No One Is Innocent + Minimum Serious – Mulhouse

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Quand un des piliers du rock français des années 90 décide de reprendre du service, celà ne se fait pas sans susciter bon nombre d'attentes et d'interrogations autant parmis les vieux fans que parmis les médias. Rajouter à celà une grosse maison de disques pour financer le retour et le fait que seul le chanteur fasse partie de la formation d'origine, et vous obtenez une belle polémique sur les motivations réelles de ce come back.

Alors No One Is Innocent en 2004 c’est quoi au juste ? Un groupe reformé uniquement pour l’argent en espérant surfer sur l’engouement actuel du grand public pour les guitares qui saturent ? La démarche est-elle vraiment sincère ? La meilleure façon de répondre à ces interrogations et d’apaiser les craintes sur l’intégrité du groupe, c’est encore d’aller voir ce que ça donne en concert.

thunb1La soirée commence sur les chapeaux de roues par l’excellente performance des Minimum Serious . Leur punk rock teinté de hardcore à la Pennywise est un régal pour nos oreilles. La bonne humeur du groupe est très vite communicative et le set passe à la vitesse de l’éclair. Mention spéciale au final très rock’n'roll, durant lequel le batteur, habillé d’une charmante mini jupe, nous livre une version totalement destroy du générique de « Madame est servie » avant de finir dans la fosse à pogoter avec le public. Une vraie bonne surprise qui mérite amplement que l’on s’y attarde plus en détails.

Le changement de scène est plutôt rapide et lorsque les lumières s’éteignent, c’est très sobrement que No One prend possession de la scène du Noumatrouff. Longtemps considéré par le passé comme étant les Rage against the machine français, le choix de « Sleep now in the Fire » pour ouvrir le show est plutôt amusant. Si le public a un peu de mal à se mettre en jambe, le groupe quand à lui attaque d’entrée très fort. Ça joue technique et force est de constater que Kmar, le chanteur, n’a absolument rien perdu de sa fougue d’antan. Sur « Genocide » et « Tout laisse croire », l’ambiance commence nettement à se réchauffer et la fosse à se faire compacte. Mais c’est sur « la Peau », que le public décolle vraiment. Nous revoilà projeté des années en arrière et difficile donc de rester objectif tant le plaisir de réentendre ce titre est grand.

thunb3Les musiciens sont tout simplement bluffants et les nouvelles compositions prennent une tout autre dimension en live. Les parties électros, assurées par K-Mille aux platines, apportent une touche toute particulière à l’ensemble, tout comme le surprenant passage au mélodica sur « Où veux tu que je t’aime ». Au rayon des nouveautés, il y a « Révolution.com » bien sûr, mais aussi « Automatic » ainsi que « Personal Jesus », la reprise de Depeche Mode . Le temps passe bien trop vite et au bout d’une petite heure c’est par le doublé « Henry / Chile » que s’achève le set.

Juste le temps de souffler et le groupe est de retour avec « Drive me » . Le public décide de tout donner et la fin du concert est somptueuse. « US festival » pose d’emblée le ton. Sur scène Kmar est déchaîné et dès le morceau fini, embraye par deux reprises très énervées des Clash, « Bored with the USA » et « White Riot », pour conclure avec une version de « Nomenklatura » totalement expurgée des samples de Dantec. Le concert se terminera comme à la grande époque par une mini reprise des Béruriers avec le fameux refrain « La Jeunesse emmerde le Front National ». La fosse prend littéralement la scène d’assaut et le tout se finit dans un joyeux bordel improvisé.

Grande réussite donc pour cette date mulhousienne. Le groupe est vraiment bien en place, l’osmose musicale entre les membres est parfaite et les bonnes vibrations au rendez-vous. Seule ombre au tableau : la durée du concert. On dit souvent que mieux vaut un concert « trop court » que « trop long ». Dans ce cas précis, trois ou quatre titres de plus n’auraient rien gâché… au contraire !

Set List

- Sleep Into The Fire
- Genocide
- Tout laisse croire qu’on laisse faire
- La Peau
- Ne reste-t-il que la guerre pour tuer le silence
- Où veux tu que je t’aime
- Revolution.com
- Personal Jesus
- Automatic
- Henry
- Chile —
- Drive me
- US Festival
- Bored with the USA
- White Riot
- Nomenklatura

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A propos de l'auteur

Image de : Fondateur de Discordance.

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