Night Watch

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Loin des préjugés que peut suggérer la bande annonce, le blockbuster russe de la rentrée, réalisé par Timur Bekambetov, mérite vraiment que l'on y jette un oeil attentif.

nightwatch
Synopsis : En 1342, en Russie, une trêve est conclue mettant fin au conflit permanent entre les Forces du Bien et les Forces du Mal. De nos jours, à Moscou, le Bien et le Mal disposent, pour maintenir cette paix, d’individus aux capacités surnaturelles, les « Autres » qui assurent la sécurité de leurs congénères et condamnent tout abus de la part du camp opposé. Mais une ancienne prophétie menace ce traité précaire : la crainte qu’un « Autre » bascule dans le camp opposé et fasse ainsi replonger le monde dans le chaos des hostilités…

Voila pour le décor.

Night Watch est l’adaptation du premier volet de la trilogie romanesque du Russe Sergei Lukyanenko, fortement teintée d’ heroic fantasy et dont les deux suivants s’intitulent Day Watch et Dusk Watch .

Malgré tout, ne pensez pas être en mesure de savoir à quoi vous attendre, car Night Watch pourrait bien vous surprendre. Certes, il n’a rien d’un film d’auteur et avec ses effets spéciaux impressionants et ses images grandioses, quelque part entre Matrix, Le Seigneur des Anneaux et Blade, il possède tout de la super production. Mais cependant il a le mérite de ne pas être commun, ou tout du moins s’éfforce t-il de ne pas l’être.

Vous pensiez que les vampires n’avaient pas de reflet ? Eh bien Night Watch vous prouve l’exact contraire. Dans ce film, la légende des vampires n’est pas que reprise, elle est transformée. Si ils y apparaissent aussi séducteurs que de coutume, ce sont en réalité des junkies, prêts à tout pour ne pas subir le manque de sang.

À la fois épique et urbain, Night Watch possède une atmosphère très particulière. La beauté héroïque y côtoie le sordide des appartements moscovites. Sous les lumières sombres et les couleurs crasseuses, l’ambiance se fait nauséeuse à souhait. Visuellement, le film possède une envergure bluffante, plutôt inattendue.

Véritable mélange des genres, il lorgne de manière appuyée vers l’univers des jeux vidéos et va même jusqu’à contenir une séquence d’animation magnifique et plutôt originale. Néanmoins le montage nerveux et les images souvent précipitées et troublées peuvent gêner à la longue. Il en va de même pour la publicité (café, téléphones portables….) un peu trop visible tout au long du film.

Mais la part belle est tout de même laissée aux personnages. Pop-stars telle Zhanna Friske, vedette en Russie, qui joue une Day Watch ) ou ‘gueules’ populaires comme Konstantin Khabensky, dans le rôle principale, ils sont tous très loins du traditionnel manichéeisme de ce genre de film, et c’est là aussi que Night Watch ravit. Lukyanenko a eu bien peu de pitié pour son héros, auquel peu de maux seront épargnés, comme en témoigne la fin de ce volet, noire au possible, très loin de la balance habituelle entre ‘Bien’ et ‘Mal’. Il est intérressant de noter également le rôle des nombreux animaux du film (chouette, corbeaux, tigre et ours) qui par leur présence inquiètent et renforcent le côté trouble et malsain de certaines scènes.

Rajoutons pour finir, la bande-son puissante de circonstance, avec en dessert les Frenchies de Pleymo et un clin d’oeil plaisant à la série Buffy contre les vampires

Avis aux amateurs !

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A propos de l'auteur

Image de : Miss Cinéma de Discordance et chroniqueuse hétéroclite since 2005. [Blog] [Twitter]

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