« Never Stop », ou le contraire pour Babylon Circus

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Et de six pour Babylon Circus ! Quatre ans après la sortie de "La Belle Étoile", album de la discorde parmi son public, Babylon Circus récidive. En pire. "Never Stop", ou le contraire.

BC

La scène alternative disparaît, elle a pris un sérieux coup dans l’aile en 2012 avec les fins confirmées de groupes emblématiques tels que La Ruda, Marcel et son Orchestre ou encore La Phaze pour ne citer qu’eux… Pourtant, il reste encore des groupes qui brandissent bien haut cet étendard, fièrement, sans renier leur passé ou à vouloir s’entendre sur les ondes (citons Les Ogres de Barback, par l’exemple). Mais arrêtons de s’enfermer dans les insupportables « c’était mieux avant », acceptons l’évolution et la marche de la maturité. Mais avec certaines limites.

Il y eut un temps « où les rencontres éphémères se mêlent aux discussions philosophiques (…) où le marchand du sable vend du rêve » (1). Les cuivres rugissaient, un subtil mélange de ska et de reggae, teinté de rock, saturaient ce cocktail appelant à la fête et au mélange. Une griffe signée Babylon Circus, colorée et marquée au poil. Mais les choses changent : Ce Soir, « il fera jour », sur fond de paroles mielleuses à la sauce Tryo ou Boulevard des Airs, en entonnant des « sans toi je ne sais plus que je suis ».

Lorsqu’ils résistaient en chansons, on pouvait retrouver « du rakis, des loukoums, des tapas, des jus de fruits, des glaces partout, de la musique et du bruit » (2), mais les traces du temps, elles, s’effacent : Open Bar, insupportable, brouille nos sens, nos repères. Trop simpliste, pas assez perforant, on a du mal à retrouver cette « lueur d’espoir comme dans un poème » (3), on finirait même par croire que Babylon Circus, sur le coup, n’est que De Passage. Rock retenu pour cuivres renvoyés en second plan, la force des textes paraît, elle aussi, en bout de course : tenter sa chance à l’eau de rose, « juste une nuit de printemps pour la revoir danser » (Nuit de Printemps) ou en mode doux rêveur (Je Plane), elle semble loin l’époque où Babylon chantait « l’huile sur le feu, on jette l’huile sur le feu ! » (4).

Poussif, l’album ne semble en fait jamais décoller, s’enfermant dans des sonorités entendues et ré-entendues made in chanson française comme sur I Like You et ses « Dis moi madame, do you like me ? ». De quoi assommer l’auditoire encore éveillé.

Dans ces sentiers de la perdition, on pourra tenter de sauver trois morceaux : le premier, éponyme, Never Stop, marqué par des apports synthétiques et une petite ligne de basse sympatique… même si les paroles sont, encore, à désirer (« You’re never stop ! Pour toi courir, c’est comme une religion, non mais sérieux, tu déconnes »). Enfin un peu de finesse et d’évasion sur Demain Dehors, jolie histoire au fil des saisons imagée sur ceux qui sortent de prison, du maton au condamné, « demain dehors, demain de l’air, et alors ? Et après ? à quoi bon s’enfermer dehors ? ». Un sursaut d’orgueil dans un tableau bien triste, Babylon s’offre une dernière parade, taillée pour la scène, nommée Babylon Requiem. Enfin du rythme, enfin de l’agitation, enfin des cuivres suant, Babylon part prier toutes les bonnes causes qu’il a à défendre… c’est pas trop tôt.

Malheureusement ce ne sont pas ces quelques « sauvetages » qui vont gommer cette grosse déception. Entre les claviers pop, un teint plutôt rock et des cuivres à la limite du bannissement, on avait déjà senti le vent du changement sur « La Belle Etoile » (2011). Pourtant, ces briques posées du nouveau Babylon nous avaient agréablement surpris à l’époque, nous faisant pencher du coup du côté des « convaincus » de ce virage musical. Cet album renfermait une image de maturité musicale certes, mais en conservant finesse, douceur et morceaux bougrement entraînants.

Par contre, sur « Never Stop », il semblerait que Babylon Circus se soit perdu en chemin. On ne détecte aucune originalité d’un point de vue musical, Babylon nous ressortant les ingrédients de « La Belle Etoile » en plus rock et surtout plus lisse, d’une cruelle pauvreté qui se remarque autant dans les mélodies que les textes. Les 33 minutes de cet album semblent en effet bien longues…

Bref, l’album de trop pour Babylon Circus. Peut-être qu’il trouvera cependant un autre écho auprès du grand public, il semblerait bien que, musicalement, ils se rapprochent de la recette d’autres Tryo et Boulevard des Airs actuels.

(1) : paroles Au Marché des Illusions / (2) : paroles De la Musique et du Bruit / (3) : paroles La Caravane / (4) : paroles L’huile sur le Feu 

Clip « Never Stop »

  

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A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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