Nosfell – Montpellier

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Des capacités vocales indéniables. Un monde fait de n'importe quoi qui nous transporte littéralement. Une originalité rarement égalée. Un voyage à la frontière de tout ce que les arts de la scène ont de plus beau... Un show à voir et à vivre pour comprendre le phénomène Nosfell...

Si l’artiste est atypique, on peut dire que mon entrée dans son univers l’est tout autant. Pour être honnête, bien qu’ayant remporté de nombreux prix (« Attention Talent Scène », « Découverte Printemps de Bourges », etc…), je ne connaissais quasiment rien de Nosfell avant que je ne tombe par hasard sur une affiche annonçant sa venue prochaine à Montpellier. L’affiche était singulière; à peine y distinguait-on un personnage courbé, mi homme mi monstre, dans un halo de lumière rouge. J’étais fascinée, troublée. Il fallait que j’aille voir cet artiste en concert, c’était une évidence…

nosfell1Le show débute avec l’arrivée sur scène d’un petit personnage (le Nosfell en question) venu d’un pays dont on ne connait rien : le Klolochazia… Quand il se met à parler on hésite. On ne sait s’il faut rire, ou rester sérieux : c’est tellement inattendu et émouvant à la fois. La fragilité des mots, l’accentuation, la cambrure du personnage…

Dès les premières minutes, Nosfell nous emmène dans son monde imaginaire pour notre plus grand plaisir. C’est que l’artiste est un véritable magicien !! Il parle, il mime, se contorsionne. Chacun des traits de son visage exprime une émotion, chaque parcelle de son corps véhicule un message. On sent en lui un savant mélange de force et de fragilité, de rage et de douceur et ça en est troublant. Il faut dire que cet « E.T des temps modernes », si singulier et si attachant à la fois, a une faculté énorme : celle faire naître sur les lèvres du public présent le sourire, et ça ce n’est pas rien !!

Difficile d’expliquer ce qui se passe dans nos têtes et dans nos coeurs, mais une chose est sûre, on se sent irrémédiablement embarqué dans un cocon de bien-être et on redevient soudainement l’enfant que nous n’aurions jamais dû laisser grandir…

Puis Nosfell se met à chanter… voix de tête fragile… Il fait de drôles de trucs avec ses pieds, sur une machine venue d’ailleurs (séquenceur). En fait, il enregistre ses propres choeurs, pour les morceaux à venir. On avait déja plusieurs personnages sur scène, voilà maintenant que diverses voix se mèlent entre elles.

Parallèlement Nosfell se met à danser, de grands mouvements agitent son corps. Il joue avec sa guitare, et se joue de nous voir les yeux ronds, complètement ailleurs, complètement avec lui… Homme, animal, elfe, ou lutin, il entre avec une facilité déconcertante dans la peau des personnages dont il nous conte l’histoire.

La grâce est complète. Il ne manquait qu’un peu de virilité pour me faire chavirer. Ce sera bientôt chose faite…. La voix d’enfant gonfle tout à coup, au fur et à mesure que le corps de Nosfell se tord et se contracte. J’en ai la chair de poule. Une voix puissante, rauque, comme un râle à connotation sexuelle retentit dans la pièce. Nosfell nous invite à l’extase, puis tout doucement, il redevient l’enfant que l’on avait connu et nous ramène vers des terres plus sereines.

Pendant une heure et demi, Nosfell nous invite dans son monde où l’émotion est à fleur de peau, à mi chemin entre rêve et réalité, à la frontière entre le burlesque et le tendre à pleurer. 1h30 pendant laquelle on oublie la noirceur de notre monde… 1h30 pendant laquelle on a juste envie de goûter à ce bonheur, à cette magie, là ensemble, public et artiste réunis.

Puis patatra… dans les dernières minutes du concert, le personnage que Nosfell interprète nous propose de le retrouver sur son CD. Je m’en souviens encore de ce maudit moment où en l’espace d’un instant, l’innocence a fait place à des ambitions mercantiles et on ne peut plus terre à terre; cette même voix qui m’avait transportée si loin dans mon imaginaire, tellement loin de la vraie vie, venait de me signifier que mon voyage prenait fin, ici et maintenant. Tout cela n’était donc qu’un rêve…

Il était temps de me réveiller…

Nosfell au Klolochazia… un concert extraordinaire pour un voyage dans un monde peu ordinaire. Dommage qu’il faille revenir si vite à la réalité… ouais, vraiment dommage…

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Rendez vous sur www.nosfell.com, le site web de l’artiste

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