Orchestral Manoeuvres in the Dark

par ZeN|
Orchestral Manoeuvres in the Dark, aka OMD... encore un groupe des années 80 qui illumine les dancefloors des soirées avec des titres comme Enola Gay ou Electricity...

Un groupe, mené par Andy McCluskey (chant, basse, claviers) et Paul Humphreys (claviers et quelques leads chant), mais également, fidèles à leurs postes Martin Cooper (saxo, claviers) et Malcolm Holmes (batterie) qui aura connu plusieurs vies…

Image de OMD - Architecture & Morality Une première période 79-83, totalement « crédible » auprès des médias et du public, d’autant que le groupe démarre sur le label Factory, avec des albums mythiques dont l’histoire aura surtout retenu le sublime Architecture & Morality avec les tubes Souvenirs (remember ? la pub BNP ?), Joan Of Arc et Maid Of Orleans dédiés à notre vierge nationale, suivi du 1er virage du groupe, l’expérimental Dazzle Ships, considéré comme le suicide commercial du groupe. À cette époque, le groupe est perçu comme « intello », avec son nom à rallonge et ses titres d’albums étranges.

Puis, la conquête des US et des charts et le groupe devient un groupe à singles (et couronnés de succès : Forever Live & Die, Locomotion, Tesla Girls, Secrets, Talking Loud & Clear, If You Leave…), bâclant ses albums et s’exposant dans les Smash Hits et autres Podium.

Apothéose du groupe avec le partage de l’affiche du mythique Pasadena Rose Bowl, le 18 juin 1988, où pour la première fois, des groupes indés anglais (Wire, OMD et la tête d’affiche Depeche Mode qui en sortira le film et le live « 101″) remplissaient à la stupéfaction des médias un stade de 70 000 personnes à Los Angeles, avec comme seul soutien les collèges radios, au premier rang duquel, KROQ.

Mais 12 ans d’activités non-stop ont rendu les rapports entre Andy et le reste du gang intenables et les communications ne se feront plus que par avocats & managers interposés.
Andy McCluskey obtient la garde du bébé OMD tandis que Paul, Malcolm & Martin forment The Listenning Pool.

Si la nouvelle vie de Mc Cluskey commence plutôt pas trop mal avec une participation sur l’album de l’ex-Kraftwerk Karl Bartos, (sorti sous le nom Electric Music sur le titre Kissing The Machine), un album en 1992, Sugar Tax, qui sera la plus grosse vente d’un album d’OMD de son histoire, mené par les tubes Sailing On The Seven Seas et Pandora’s Box, et une tournée couronnée de succès, la chute s’amorce dès 1993 avec l’album Liberator limite Techno/Dance par moment, alors que le grunge explose (seul Depeche Mode, U2 et les Cure sauront s’adapter avec succès aux 90′s) et que la Britpop ne tarde pas à montrer le bout de son nez.

La tournée marche bien, une constante pour la plupart des groupes 80′s, l’album aussi selon les pays, mais la pente est amorcée et même le sublime Universal sorti en 1996 n’y pourra plus rien. Un album plus organique, très émotionnel, teinté tantôt de Gospel ou de cordes sur lequel on trouve un titre co-composé en retour de politesse par Karl Bartos et un titre jamais utilisé de l’ère pré-88 d’OMD. Le magnifique single Walking On The Milky Way (le titre qu’Oasis a tenté d’écrire pendant 15 ans ?) n’y changera rien non plus, malgré quelques classements dans des charts.

Image de Atomic Kitten - Right now Las, Andy McCluskey jette l’éponge et créée le girls band Atomic Kitten qu’il produit et dont il compose certains titres, dont le single Whole Again. Succès phénoménal dans le monde, mais… McCluskey se fait blouser : la major récupère les filles en direct. Il y aura quand même une justice : Atomic Kitten n’égalera plus jamais le succès du 1er album.

Humphreys, marié à la chanteuse Claudia Brücken (Propaganda, The Act), pousse leur union dans une aventure musicale commune et créé le duo Onetwo.

Tandis qu’Andy restaure le patrimoine OMD (Compilations de leurs performances live aux John Peel Session, Navigations une compilation de Face B, un greatest hits avec d’ignobles remixes par Sash et un magnifique de Moby, remastering des premiers albums), écrit un titre pour Onetwo (en fait, écrit pour la tentative avortée de reformation de Propaganda dont l’album ne sortira jamais) et sort un EP puis l’album Instead, sur lequel on retrouve également une participation de Martin « Depeche Mode » Gore, là aussi, titre sauvé des sessions perdues de Propaganda.

Nous sommes en 2005, l’impossible devient probable… et votre serviteur aura la chance exceptionnelle d’assister au déroulement de ces événements en direct live puisque je m’étais déplacé afin d’interviewer les Onetwo et me suis retrouvé embarqué dans le wagon de l’histoire. À l’occasion d’une convention de fans d’OMD, Paul et Claudia décident d’aller à la rencontre des fans et participent à la 1ère journée, se livrant à un Q&A de 2h, sessions photos, dédicaces etc etc. Andy qui se trouve à 2 pas offre des CDs totalement inédits (gravés et signés de sa main) : la démo de la cover de Kraftwerk, Neon Lights, enregistré sur Sugar Tax, et un inédit Sister Mary Says et propose la visite de ses studios à Liverpool.

La vingtaine de fans se rend donc au studio, et surprise… Paul & Andy accueillent eux même les fans ! C’est leur première apparition commune et publique depuis le Pasadena Rose Bowl, 17 ans avant. Le message est clair : « Oui, on y pense, si ça doit se faire, ça se fera maintenant », car nous sommes en plein revival 80′s… Human League, Duran Duran, Culture Club et bien d’autres ont retrouvé le chemin des charts et hors de question de passer à côté… Ils ont une revanche à prendre et veulent laisser leur empreinte, la vraie, celle d’un groupe audacieux, expérimental, créatif et non une simple machine à tube pour ado.

Alors que Onetwo part en tournée, McCluskey ressort Architecture & Morality remastérisé, mais cette fois accompagné du Live de 82 au Royal Drury Lane, puis une compilation assez complète qui a surtout le mérite de proposer en DVD bonus l’intégrale des vidéos du groupe, Messages, le groupe refait sa 1ère apparition live sur un show Allemand, livre quelques concerts Night Of The Proms et une tournée Architecture & Morality (le groupe joue l’intégralité de l’album en 1ère partie de show et un condensé des hits en 2nde) se monte avec succès tandis que Onetwo, en parallèle continue sa tournée et passe par la France, à l’occasion d’un festival gratuit La Nuit de l’Electro Live, le 20 septembre 2008 dans un Bataclan complet avec les groupes Foretaste, Waiting For Words, De/Vision et Commuter.

Puis à nouveau une tournée commune avec Simple Minds (autre retour en grâce dans les charts), des festivals, un concert avec le Royal Philarmonic Orchestral de Liverpool (disponible en DVD)… et là, enfin, un nouvel album qui a déjà tout pour être un classique du groupe.

Je retrouve donc Paul & Andy par une belle matinée ensoleillée de septembre à Paris pour une belle entrevue, plus dans le registre de la discussion entre potes autour d’un verre, la glace ayant été brisée entre nous il y a déjà 5 ans maintenant.

Bonjour Paul, Andy, nous revoilà avec vous 2 réunis ensembles… je me souviens vous avoir rencontré il y 4-5 ans lorsque vous avez invité quelques fans à visiter vos studios de Liverpool et vous leur avez fait la surprise de les recevoir. C’était votre première apparition officielle et aussi, un peu le moment où l’idée de votre reformation a pris forme… Alors, comme êtes vous passé de « Ok, on y retourne, on va tourner » à ce nouvel album

Andy : Ça a été une aventure excitante. Un peu comme si on recommençait comme des adolescents. Nous n’avions aucune idée que nous serions ensemble. C’était une idée folle, puis on a fait une tournée qui a été fabuleuse et maintenant on a eu cette sorte de vraiment stupide et dangereuse idée de faire un nouvel album… Et on adore cet album, et il semble que ceux qui l’écoutent l’aiment aussi, donc c’est très positif.

Paul : Oui, ça a été super. Quand on a décidé de recommencer, on a décidé d’y aller à petits pas. Nous nous demandions s’il y avait encore un public pour OMD. Alors on a décidé de jouer quelques concerts, on seulement booké 9 dates, puis ces 9 dates se sont vite transformées en 40, car les 9 furent sold out… alors on s’est dit « OK, il y a peut être toujours un public là qui veut toujours entendre OMD », donc ça a été beaucoup de fun de le refaire.

Vous avez été longtemps sans beaucoup d’activité. Andy tu étais plus dans un rôle de producteur avec Atomic Kitten, toi Paul tu as pris du temps pour enregistrer avec Onetwo… Et je me souviens lorsque nous planifions le set de Onetwo à l’Electro Night Live du Bataclan, ça a été difficile de trouver une date, car tu étais partagé entre Onetwo, la tournée d’OMD, l’enregistrement de nouveaux titres… Comment avez vous géré tout çà après si longtemps, passer de rien à tout en même temps !

Paul : Oui, on est passé de se demander quoi faire en 2004, sans vraiment de projet à porter plein de casquettes différentes en même temps. C’était super d’être aussi occupé à nouveau. Quand on a démarré OMD, on a été très pris pendant 12 années pleines tu sais, et après on a eu un très long break, donc c’est bien, c’est très excitant.

Et toi Andy ? Tu étais principalement dans l’ombre des studios, produisant Atomic Kitten, sortant des compilations de raretés d’OMD (Navigation, B Sides) les albums remastérisés… Et même auparavant, tu n’as pas fait de tournée pour l’album Universal. Donc ça faisait depuis 1993 que tu n’avais pas tourné… Comment as tu géré le Architecture & Morality Tour, puis les Night Of The Proms, les festivals, le Liverpool RPO concert, la tournée avec Simple Minds…

Andy : Pour moi ça a été très dur, car j’avais totalement arrêté et quand on a recommencé à jouer. Je n’avais pas chanté live dans un micro devant un public depuis 13 ans et oui, j’étais très nerveux… Je pense que quand le groupe original, avec moi, Paul, Malcom et Martin, s’est retrouvé dans une pièce pour commencer les répétitions il y a eu quelques couacs. On a vraiment du se remettre en cause et se souvenir qui nous étions, ce que nous jouions et en fait, il y avait des fois on ne pouvait même pas s’en souvenir ! On a même dû sortir les vieux CDs et les réécouter et « Aaaaaaaaaah oui, c’est en Sol ! Je me souviens ! Sur quel accord sommes-nous là ? »… Ça a été un process assez long, mais c’était important de bien faire les choses. Il n’y avait aucun intérêt à revenir si nous n’étions pas bons. On ne voulait pas être tristes et pathétiques ! Alors on a travaillé très dur et ça a été fantastique.

Alors, parlons de ce nouvel album… La 1ère chanson New Babies, New Toys semble faire une transition avec ton expérience Atomic Kitten car le thème abordé est évident

Andy : Oui et certains personnes trouvent cela étrange que j’ai créé un groupe de pop « manufacturé » et que maintenant je dise à quel point la musique manufacturée est horrible (rires) « Pourquoi ? Comment oses-tu ? »… Je pense qu’il n’y a rien de mal fondamentalement avec la Pop Music « manufacturée »… il y a des groupes qui ne sont juste que de bons chanteurs, alors s’ils ont de bonnes chansons…. Je pense que le 1er album d’Atomic Kitten était un très bon album de pop, comme les Bananarama ou les Supremes par le passé. C’était de la très bonne pop « manufacturée »… mais aujourd’hui !

Nous vivons cette manufacture de la TV réalité et la musique est juste horrible. Ce n’est qu’une grosse campagne marketing pour la TV et ce que l’on en ressort est un horrible album à la fin avec quelqu’un qui est une « star » pour… 2 jours ! Et après « Suivant ! » C’est déprimant et ce n’est pas bon pour la musique, c’est vraiment de quoi je parle sur ce titre.

Puis il y a le 1er single If you Want It , avec ses paroles « If You Want it it will come, nothing’ll stops us not today »

Andy : Ce n’est pas vraiment à propos du retour d’OMD, c’est une relation personnelle, c’est sur le fait de vouloir arranger les choses et les faire fonctionner après que ça ai été mal et tu veux que ce soit bien à nouveau… Peut être y a t il une métaphore inconsciente pour OMD… et c’est un single non pas parce que c’est le meilleur titre de l’album…. Pour être franc, c’est le 1er single, car Radio 2, la plus grosse radio en Angleterre nous a dit « nous jouerons ce titre »… « OK, vous pouvez l’avoir en single » (rires).

Paul : C’est une époque différente maintenant… les singles ne vendent plus beaucoup, ils sont juste là pour attirer l’attention sur l’album. Nous voulons qu’il y ait le plus de personnes possible qui puissent écouter l’album et on s’est dit « Laissons les autres choisir quels sont les singles qui nous ferons passer en radio »

Oui et de plus en plus de groupes donnent leur single en téléchargement libre, un peu comme pour dire « OK, écoutez ça »… aussi parce que tous les artistes n’ont pas la chance de passer sur Radio 2 ou la BBC et c’est un peu leur seule…

Paul : … leur seule façon de diffuser leur musique oui ! Et tu te dois de jouer le jeu dans ce sens, car on veut qu’un maximum de personnes écoute l’album.

Il y a une atmosphère très lyrique et orchestrale sur If you want It… un peu comme si Walking On The Milky Way avait été produit sur l’album Sugar Tax

Andy : Tout à fait, ce titre est un mix entre de simples sons analogiques et les grosses chorales puissantes et mélodiques et tu as raison, car la suite d’accords du refrain est exactement la même que celle de Walking On The Milky Way… Huuum, je ne connais que 4 accords alors je me dois de toujours les utiliser, tu sais ! (rires)

Il y a une Face 1 et une Face 2 sur le livret du CD et on peut vraiment entendre la différence entre les deux… la 1ère est assez pop et rapide, la 2nde plus low tempo et presque plus expérimentale avec un titre de 8 minutes entre autres… Était-ce quelque chose de volontaire dès le départ de l’enregistrement ou était-ce à la fin du process que vous avez réalisé qu’il y avait vraiment 2 parties différentes ?

Paul : Ça a toujours le rôle d’Andy de séquencer l’album vraiment (rires)…

Andy :… et maintenant tu me fais porter le chapeau ! (rires)

Paul :… je ne l’en blâme pas ! Je pense que c’est une bonne façon de faire. Les chansons tombaient vraiment dans 2 catégories et il fallait les garder regrouper ainsi. Parce que c’est toujours très dur de séquencer un album pour en faire un voyage, alors c’était plus simple de garder 2 voyages distincts.

Un ami m’a demandé, à propose de The Right Side si vous aviez été en vacances à Düsseldorf (Rires)

Image de Komputer Andy : Non ! Nous avons samplé un groupe de Londres qui s’appelle Komputer. Ce sont des artistes chez Mute qui sonnent vraiment très Kraftwerk. Si nous avions samplé Kraftwerk, tout le monde connaît Kraftwerk et ça aurait été très difficile d’en faire notre chanson alors il nous a semblé plus logique de prendre quelque chose qui sonne COMME Kraftwerk, mais que personne ne connaisse… avec beaucoup de respect pour Komputer, ce n’est pas le groupe le plus connu au monde même s’ils font une musique magnifique. Ça nous a donné l’occasion de prendre quelque chose qui avait la couleur Kraftwerk, mais auquel on pouvait ajouter nos propres textes et mélodies… C’est une très belle chanson hypnotique… On aurait pu en faire un titre de 4 min, mais l’« hypnose » continue et tu l’arrêtes et tu te dis « Non, je ne veux pas que ça s’arrête, continuons » (rires)

Et il y a cet étrange titre Pulse, que j’ai trouvé, dans un sens positif, hilarant… c’est une chanson très sexuelle et on a pas trop l’habitude de titres sexuels dans le répertoire d’OMD (rires)

Andy : Paul et moi avons chacun des enfants, donc nous savons fait l’amour, mais pas ensemble ! (rires).

Paul : Ce titre, c’est un peu comme appeler une ligne de chat porno et d’avoir Andy à l’autre bout du fil !

Andy : ce qui est une idée assez dérangeante (rires)… des gens ont dit que c’était comme avoir une conversation cochonne au tel (rires).

En parlant de samples… est-ce la voix de Macy Gray qui a été samplée sur Sometimes ?

Andy : Non, mais tu sais, tu n’es pas la première personne à le dire… nous avons au départ utilisé un sample d’une chorale américaine de gospel… mais j’ai tellement changé la tonalité que quand on a demandé l’autorisation on nous a dit « Non »… alors j’ai demandé à une de mes amies, une superbe chanteuse de Gospel à Liverpool, Jennifer John. Je l’ai enregistrée et j’ai encore tellement changé la tonalité que ça ne sonne plus comme Jennifer. Alors peut être que ça sonne comme Macy Gray, car ça part de très bas dans les graves pour monter très haut. Mais c’est moi en fait qui ai détourné tout ça dans l’ordinateur pour obtenir la mélodie que je voulais.

Une autre question sur l’album… Paul, tu ne chantes pas de titre en lead sur cet album !

Paul : Oui, c’est probablement le 1er album ou je ne chante pas un titre en lead… tu sais, il n’y a pas de vraies règles à ce sujet. Les seuls vocaux que je fais, c’est sur Green où j’ajoute une petite ligne, dans le fond, mais ce n’est pas vraiment important en fait.

Andy : Quand on compose ensemble, j’écris les textes, quand je compose seul, j’écris aussi les textes… C’est juste un de ces albums où Paul n’a pas travaillé sur un titre complet de son côté, mais je suspecte qu’il y aura probablement un titre de Paul au chant sur le prochain album, car oui, nous pensons déjà au prochain album !

C’est une excellente nouvelle ça ! Allez-vous jouer beaucoup de titres de History Of Modern sur la tournée ?

Paul : On fera un mix. On est conscient que les gens pourraient être effrayés de venir et entendre seulement le nouvel album. Et ils ne veulent probablement pas de ça… alors on jouera 5, peut-être 6 titres d’HOM.

6 !

Paul : Hmumm Ok, 6, ça vient donc juste d’être décidé avec toi ! Et nous jouerons aussi les hits et certaines choses étranges pour les fans hardcore qui veulent entendre des titres plus bizarres… ce sera un bon mix de tout à ça.

Il était surprenant de voir au concert, il y a 2 ans, avec le Liverpool Royal Philarmonic Orchestra que de vieux titres obscurs ont reparu comme Native Daughter Of The Golden West ou l’intro de Dazzle Ships… Y aura-t-il d’autres trésors comme ça qui feront surface ?

Andy : Hmmm, on commence généralement nos concerts par un titre un peu étrange, nous prévoyons de jouer un titre du 1er album que nous n’avons pas joué depuis 28 ans, mais comme le dit Paul, nous avons de nouveaux titres à jouer, mais un gros pourcentage du public voudra entendre Souvenir, Forever Live And Die, Enola Gay, Joan Of Arc, Electricity, nous avons la responsabilité de les jouer, et nous adorons toujours ces titres, nous en sommes fiers et sommes heureux de les jouer encore…

Tu parlais du concert avec le LRPO, c’était une opportunité excitante pour nous, car nous n’avions jamais imaginé jouer avec un orchestre. Quand on a commencé à composer nos 1ers titres avec un doigt sur le clavier, imaginer 75 musiciens, qui sont de vrais musiciens, pas comme nous, nous ne sommes pas de vrais musiciens… mais parfois, certains groupes jouent avec un orchestre, le groupe complet arrive, joue et on doit essayer de placer l’orchestre là dessus… nous avons décidé de tout jeter et dire à l’orchestre «  vous les jouez, vous jouez tout » et de voir ce qui se passait quand l’Orchestre jouait ces titres.

Paul : Et nous devions nous caser dessus… c’est une partie de la philosophie derrière le retour d’OMD… nous avons décidé de faire des choses différentes et de jouer avec un orchestre en faisait partie et ça a été fantastique.

En regardant ce DVD, c’était intéressant de voir la façon dont les titres ont été retravaillés… ce qui prouve… cette fameuse interview d’Andy où tu disais qu’il n’y a pas de synthé qui existe avec un bouton « Hit Single » que tu peux appuyer… ce « putain de bouton hit machine » (rires)… ce qui prouve que vous êtes des musiciens ?

Paul : C’est ce qui était intéressant, car nous n’étions pas sûrs qu’une fois déstructurées, les chansons tiendraient encore la route… nous étions agréablement surpris qu’elles tiennent toujours dans un genre musical totalement différent. Ce qui était intéressant également c’est que nos titres sont faits de peu de parties à jouer, mais nous voulions impliquer 75 personnes, alors de nouvelles parties ont été composées pour certaines d’entre elles, ce qui a ajouté une sorte de nouvelles dimensions aux titres.

La pochette de l’album est superbe et est vraiment dans l’esprit des 1ers albums d’OMD, comment cela s’est fait ?

Image de OMD - History of modern Andy : Quand on a décidé de refaire un album, on a regardé l’histoire d’OMD et nous avons reconnu que les 4 1ers albums représentent le son unique et magique d’OMD… Au fur et à mesure qu’on changeait, nous ne sommes pas devenus meilleurs, peut être avons nous même régressé, alors on a voulu faire un album qui reconnaisse LE son d’OMD, mais avec une production moderne, alors il nous a semblé approprié que la pochette reconnaisse le vieux design de Peter Saville (NDR : créateur également des pochettes de New Order et de beaucoup d’artistes du label Factory) qui réalisait nos premières pochettes. Nous lui avons demandé et il a travaillé avec un jeune designer de Manchester, Daryl Harmond et les 2 ensembles ont créé une pochette qui reflète les premières pochettes modernistes/futuristes du début des 80’s, mais très actuelle, affutée, conçue sur ordinateur, en espérant que cela reflète le son original d’OMD produit en 2010.

Vous dites souvent qu’après Dazzle Ships, les albums n’étaient plus si bon, mais j’écoutais Crush & Pacific Age et ces albums sont vraiment très bons, quant à Universal qui failli bien être LE dernier album d’OMD en 1996, pour beaucoup, c’est « ton » chef d’œuvre Andy… quel est votre problème avec ces albums ?

Paul : Je pense que l’on a changé notre son. On est devenu moins audacieux et c’est devenu un peu plus Electro Rock. Une des raisons est que l’on voulait percer aux US, nous avons travaillé avec Steven Hague qui a introduit ces sonorités dans notre musique, plus de guitares, plus de batteries rock, ce genre de chose… mais surtout, l’écriture en a souffert. Ces albums n’étaient pas aussi complets que les premiers albums, car nous n’avions pas le temps, nous tournions tellement que l’on sortait de tournée et on avait 3 mois pour écrire un nouvel album, alors les 10 premiers titres que l’on faisait constituaient ces albums… un peu comme si le contrôle qualité avait été jeté par la fenêtre.

Nous croyons, oui, qu’il y a de bonnes choses sur Crush & Pacific Age, mais ils ne sont pas aussi bons dans leur totalité que les 1ers albums l’étaient peut-être.

Paul, va-t-il y avoir un autre album de Onetwo ?

Paul : Oui, Claudia et moi avons 5 titres pour le nouvel album, il est donc fait à moitié en quelque sorte, mais ma priorité est de travailler sur OMD… nous avons beaucoup de projets pour OMD, cette tournée en octobre novembre, puis l’année prochaine, les US ou nous n’avons pas tourné depuis qu’on s’est reformé, des festivals l’été prochain… alors entre chaque, je travaillerai un peu avec Claudia, on va finir le nouvel album et quand OMD prendra une pause, on le sortira.

Paul a été dans Listenning Pool et Onetwo après être parti d’OMD, Andy tu as certainement travaillé différemment quand tu étais seul aux commandes d’OMD, puis tu as eu tes expériences de production… qu’est-ce que tout cela vous a apporté lorsque vous avez retravaillé ensemble ? Avez-vous senti que toutes ces expériences acquises individuellement ont changé votre façon de travailler ensemble ?

Andy : Je pense qu’en terme de technologie de studio cela nous a permis de rester à jour en continuant à travailler en studio, écrire et produire, et donc permis à cet album de sonner moderne, même si nous sommes revenus à l’ancien style…. Mais la chose intéressante, c’est que malgré tout ce que nous avons continué à apprendre, quand on a reformé OMD, c’était juste comme si on remettant nos vieilles casquettes, inconsciemment nos compétences techniques sont meilleures aujourd’hui qu’elles n’ont jamais été, mais heureusement, nous ne sonnons pas comme Atomic Kitten (rires) et on ne sonne pas vraiment trop comme Onetwo parce que je ne peux pas chanter comme Claudia Brucken (rires).

Merci à vous pour ce moment et votre disponibilité

Andy : Merci à toi !

Paul : Ça nous a fait plaisir de te revoir !

Et comme les OMD sont de vrais gentlemen accessibles, n’ayant pas eu le temps de poser quelques questions de plus, Andy, qui anime lui même le forum officiel d’OMD et répond à qui lui pose des questions (pertinentes)… Nous avons poursuivi via Mail pour la fin…

Vous avez remastérisé tous les albums jusqu’à Dazzle Ships… À quand la suite ?

Paul : Aucun projet pour le moment là-dessus… Comme tu le sais, ce ne sont pas nos préférés

Vous prévoyez de filmer la nouvelle tournée ?

Andy : On a déjà sorti 2 DVDs coup sur coup, je pense que pour le moment ça n’apportera rien de plus.

Y aura-t-il de nouveau des projections vidéo sur la tournée ?

Andy : À ce stade, nous n’avons pas fini de penser aux détails de la scène, mais oui, il y en aura !

Et enfin… Y aura-t-il une sortie DVD du film promo sorti en VHS Crush, The Movie ?

Andy : Pour le moment non, mais ça viendra peut être un jour

Interview réalisée en partenariat avec la webradio ZevoX (http://www.zevox.fr) sur laquelle ZeN anime l’émission New Wave / Electro / Indé « Cyberspace »

Retrouvez l’émission spéciale OMD de 3 h,avec l’interview audio en podcast, sur le site de ZevoX !

Crédits photo : STV

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1 commentaire

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  1. 1
    le Mardi 20 septembre 2011
    lechatwindy a écrit :

    très bon article, j’adore leur première periode 79-83, surtout l’album « dazzle ships » et « Architecture et morality ».

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