NTM au Parc des Princes

par Jo|
Et au commencement du rap français il y avait NTM. Trois lettres de légende et une réputation sur scène qui n'est plus à faire. C'est au Parc des Princes que les rois ont décidé de faire leur come-back dans l'arène, un lieu hautement symbolique devenu le théâtre du rap pour une soirée.

Malgré la diversité du public d’NTM après plus de 25 ans de carrière, la fête elle, est parisienne et les chants de supporters nous le rappellent dès l’entrée dans le stade : Ici, c’est Paris scande la foule. La ville et son club de foot sont de nouveau à l’honneur avec l’apparition sur scène du Boulogne Boy Salif, l’une des trois premières parties. Le public et l’artiste interagissent rapidement. Il faut dire que Salif a longtemps évolué dans le sillage d’NTM et il était également l’un des espoirs du label IV My People de Kool Shen. Ses titres fédèrent aussi bien les fans de la première heure que les plus jeunes qui s’y retrouvent aussi grâce à de nouveaux sons.

L’écart générationnel se creuse de manière plus distincte avec l’arrivée de l’équipe Wati B sur scène. Après une timide apparition de Dry, c’est Sexion d’Assaut, le groupe phare de cette année 2010, qui entre en scène. Le show est déjà rodé par de nombreuses semaines de tournée et le groupe ne se laisse pas démonter par la pression qui pèse sur eux. On perçoit pourtant une césure claire au sein du public, entre les aficionados de la première heure qui vibreront quelques minutes plus tard sur les premières mesures d’NTM, et les quelques groupes plus jeunes qui reprennent en chœur les refrains du talentueux Maitre Gim’s. Notons qu’à l’image de leur tube Désolé, le choix des chansons tend à renforcer cette image peut être plus pop qui laisse de marbre les amateurs de hip-hop classique.

Le décor se précise ensuite avec l’arrivée de Dj James et Dj Naughty J, les deux Djs d’NTM. À leurs côtés, Dj R-Ash et Monsieur Cut Killer prennent place pour un set court, mais efficace aux platines à la manière de Birdy Nam Nam.

Aux environs de 21H, la scène se vide pour la dernière fois avant l’entrée des fauves dans l’arène. La tension est palpable et l’atmosphère électrique, alors que s’affiche sur le décor du fond les « suprêmes triples lettres ». Premier titre, premier hymne : le parc se retrouve catapulté au cœur du 93 pour 2h30 de show. L’alchimie entre les deux compères fonctionne toujours autant. La distribution des rôles est établie de longue date. Joey Starr met le feu, galvanise la foule, va puiser sa force dans les cris du public, tandis que Kool Shen assure la transmission du message qui a fait d’NTM un groupe clairvoyant, presque prophétique, dont les paroles sont toujours d’actualité. Le contact avec le public semble vital pour le groupe, qui punit ce dernier si les clameurs ne sont pas suffisantes : chapi-chapo menace de se déclencher à tout moment en cas d’acalmie.

Le groupe ne peut pourtant pas occulter leur carrière solo, et des morceaux de leurs albums respectifs s’alternent. Kool Shen apparaît avec Jeff Le Nerf et Big Ali pour Two Shouts For My People. Joey Starr, quant à lui, arrive sur scène avec Nathy pour Pose Ton Gun II. Ces apparitions solo sont le reflet de la carrière parfois houleuse du groupe : Tout N’est Pas Si Facile s’exclament-ils, une fois reformés sur scène.

Pourtant, l’histoire du hip-hop en France est liée à ces artistes. D’abord danseurs et graffiti-artists, ils mettent à l’honneur la diversité de la culture hip-hop à travers de nombreuses interludes de breakdance, de graffs et de beatbox avec Eklips, véritable génie en la matière. C’est Paris Sous Les Bombes et bientôt « Paris sous les fumigènes », quand pour illustrer le titre Qu’est-ce qu’on attend certains fauteurs de trouble allument leurs torches et embrasent le parc.

Le hip-hop a pourtant bien évolué depuis l’époque des graffitis. Un peu bling-bling, les deux complices s’offrent le luxe d’arriver sur scène dans deux grosses Berlines allemandes pour Ma Benz. Une version sexy à l’image du clip, où Lord Kossity rejoint le duo le temps d’un morceau. NTM marque également le coup en troquant leurs samples contre une formation plus musicale qui donne une dimension unique aux morceaux, avec des accents tantôt rock, tantôt reggae. La fièvre monte encore d’un cran avec l’entrée en scène des derniers invités. Les Raggasonic, reformés pour l’occasion, viennent épauler le groupe sur le titre Aiguisé Comme une Lame, tandis que les ex-membres de IV My People se retrouvent comme en 98 pour le titre du même nom. « Est-ce bien raisonnable ? » se demandera Joey Starr après avoir interprété le sulfureux Nique La Police qui leur aura valu de nombreux déboires avec la justice.

Le concert s’achève en apothéose avec une version inédite de Seine Saint-Denis Style sur le riff de guitare de Smell Like Teen Spirit de Nirvana. Une touche finale rock que le groupe assume parfaitement, et qui confirme leur place d’artiste de premier choix au-delà de la sphère hip-hop.

Crédits photo : Nicolas Aubry

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Site officiel : http://www.supreme-ntm.com/
A voir également la galerie photo de Philippe Barbosa :
http://photographil.net/blog/ntm-parc-des-princes-18062010/

1 commentaire

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  1. 1
    le Mercredi 23 juin 2010
    jason a écrit :

    sisi. MES ELLE SON OU LES TOPHE DE LA SEGONDE PARTI

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