’heure de rentrer. Le flux continu d’individus se dirigeant vers le métro entend encore Snoop Dogg chanter une berceuse à ses fans avant de lancer Jamming de Bob Marley.
Demain sera plus épique, promis !

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: Disons-le tout de suite, L. est une passionnée. Barney Stinson a même dit de L. : « Her passion is always suited up ! » Au-delà d’une admiration sans limite pour Jónsi, Ian Curtis, Noel Gallagher, Jamie xx, Sheldon Cooper et Abed Nadir, cette Parisienne nostalgique des débuts de Muse n’a de cesse de satisfaire sa boulimie culturelle, au travers de salles obscures, de salles de concert et de festivals ; mais aussi en se plongeant dans une œuvre littéraire ou philosophique ; et en s'essayant à la photographie dans les rues de Montréal d'abord, celles de Paris ensuite. À l’affût de nouvelles découvertes, L. n’oublie pas qu’elle a été élevée aux vinyles, de Led Zep à King Crimson en passant par The Beatles. L. est musicalement amoureuse de Thom Yorke, mais L. est aussi une amoureuse des mots ; elle aime les lire comme les écrire, puisque la culture ne serait rien sans le partage. Aussi publie-t-elle ses impressions, ses critiques et ses coups de cœur sur son blog, nommé en hommage à la célèbre symphonie de Beethoven: Curse of the Ninth Symphony.

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