Now we’re nowhere in Time, une nuit avec les Little Barrie

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À l'heure où le cynisme se prend comme un petit déjeuner et des matins où nous nous levons sans plus êtres les enfants d’aucun siècle, partons du postulat que le seul pays imaginaire est celui offert par les moments de parenthèse, loin du monde, loin de 2011, en bref loin de toute réalité préexistante et pénible.

Pour pilule magique non pas un manuscrit de J.M.Barrie, mais ce soir un live de Little Barrie. Homonyme fallacieux qui possède les mêmes vertus de télétransportation. L’aventure du jour, quelques heures dans la peau d’un roadie. L’action ne se passe pas au Truskel, un certain 6 septembre. Nous sommes probablement sur l’Ile de Wight, il fait soif et votre dévouée chroniqueuse n’a pas mal aux pieds.

Nul besoin d’entrer dans les détails du set joué ce soir-là, en première partie de Primal Scream. La plupart des pistes venaient de leur brillant nouvel opus King of the Waves. Exception, le Love you final, sorti du second album qui clôt un live très, trop court. Barrie, l’homme, enfin plutôt le jeune homme, c’est cette impression indéniable d’un adolescent qui à un certain moment, ce serait arrêté de vieillir. C’est un groupe en forme, mais relaxé qui s’est retrouvé sur scène avec lui. Riffs et solos fluides, comme s’ils avaient joué ces chansons à la Cigale toute leur vie. Toutefois, les quelques fans de la salle s’impatienteront probablement de les revoir dans un cadre plus chaleureux et réceptif.

Nul besoin également de s’attarder sur la vilaine manager de la salle qui a cru bon de déchirer un ticket prématurément. Empêchant alors des dizaines de fans de Primal Scream, ou les discordanciens qui n’étaient pas là ce soir, de lire une chronique sans prétention aucune, sur le live prometteur du groupe de Bobby Gillepsie.

Accélérons au moment où la célèbre sympathie d’outre-Manche (si, si) permit une interview où il fut question de voyages dans le temps, d’albums perdus, et de ce qui pourrait s’apparenter à un guide de la piraterie dans le monde impitoyable des Majors.

On dit que le troisième album d’un groupe est le plus difficile à sortir, qu’il y a une certaine pression quand on vous attend derrière un son. Cependant King of the Waves est vraiment différent de Stand your Ground, vous n’avez pas ressenti cette pression ?

Image de Lewis : (Batterie/voix) On est un peu comme tous ces groupes qui font ce qu’ils veulent, Primal Scream, ou Beck ou encore les Beastie Boys. Ils produisent les albums qui leur plaisent. Dans un sens, j’imagine que cette pression existe, on n’a pas envie de faire la même chose qu’avant en pensant aux réactions de certains qui ne gêneraient pas pour dire que c’est juste la même merde. Ça a été un album très difficile à faire, mais pas à cause de cette pression. Juste à cause de problèmes purement financiers et de soucis avec l’industrie du disque. C’était ça qui a rendu notre troisième album difficile. Mais sinon, le changement, c’est une bonne chose.

Un mod sorti tout droit de Ready, steady, go l’interrompt. Léger blanc comme une anomalie spatio-temporelle. Où sommes-nous ? Ou plutôt quand ?

Lewis s’arrête visiblement déphasé :
C’est difficile, c’est difficile…. Je sais plus ce que je disais.

Je tente : « C’est difficile de faire du nouveau pas trop nouveau ? »

Lewis : Oui, être radicalement différent c’est risquer d’aliéner nos fans. Mais je ne crois pas que ce soit notre cas. C’est juste qu’un tas de choses, d’idées, de sons nous enthousiasment et qu’on aime apporter
tout cela dans nos disques. On n’y pense pas comme ça, comme un business plan, on ne planifie rien. C’est juste la musique qu’on apprécie. Peut-être que ça explique pourquoi il nous a fallu temps de temps pour accéder à la reconnaissance ?

Est-ce que c’est ça la clé du succès ? Attendre et arriver à un produit fini de qualité ou bien est-ce que cela dépend du moment ?

Lewis : Je crois que c’est comme des cartes postales d’instants. Je veux dire, notre dernier album a été fait très rapidement, et à la suite de ça nous avons eu pas mal de soucis et ça a pris plus de temps. Ça arrive. C’est juste que ça t’arrive, ça te tombe dessus, tu ne choisis pas la façon d’écrire un album. Tu dois juste le faire. Il y a des gens qui ont de la chance et de bonnes conditions de travail. Et des fois, ça va tellement bien que ça va mal. Quand on a trop d’options, c’est impossible de se décider et ça te prend trois ans pour faire un album, pour l’écrire. Nous, nous écrivons toujours nos albums assez vite. D’ailleurs, il existe un autre album, un album perdu qui aurait pu être produit parce qu’on n’a eu aucun souci à trouver la matière à l’écrire. Le souci c’était de le sortir et comme l’industrie du disque est complètement foutue en l’air…

Est-ce que cet album est perdu pour toujours ?

Lewis : On a les démos, peut être que ça sortira sur un album de démos ou de b-sides… Il y a des chansons qui restent, sur cet album il y en a qui sont vraiment vieilles. Faut croire que des fois certaines chansons ne sont jamais vraiment prêtes.

Alors King of the Waves n’est pas vraiment l’album d’une période dans le temps ?  C’est étrange quand on entend l’unicité des différentes pistes..

Lewis : Je crois que ça sonne comme ça parce qu’encore une fois on l’a réalisé vraiment très vite. Mais les chansons viennent de différents endroits, de différents moments. Encore une fois je suis perdu…

Ce n’est pas grave, question suivante, je n’ai trouvé ni Twisted Little Blades, ni We can’t work this out sur mon album ! Je demande des explications !

Lewis : Pour être honnête en ce qui concerne We can’t work this out, on est parfois obligé d’avoir des pistes en plus, d’en avoir trop pour un album. Et on déteste vraiment quand les gens font de longs albums, enfin je sais que je déteste ça… Alors logiquement, on doit en choisir et en laisser de côté. Mais après ça sert toujours, pour des albums de B-sides ou sur les versions japonaises. Quant à Twisted little blades, c’est un peu plus délicat, quelques fois certaines pistes tombent en disgrâce : pour Barrie, celle-là était vraiment trop comme notre album précédent. Moi et Virgil, on l’adore ! Mais bon, on en est arrivés à un point où Barrie ne se sentait vraiment pas à l’aise à l’idée de la mettre sur l’album. De toute façon, on peut l’entendre de partout, quelqu’un en Angleterre l’utilise pour une pub télévisée. Ce n’est plus comme avant, quand il fallait être vraiment fan pour tomber sur les B-sides. Faire un album c’est vraiment une chose très aléatoire. On a essayé de prendre les meilleures décisions, mais si on l’avait fait en deux mois, il serait complètement différent. C’est vraiment un concentré de ce que tu ressens au moment où tu le ressens.

Alors, ces pistes ne sont pas un moyen de récompenser vos fans japonais ? (NDLR les Little Barrie sont tellement connus au Japon qu’il leur faut réserver des étages entiers pour leur sécurité dans les hôtels)

Lewis : Non, ça ne marche pas comme ça. Dans un sens oui, on adore faire des extras pour nos fans japonais, pour leur loyauté. Il faut comprendre que c’est un autre monde pour nous au Japon. On reçoit tellement de leur part que dans un sens c’est normal de leur rendre, plus de pistes, de goodies. Et puis, honnêtement, tu te dois de fournir deux pistes en plus sur les albums japonais parce qu’ils sont si chers là-bas. S’ils étaient similaires aux versions étrangères, les boutiques iraient commander ailleurs et les maisons de disques japonaises ne nous produiraient plus. C’est aussi ironique que ça, voilà ce que le mot « business » veut dire.

Bon de toute façon, comme tu dis, on peut l’entendre partout ou commander cette version japonaise.

Lewis : C’est ça qui est génial, je me rappelle quand j’étais gamin. Le truc le plus cool c’était de commander des albums d’import. On ne les trouvait pas en Angleterre, on les payait plus cher, mais on y trouvait des trucs nouveaux, les pochettes étaient différentes.. Quand j’aimais vraiment un groupe, je commandais toutes les versions de leurs albums !

Comment expliquez-vous le côté vintage de votre son ? Vous vivez dans un bunker quand vous n’êtes pas sur scène ?

Image de Lewis : Ouais, on vit dans les sixties ! On a nos petites machines à voyager dans temps…

Cool, ce sont les tours bus là-bas ?

Lewis : Ah nan, ça se sont les bus de Primal Scream. Des machines à voyager bien plus chères  et plus classes ! (Rires) Elles vont dans n’importe quelle décennie. Nous on ne peut aller que dans les sixties..

Virgil (arrivant avec une bière à la main et une moustache qui ferait honneur à Zappa) : Ouais nos machines sont tombées en rades là-bas.

Lewis : Faut dire qu’on les avait trouvées d’occasion, donc bon… (Rires)

Virgil : Le truc avec les sixties, c’est que c’était une période très spéciale. C’était la première génération après la guerre. Il y avait cette explosion d’art et de créativité, il y avait de l’argent à dépenser, la liberté sexuelle et toutes ces nouvelles drogues qui sortaient. Un concours de circonstances qui n’arrivera plus jamais ! Parce qu’on est beaucoup trop cyniques à l’heure actuelle, tout a été fait, tout est trop rétro. Alors évidemment, ce moment dans l’histoire est d’autant plus précieux. Personne n’a envie de retourner en… au hasard 1945, parce qu’à part la guerre, il ne se passait pas grand-chose.

Lewis : En réalité, on n’essaie vraiment pas d’être un groupe sixties ou rétro. Mais le truc c’est qu’on veut les meilleurs sont possibles et qu’ils viennent de cette période-là. Parce que les gens étaient si créatifs et expérimentaux ! Malheureusement, maintenant, il y a tellement d’options que c’est aux gens de choisir à l’instinct se qui va sonner le mieux. Ils essaient de leur faire proprement avec les nouvelles techniques, mais ça ne marche pas toujours. Nous on va essayer de comprendre ce qui était si bon dans le son de ces années-là…

Virgil : Et de le renouveler ! Il n’y a aucun intérêt à faire la même chose ! Ça serait juste une perte de temps. Ça serait comme, prétendre pouvoir repeindre un Picasso encore et encore ! Il faut trouver l’art qui nous est propre, être reconnu pour notre propre créativité. Ça ne sert à rien de prétendre être quelqu’un d’autre.

Est-ce que cette vision n’est pas celle d’un enfant de musicien célèbre ?

Virgil : Qui ?

Toi.. (Virgil est le fils du guitariste de Yes)

Virgil : Ah ouais peut-être, mais bon nous c’était comme les charpentiers ou les croque-morts, ça se passe de père en fils, c’est un truc de famille. Et c’est plutôt cool comme procédé.

Le cynisme ambiant que tu dénotais plus tôt se retrouve pas mal dans les paroles de Barrie, est-ce que ce sont les paroles qui reflètent le mieux ce qu’on est aujourd’hui ?

Virgil : Je crois, mais Barrie pourrait en parler mieux que moi. Mais c’est certain qu’il a une vision du monde assez acide. Il a côté tout innocent et enfantin, mais ça cache une certaine amertume. J’aime beaucoup qu’il utilise des fables ou des charades en guise de paroles. Quand une chanson devient trop évidente, ça devient de la pop. Je sais qu’on fait plus d’argent en faisant de la pop, mais ça t’apporte moins sur le plan émotionnel. Faire des chansons intéressantes, ça veut parfois dire passer par de la difficulté. Plus il y a à comprendre et plus ça veut dire que tu y donnes de ton temps. Tandis que quelque chose d’immédiatement accessible, on l’adore tout de suite et on le déteste demain. Ça ne dure pas, ça se digère en un instant. Si on prend par exemple les échecs. C’est vraiment un jeu très profond. Tout le monde peut jouer aux échecs « la tour va là, et ça, ça va là. » Mais c’est beaucoup plus compliqué que ça et c’est cette complexité qui en fait un jeu d’exception. Je crois que la musique, ça devrait être la même chose, aussi profonde que les échecs, mais aussi facile à jouer.

C’est une bonne leçon, néanmoins, vous avez quand même travaillé avec Mareva Galanter…

Virgil : Oui, ça, c’est vrai que c’est assez pop.

Et à part son exotisme à couper le souffle, qu’est-ce qui vous a amené à travailler avec elle ?

Virgil : Ben, elle nous a demandé de faire son album, alors on a fait son album.

Et c’est tout ?

Lewis : Je ne sais pas si la Musique de Mareva est exactement pop. À vrai dire, on ne savait pas à quoi s’attendre. Elle nous avait demandé sur MySpace « Pouvez-vous m’écrire une chanson, j’adore votre album.» Elle nous a découverts par hasard en venant voir un autre groupe jouer. Et quand elle nous a demandés, on s’est dit : « Pourquoi pas ? On verra bien ». En France c’est différent parce qu’elle est connue. Peu de personnes connaissent son album en Angleterre, mais ils trouvent ça plutôt cool. Et puis bon, elle est cool. Du coup on lui a écrit cette chanson, elle l’a aimée et elle nous a demandé de jouer sur son disque. C’est toujours bon à prendre, de jouer. Alors on a tenté le coup. Quand on la rencontre, c’est quelqu’un qui est vraiment à fond sur sa musique. Ce n’est pas du tout le genre top-modèle qui veut de l’attention. C’est une fille bien. Vraiment sincère quant à son enthousiasme pour la musique. Alors oui, c’est un peu plus pop que ce qu’on fait d’habitude. Mais on n’est pas contre la pop. J’adore la pop des années 60 et c’était vraiment sympa à faire, faire en sorte que ça sonne de façon cool. Et puis c’est plutôt bien de rencontrer quelqu’un qui partage les mêmes idées que toi.

Dernière question, est-ce une coïncidence si le titre de l’album King of the Waves fait écho à celui appelé Surf Hell sur l’album, ou bien est-ce que vous revenez vraiment d’un passage en enfer ?

Lewis : Alors non, en fait, on était rentrés à la maison pour Noël, et on faisait les cons avec nos instruments. À l’époque j’étais complètement dingue des Cramps, au point de n’écouter plus que ça. On n’arrêtait pas de parler de ce son-là. Barrie essayait de produit le plus gros riff surfy possible. Et comme c’était avant que Virgil nous rejoigne, je m’amusais à la batterie, essayant un beat surf par-dessus son riff. Et on était là « ouaiiiis ! Putain ! », genre on s’éclatait vraiment ! Du coup, on a commencé à enregistrer une démo de ça en l’appelant tout bêtement « surf ». Et comme on l’appelait tout le temps surf, finalement, la piste n’a jamais eu de véritable titre. Le titre n’aura pas eu vraiment d’importance.

En même temps, on avait aussi cette piste que Barrie avait appelé King of the Waves, qui allait très bien avec l’album. Une chanson à propos du passage en radio et de l’effet que cela peut avoir sur ton groupe. Nous on veut juste faire ce qu’on veut. Et « you’re never be saved », c’est dans un sens le fait de ne jamais pouvoir s’en sortir, financièrement, si tu n’es pas le « King of the waves », sous entendu the air-waves, le roi de la radio. Nous, les maisons de disques nous disaient : « il faut que vous fassiez ça, il faut que vous sonniez comme ça. » Mais c’est de la merde ça, ils ne font que des suppositions sur ce qui pourrait être bon pour toi.

Par exemple Jack White. Le mec s’en fiche, fait ce qu’il veut, ce qu’il a envie de faire et ça sonne bien. Et parce qu’il le fait avec une telle passion et qu’il est si doué pour ça, les gens ont suivi et commencé à faire comme lui. Et maintenant, je suis certain qu’il se fait des tonnes de fric avec ça. Mais comme il est passionné à 100 %, il est complètement crédible dans sa démarche. Après une période à entendre tout le temps ce que tu dois faire, tu t’ennuies, tu n’as qu’une envie c’est de jouer ce qu’il te chante. Bref, pour en revenir au titre, c’est toujours dur à trouver et plutôt aléatoire. Comme je le disais, tout est aléatoire…

Aléatoire également le reste de cette soirée. Le décor et la playlist change, comme si cette machine à voyager dans le temps dont les garçons parlaient tout à l’heure avait été mise en marche sans crier gare. Quand un groupe et leur roadies, aussi cool que possible, vous demandent si cela vous dit de les suivre pour le reste de la soirée, refuser quelque en soit la raison serait juste déplacée. Alors histoire d’effacer des siècles d’impolitesse française et d’honorer le dur labeur de chroniqueur, il aura fallu prendre sur soi et dire « oui ». De toute façon tout ce qui est arrivé jusque-là est déjà de la pure fiction.

En chemin, un roadie gagnera sa première leçon de français. Juste les bases « Je voudrais un verre de vin rouge s’il vous plait ? » et « Où est la tour Eiffel ? ». La prochaine fois, c’est juré, ils entendront parler de la gastronomie parisienne.

Là-bas, Virgil, en vrai pirate, envoie la playlist initiale à la planche aux crocodiles. Jerry Lee Lewis, Elvis ou encore les Beatles, se voient ponctuer de Blur pour le plus grand plaisir de la foule qui se trémousse comme si plus rien d’autre n’avait d’importance. Qui aurait cru que Paris pouvait accueillir pareilles nuits ? Reste que les heures ont raison des pensées positives, il est grand temps de rentrer. Et là, au fin fond de la nuit, on ne peut que se demander si tout cela n’était pas une fantaisie élaborée, le fruit d’une imagination fertile, ou encore ce qu’il pouvait bien y avoir au fond de ce verre de rhum.

Guitare et voix : Barrie Cadogan
Batterie et voix : Virgil Howe
Basse : Lewis Wharton

Vidéo de Tim Brennan
Plus de photos du concert
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A propos de l'auteur

Image de : Mélissandre L. est une touche à tout, et c'est sous prétexte de s'essayer à tous les genres littéraires (romans pour enfants, nouvelles pour adultes, SF, chansons voire recettes de cuisine et plus encore) qu'elle se crée des avatars à tour de bras. En ce moment, elle se passionne pour la cuisine vegan et le crowdfunding, elle ne désespère pas de relier un jour les deux. Profile Facebook panoptique : http://www.facebook.com/Mlle.MelissandreL / Envie de participer à son dernier projet ? http://www.kisskissbankbank.com/marmelade

2 commentaires

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  1. 1
    le Mercredi 14 septembre 2011
    Toniio a écrit :

    Ah cool je connaissais pas ce groupe merci !

  2. 2
    le Jeudi 15 septembre 2011
    mB a écrit :

    Un des groupes que je préfère, dire que j’ai raté le concert…
    J’apprécie d’autant plus maintenant que j’ai un aperçu de leur vision de la musique.
    A quand un concert complet en france ?

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