Nouvelle Vague Presents New Wave

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Sortie au mois de mai sur le label District 6, la compilation "Nouvelle Vague presents New Wave" suit une ligne précise : elle rassemble des reprises de classiques pop rock (Rolling Stones, Kinks, David Bowie …) par des groupes new wave tels que Joy Divison, Visage ou encore The Stranglers. L’occasion de découvrir des versions souvent extravagantes et méconnues.

De passage à Rennes pour une soirée marquant la sortie du double album, Gilles Le Guen, DJ spécialisé dans le post punk et la new wave, nous présente la genèse du projet ainsi qu’une petite playlist à écouter d’urgence .

Peux-tu nous expliquer comment a démarré le projet  » Nouvelle Vague presents New Wave «  ?

nouvellevague-hdC’est un travail de DJ comme ils sont à l’origine : des sélecteurs. D’ailleurs les premiers DJ étaients les DJ Jamaicains, les selectors . Marc Collin de Nouvelle Vague et moi même avons amassé pas mal de disques au cours des années, depuis le début des années 80. C’est un travail d’archiviste, de rat de discothèque, une compilation de morceaux étranges qu’on a collecté. J’avais fait une première mouture du CD il y a un peu plus d’un an à la maison, que je donnais aux amis. Puis lors d’une soirée Agnès B à la Flèche d’Or pour laquelle je mixais, j’en ai donné un exemplaire à Marc Collin . Le lendemain, il m’a envoyé un mail disant qu’il voulait sortir la compilation. Au départ c’était une compilation simple qui est devenue double, Marc Collin a amené l’identité de Nouvelle Vague qui correspondait parfaitement. Le projet étant un négatif de ce que fait le groupe.

Comment s’est passée la sélection, certains morceaux ont-ils dû être écartés, certains découverts en route ?

Il y a eu débat, mais en général c’était vite tranché ! On savait tous les deux de quoi on parlait, on a la même culture musicale. Il y a eu quelques morceaux que la maison de disques nous a proposé tels que celui de Duran Duran (la reprise de Fame ), et celle de Joy Division du Velvet Underground. Il y a des morceaux qu’on adorait et qu’on a pas réussi à avoir avec les maisons de disques : un medley de Human League et un morceau de The Associate reprenant David Bowie .

Quel nouveau regard ont apporté les artistes New Wave sur ces titres cultes ?

C’est étonnant déjà de voir des groupes comme Orchestral Manoeuvre ayant une image très propre reprendre le Velvet, groupe de junkies avant-garde : il y a de réels chocs d’univers. Je pense que c’est ce qu’ils voulaient faire en 1980 : choquer tout en montrant d’où ils venaient. C’est intéressant de voir ce que ces grouupes pensaient être réellement leurs influences.

Les gamins anglais qui avaient 18 ans en 1978 avaient des grands frères qui écoutaient les mods des années 60. Les Kinks par exemple ont influencé plein de gamins anglais à l’époque : je connais deux autre groupes qui reprennent You Really Got Me . Et puis Gary Numan qui reprend On Broadway, c’est rigolo et totalement osé. J’ai toujours adoré les reprises : les groupes disent beaucoup plus de choses à propos de leur capacité d’être musiciens en faisant une reprise qu’en écrivant un morceau. Avec Marc Collin on avait ça en commun puisque Nouvelle Vague donne une lecture complètement différente de standards.

The Silicon Teens présents sur la compilation ont d’ailleurs sorti un premier album fait uniquement de reprises ( Music For Parties, 1980) .

L’histoire de Daniel Miller est marrante, en fait le groupe entier, c’est lui tout seul ! Quelques mois après il a signé Depeche Mode sur son label aujourd’hui bien connu, Mute . Tout l’album Music For Parties c’est Daniel Miller seul dans son appartement. Je voue une devotion pour cette époque là. C’est le génie et en même temps la folie. Cette compilation rend tant hommage aux groupes repris sur la compil qu’aux groupes qui ont eu la folie de reprendre ces morceaux la.

Y-a-t-il des morceaux qui ne quittent pas tes playlists ?

gillesleguenEn général des choses assez obscures. Des trucs géniaux dans les années 78-79-80 avec toujours cette hargne punk, mais aussi le souci de faire danser les gens. Ce n’était plus le punk nihiliste. Il y a eu une incroyable créativité pendant 3-4 ans, du vrai bricolage.

Tu retrouves cette créativité dans les groupes d’aujourd’hui ?

J’écoute beaucoup de groupes électro et rock et j’aime beaucoup !!! TV On The Radio, que j’ai côtoyés à New York, pour le travail sur les guitares, le mélange des genres musicaux. En revanche, des groupes comme Interpol me rappellent trop de choses de l’époque sans y apporter du neuf.

Gang Of Four a fait son retour il y a quelques temps, tu crois au revival ?

Parmi tous les groupes de cette époque que j’ai vu se reformer, je n’ai jamais été déçu.J’ai ouvert pour Gang Of Four dans une soirée privée, leur deuxième concert de la soirée et ils étaient à fond la caisse ! Beaucoup de groupes comme ça jouent mieux qu’à l’époque ! Mais il faut vraiment avoir une idée, savoir ce qu’on veut faire. Quand j’ai encouragé le groupe Charles de Gaulle à se reformer, je leur ai dit : Ne faites pas une version 2007 de vos morceaux, mais version 1980 : mêmes réglages d’ampli, même boite à rythmes ! Il faut que ces groupes restent comme ils étaient à l’époque.

C’est ton conseil pour les  » jeunes  » groupes New Wave ?

Les DJ ont un truc : peut être un peu plus de nez pour les choses qui vont arriver, marcher, un peu comme les critiques de musique. Ils cherchent pendant des heures chez les disquaires des trucs inconnus, que les musiciens entendent par la suite. Ils sont une interface indispensable s’ils font leur travail de rat de discothèque. C’est comme ça qu’ils sont nécessaires dans la chaine.

Et pour finir, une petite playlist à écouter pour égayer votre rentrée .

PLAYLIST par Gilles Le Guen

ChandraOpposite (1980): New York, 1980, la no wave, une chanteuse de 11 ans, un obscur disco-punk. Fille d’artiste célèbre, elle fréquente les vernissages new yorkais et y rencontre ses futurs musiciens. En unique 12″ brilliantissime, inconnu et rare.

Roxy MusicVirginia plain (Headman re-work/2007): Un remix electro très proche de l’original de 1972 mais qui a l’avantage de remettre au goût du dance-floor moderne ce classique du Roxy Music seminal des années glam.

CristinaDon’t be greedy (1980) Sur le plus new yorkais des labels francais, Ze Records, une jeune new yorkaise sous la houlette de August Darnell pour un faux disco a la sauce de Monsieur Kid Créole . A noter sur ce même mini album, une triomphale version de  » La poupée qui fait non  » de Polnareff .

B 52′sTrism (Riton remix/2007) Une revisitation electro d’un morceau super efficace des délirants B 52′s . Une bombe pour le dance-floor et les superbes harmonies du groupe americain.

LedernackenAmok! (1984) Tube underground et morceau ovni de la scène allemande du début des années 80. Un beat de hip hop trituré a la mode teutone avec un chanteur qui hurle  » Amok ! » pendant cinq minutes…. grand moment.

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Myspace de Gilles Le Guen: http://www.myspace.com/gillesleguen

A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

1 commentaire

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    Pascal
    le Mercredi 29 août 2007
    Pascal a écrit :

    Gilles le Guen mixera au Gibus le 12 septembre pour une soiree en l’honneur de la sortie du film « Biopic Control » (sur le vie de Ian Curtis) organisée par Agnes B…

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