New Young Pony Club

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On sentait déjà pointer l'ironie sur les morceaux acidulés de Fantastic Playroom, le premier album du quintet (désormais quatuor) londonien sorti en 2007 sur Modular Recordings . C'est désormais officiel, New Young Pony Club approfondit sa démarche new wave, quitte à se faire refouler à l'entrée de certaines boîtes de nuit.

Ne vous méprenez pas, on retrouve sur The Optimist des pop songs efficaces ( Chaos, We Want To ), mais elles empruntent désormais des chemins plus tortueux.
Dépêchés de Londres spécialement pour une journée de promotion au timing serré, Tahita « Ty » Bulmer et Andy Spence sont d’attaque pour la sortie anglaise de l’album cette semaine.

Comment se sent le New Young Pony Club en ce début 2010 ?

new-young-pony-club-2 Andy : Très bien ! C’est un chouette mois de février.de mars ! On est déjà en mars.

Ty : C’est bientôt le printemps, il va s’arrêter de pleuvoir en Angleterre, pour quelques mois.

Andy : le mois de janvier est mauvais pour moi, mais après janvier le reste de l’année est cool.

Vous revenez avec un second album, The Optimist, a-t-il été enregistré à Londres ?

Ty : Oui, dans notre studio de Hornsey, un quartier très huppé de Londres, il y a beaucoup de parcs, bon parfois on y trouve des seringues.

Andy : Elle ment, quelqu’un s’est fait poignardé et est mort, là bas ! Elle vit dans le coin, c’est pour ça qu’elle ment, elle veut que ça ait l’air sympa.Elle a décidé d’emménager juste à côté du studio, quand nous avons fini d’écrire l’album.

Ty : Et on répète toujours là bas.

Donc tu as aimé le quartier finalement ?

Ty : C’est un chouette quartier, situé entre un quartier très dur et deux beaux quartiers, donc il y a un peu tout le monde là bas.

Andy : Nous sommes juste à côté des studios Konk et il y a pas mal d’autres studios autour, c’est un lieu pour la musique.

Vous avez financé, enregistré et produit votre album vous-même, est ce parce que vous aviez des problèmes avec votre label ou est-ce un choix ?

Andy : (Rires) Ok, personne n’avait suggéré que ça pouvait être le cas ! Non en fait ils ne pouvaient pas vraiment le financer. Nous avions cet argent donc nous pensions « pourquoi devrions-nous vous laisser le contrôle et les droits quand nous pouvons le faire nous même ? ». Ca nous semblait logique.
De nos jours, c’est mieux d’être propriétaire de tout ce qu’on fait, les artistes on de plus en plus besoin de ça, à moins d’être un gros artiste pop, et qu’il y a besoin d’une promotion massive derrière. Nous voulons nous concentrer sur notre musique.

A la première écoute de l’album, j’ai été surprise par le ton beaucoup plus sombre que sur Fantastic Playroom .comment êtes-vous arrivés à cette nouvelle atmosphère ?

new-young-pony-club-9 Andy : C’était juste la façon dont nous nous sentions, je pense ?

Ty : Le monde traverse des temps plus sombres que lorsque nous réalisions notre premier album. A l’époque, les gens avaient de l’argent qu’ils dépensaient.maintenant, les gens sont plus pauvres. Et je pense qu’historiquement, les temps plus sombres apportent une musique plus sombre. Nous avons réagi à ça d’une part, mais également à ce qui se passait dans notre vie.

Andy : Il y a eu une sorte de descente après le premier album.

Ty : Oui, Fantastic Playroom était l’album du jeudi soir, The Optimist est celui du dimanche matin !

Andy : Nous avons beaucoup voyagé, nous avons eu vraiment de bons moments après le premier album. Nous avons tourné pendant plus de deux ans, et à la fin de notre dernier tour en Australie, nous étions épuisés et avions presque oublié comment créer. Nous y sommes revenus mais nous étions pas d’humeur à remettre ça, nous cherchions quelque chose de plus profond.

Ty : Cet album est également plus à propos de nous-mêmes, le premier était à propos de qui nous voulions être.

Andy : C’était un album pour s’évader, j’adore la musique pour faire la fête, ça permet de s’échapper de qui on est. Mais ce nouvel album ressemble beaucoup plus à ce que l’on peut écouter chez nous.

Le morceau The Optimist constitue un réel tournant dans l’album, vous souvenez-vous du moment de sa composition ?

Ty : Oui, je le pense aussi. C’est également un tournant dans le processus d’écriture, nous prenions des choses de plein d’endroits différents et essayions de les combiner, de trouver un fil qui aurait du sens. Quand ce titre est arrivé, nous nous sommes rendus compte que nous n’avions pas à nous inquiéter. C’est un peu effrayant de faire quelque chose de nouveau, mais à partir de là nous savions ce que nous faisions. C’était un vrai bon en avant, et nous sentions que notre créativité en tant que groupe se développait. C’est très important d’être satisfait en tant qu’artiste.

« Souvent, je ne sais même pas exactement sur quoi Ty écrit. »


Before The Light est le titre le plus mélancolique, quels territoires vouliez-vous explorer ?

new-young-pony-club-3 Ty : Dans les thèmes, nous voulions explorer des choses très positives comme d’autres très négatives. Before The Light est la plus sombre de l’album pour moi aussi, concernant les paroles, elle exprime un vrai désespoir. C’est ce je ressentais à ce moment, personnellement. C’est le point bas de l’album, mais bien que je me sois sentie comme ça, ce n’étais pas le cas d’ Andy . Il y a beaucoup de positif dans la musique, qui vient des guitares, le piano apporte de la lumière dans la pièce.

Andy : Souvent, je ne sais même pas exactement sur quoi Ty écrit.

Ty : Tant mieux d’ailleurs ! (Rires)

Andy : La plupart du temps, c’est à propos de moi de toute façon (Rires) ! Je me suis concentré sur la musique, pour tout assembler, mais ça ne veux pas dire que je ne prêtais pas attention aux paroles. C’est un peu comme sur le premier album au final, il y a des contrastes, c’est une fusion qui fonctionne.

Ty : Le premier album était certainement plus léger dans l’ensemble mais quand même, il était sombre.

Tu parlais du piano qui éclaire les morceaux, il semble qu’on entende également plus de basse sur cet album ?

Andy : Oui, on nous l’a déjà fait remarqué. La basse a toujours été un moteur lorsque nous écrivions, nous écoutons beaucoup de dance, de soul, du funk, de hip hop, des musiques rythmées. Je compose la plupart des morceaux à partir d’une ligne de basse.

Ty : Quand j’écris, je le fais aussi à partir d’une basse, c’est plus facile vu qu’il n’y a que quatre cordes. (Rires)

Andy : J’aime cette limitation d’ailleurs. Ca laisse plus d’espace.

Ty, tu laisse un peu de côté la fille sexy de Fantastic Playroom, comment se présente la « nouvelle » Ty ?

Ty : Je suis toujours assez sexy. (Rires) C’est différent. Je suis passée par une étrange période l’année dernière, et maintenant j’ai plus confiance en moi qu’à l’époque de Fantastic Playroom . Lorsqu’on écrivait cet album, j’étais secrétaire, je travaillais dans des agences de pub et des télés. C’était très différent d’aujourd’hui, nous sommes des musiciens à temps plein. C’est une confiance en moi différente de celle que j’avais avant.

Vous vous considérez comme les outsiders de la scène new rave à laquelle on vous associait en Angleterre. Vous vous sentiez coincés dans cette image ?

new-young-pony-club-6 Andy : Un peu, oui. Nous nous sommes toujours sentis des outsiders. Nous n’avons jamais vraiment appartenu à une scène, ou fait partie de groupes appartenant à une scène particulière.

Ty : Nous aimons surtout être avec nos amis et notre famille.

Andy : Qu’on parle beaucoup de nous dans la presse de cette façon était un peu bizarre.

Ty : On se sentait mal à l’aise. Mais c’est aussi dû à la façon dont ça marche désormais : il y a tellement de groupes, si quelqu’un te remarque, tu te dis « okay, peut être que nous pouvons nous faire connaitre comme ça ».

Andy : C’est vrai que c’était dur de dire non, parce que c’était NME, de gros médias.En même temps, nous étions associés à des groupes que nous respectons vraiment, CSS et Klaxons .

Ty : Nous faisions quelque chose de nouveau et d’excitant, eux aussi, et nous sentions une fraternité en ce sens.

Andy : Oui d’ailleurs nous avons tourné avec eux et c’était super, même si musicalement nous nous sentions différents.

« Un groupe a une bonne chanson sur Myspace, et toute l’Angleterre devient folle.  »


Qu’est ce qui vous enthousiasme sur la scène anglaise en ce moment ?

Ty : En ce moment, il y a une explosion de différents mouvements, encore plus que quand nous avons émergé. Un groupe anglais a une bonne chanson sur Myspace, et toute l’Angleterre devient folle. Beaucoup des groupes que nous aimons n’ont qu’une ou deux chansons, c’est trop tôt pour en juger. Nous aimons par exemple Silver Columns et Hurts, un groupe que tout le monde a l’air d’aimer également. Mais bon, on verra dans six mois !

Andy : En ce moment, c’est surtout aux Etats-Unis qu’il y a beaucoup de groupes émergents intéressants. Il y a quelques années c’était le contraire, on avait plein de nouveaux groupes en Angleterre. Il y a Beach House, Yeasayer, Animal Collective bien sûr…beaucoup viennent de Brooklyn, d’autres de Baltimore, Portland.c’est très excitant.

A quand remonte votre dernier tour ?

Andy : C’était l’Australie.

Ty : Ca remonte à fin 2008, ensuite nous avons fait des soirées de DJ-ing, quelques concerts mais nous avons surtout enregistré l’album.

Vous avez hâte de démarrer cette nouvelle tournée en Angleterre ?

Ty : Oui, et ça va être vraiment différent avec le mix des deux albums.

Andy : La semaine dernière nous avons fait notre premier concert à Londres avec les nouveaux morceaux, mais également les anciens, et les gens nous ont dit après le concert que ça fonctionnait vraiment bien. Il y a du blanc et du noir, mais on retrouve toujours cette ligne directrice de ce que nous faisons, quoi que ce soit. Ce « Pony » quelque chose. Est-ce que je le dis ?

Ty : Non, ne le dis pas ! (Rires)

New Young Pony Club, The Optimist (Pias), sortie le 6 avril 2010.

Crédit photos : Philippe Abdou

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A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

1 commentaire

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  1. 1
    le Mardi 9 mars 2010
    CR a écrit :

    j’adore NYPC <3