Nuit Blanche 2009

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Nuit Blanche? Plutôt trou noir cette année. Paris grouille de monde pour cette 8ème édition de la Nuit Blanche, avec toujours le même concept: animations son et lumière qui jonchent différents monuments et façades de la capitale, selon un chemin tracé par une ligne de métro ouverte toute la nuit.

nuit_blanche_copieCette année, les animations suivent la ligne 11, qui va de Châtelet à Mairie des Lilas, afin de desservir les parcours Châtelet-Marais et Buttes-Chaumont . Une curiosité cependant, le parcours Quartier Latin, pourtant un peu excentré, est ajouté au spectacle.

Errant dans ce parcours, en espérant trouver maintes animations sur le chemin, la déception est de mise : noires de monde, une heure en moyenne d’attente pour l’entrée de chaque monument. Résultat, on admire de loin et derrière des grilles, la plus grosse boule à facettes du monde ( La Maîtresse de la Tour Eiffel, Michel de Broin ), qui illumine les Jardins du Luxembourg comme un ciel étoilé nous dit le guide.

Première victoire et coup de coeur: l’ENS Ulm qui ouvre ses portes, nous faisant découvrir l’humour philosophique (si, si) d’ Eric Duyckaerts, qui explique le plus sérieusement du monde, sur plusieurs écrans, comment l’homme devrait avoir deux pouces, ou rappe sur  » Emmanuel Kant, son of a bitch « . Également, Margarita Gluzberg nous présente dans la cour son Captive Bird Society, où elle-même jongle entre six tourne-disques qui jouent des enregistrements de chants d’oiseaux. Bird pouvant également signifier fille en anglais, elle tente ainsi de représenter la condition de la femme, captive, dans notre société.

Direction Châtelet . Au détour d’une rue, un projet associé découvert dans l’Église orthodoxe des Saints-Archanges: un  » nuage cinétique  » (studio SmallMediumLarge, Elise Morin et Clémence Eliard ) de rouleaux de scotch suspendus, que l’on peut admirer allongés sur un parterre de coussins.

Michael Lin à la Préfecture de Police? Fermé pour question de sécurité.

Les Halles? Rideau de fer tombé à 1h45, pour une fermeture à 2h.

Dot Comma Experience de Guela Tsouladzé projeté sur un mur près de la fontaine Stravinsky : deux films différents, l’un dans un point, l’autre dans une virgule, a visionné en même temps. Décevant.

Seconde surprise de la soirée: Plume, à l’Église Saint-Merri, où il pleut des plumes de béton et où des chérubins de pierre flottent au plafond. L’artiste elle-même, Milène Guermont, vient nous expliquer sa démarche: voulant animer des statues de pierre, elle n’a pas vu faire bouger les ailes, d’où son idée de les projeter sur des murs… Accompagnées de bruissements d’ailes et de rires d’enfants, l’effet est garanti et la scène féérique.

03-10-2009-43313-13h du matin : les rues commencent à se vider, les queues devant les animations dégrossissent. On entre comme dans un moulin au Théâtre de la Ville, où la vidéo Hysteria ( Doug Aitken ) projette en boucle des scènes d’hystérie collective provoquées par des concerts de rock des années 1960 à nos jours. Sans savoir quels groupes provoquent de telles réactions, on admire les visages blancs des gens en transe, leurs hurlements….

Entrée facile également à l’Église Saint Séverin, où Janet Cardiff a constitué son oeuvre Motet pour 40 voix . Expérience sonore unique alors que quarante enceintes disposées en ovale diffusent chacune une voix bien distincte.

Pour la fin, un classique: Notre-Dame, décorée pour l’occasion par Sylvie Fleurus . Des cristaux lumineux verts, rouges, violets, éclairent les alcôves de la cathédrale, donnant un aspect irréel aux confessionnaux, aux statues et aux murs de pierre.

Impossible de tout faire, pour une Nuit Blanche qui n’en est pas réellement une, la plupart des animations se terminant entre minuit et 2 heures. Parcours éclaté, plan détaillé introuvable, parcs soi-disant ouverts au public filtrés par des barrières : une organisation à revoir. Quelques bonnes surprises cependant, grâce aux projets associés, plus accessibles et souvent plus intéressants que les artistes invités par la Mairie de Paris. Verdict: carton jaune pour la Nuit Blanche, on ne doute pas que l’année prochaine sera une meilleure saison, mais on reste sur notre fin cette année…

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A propos de l'auteur

Image de : Virgile n’a pas écrit Les Bucoliques, ni L’Enéide. Il n’est pas poète, encore moins latin et surtout pas mort. D’ailleurs, il n’est même pas un il. Reniant ses héritages classiques, Virgile connaît toutes les répliques d'Indiana Jones et la Dernière Croisade, loupe son arrêt si elle a le dernier Margaret Atwood entre les mains, et a déjà survécu sur des sandwiches cornichons-moutarde. Elle va avoir tendance à considérer la publicité comme une forme d’art, se transformant en audio guide dans les couloirs du métro, les salles de cinéma et même devant du mobilier urbain qui n'en demandait pas tant. Outré, Virgile le poète s’en retourne aux Enfers pendant que Virgile l'anachronisme rêve d'embarquer pour un aller simple destination Osaka. Pour plus d'info: http://www.twitter.com/_Virgile

4 commentaires

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  1. 1
    le Lundi 5 octobre 2009
    Clara a écrit :

    Ben tu vois ça ne m’étonne pas… j’avais eu la même impression l’année dernière, je trouve que finalement tout fait un peu fouillis, on a du mal à s’y retrouver et le concept « NUIT blanche » en lui même est carrément à revoir…Ils peuvent faire ça un dimanche s’ils veulent pas se coucher tard…

  2. 2
    le Lundi 5 octobre 2009
    alex a écrit :

    Dans le quartier St Michel, une foule incroyable,étouffante,ambiance disney…. Heureusement j’ai fait une super chouette découverte avec Eric Duyckaerts….situé un peu à l’écart, un vrai régal, ce décalage m’a fait un bien fou.
    Côté organisation : un plan très mal fait (un nom de rue qui traine de tant à autre)… mais grâce à cette lacune, j’ai rencontré des gens sympas.

  3. 3
    le Lundi 5 octobre 2009
    marie a écrit :

    Je ne suis pas vraiment d’accord avec l’article, mais je n’ai pas été dans le même quartier. Dans le 19ème, de la Mairie version hip-hop, aux Buttes Chaumont avec ses champs de tournesols ou de coquelicots stylisés, en passant par les champs de lampes féériques, ou par une version revisitée du « joueur de flute » en balade sur les murs du quartier, la poésie et l’imaginaire était au rendez-vous…et la nuit belle et bien blanche vu que les animations duraient pour la majorité jusque 7h!!
    Toujours aussi sympa à condition d’avoir prévu le programme à l’avance pour ne pas errer sans but!

  4. 4
    le Lundi 5 octobre 2009
    Huguette a écrit :

    Place Stalingrad, pas cordial le terrain de foot cabossé éclairé à mort ( en ce temps où on prône les économies) pour le travail lumière réalisé sur la rotonde de Claude Nicolas Ledoux dont le passage du métro déclanchait l’animation, donnant l’impression que la rotonde tournait.
    Le problème est que l’éclairage footeux bousillait l’éclairage tout en subtilité de la rotonde.
    Bataille du pot de terre contre le pot de fer? Plutôt échange inégal entre le clinquant,les gros sabots et l’élégance, le raffinement. Dommage on aurait pu contenter tout le monde.

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