Nelson

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Rencontre avec Thomas et Greg du groupe Nelson, dont le premier album Revolving Doors sorti en novembre 2006 mixe un rock classieux à de délicieux synthétiseurs new wave…

« Revolving Doors » est sorti l’année dernière et a reçu un bon accueil des critiques, vous l’avez vécu comment ?

nelson3On était très content ! Ça nous met la pression parce qu’on a mis dans notre album ce qu’on a eu envie d’y mettre, on s’est investi à fond sans s’attendre forcément à des retours comme ça. C’est super flatteur mais il faut être capable de défendre l’album sur scène et d’être crédible vis-à-vis du public. La presse en France étant assez parisienne, il y a du copinage et il ne faut pas se planter ensuite sur scène et risquer de se prendre des tomates. Pour un groupe indé en France, la scène est importante, d’autant plus en chantant en anglais. Les radios sont verrouillées pour cause de quota, il y a peu de médias qui défendent la nouvelle scène rock. On commence à rentrer en playlist mais lentement, la scène reste le meilleur moyen de véhiculer de la musique et les gens qui lisent la presse, il faut qu’ils s’y retrouvent.

Chanter en anglais peut être un vrai frein en France ?

C’est un frein, même pour signer. Pas mal de majors sont réfractaires, peu de labels en France prennent le risque de prendre des groupes français qui chantent en anglais. Mais on est chez Diamondtraxx qui est super motivé et qui prend des risques. Ils ont pris les Hushpuppies, ça a bien marché et ils développent un beau catalogue.

Dès le début, vous aviez un son très electro ou était-il plus rock ?

Les claviers sont venus assez vite, sur la troisième ou quatrième chanson que l’on a composée. On a utilisé tout ce qu’on avait sous la main, dont les claviers. Au tout début on avait un son déjà froid mais plus électrique. Les claviers font partie de notre culture. On écoute tous des choses très différentes dont de l’électro. La deuxième étape s’est concrétisée entre le premier maxi et l’album, on a travaillé sur des boucles, des séquences et poussé le côté électronique. Et je crois qu’on ne va pas s’arrêter en si bon chemin.

Vous avez pas mal expérimenté sur scène, ça a été difficile de passer à l’enregistrement ?

C’est plus une fois qu’on a fait le cd qu’on s’est dit : Ah, il faut le faire sur scène et que ça reste cohérent par rapport au disque . Quand on est arrivé pour préparer l’album avec notre producteur, on a récupéré tout ce qu’on a pu trouver autour de nous, des claviers, des machines et on s’y est mis deux mois a fond. On s’est dit Bon là, on fait quoi ?, on a perdu du temps mais ça faisait partie du jeu et on voulait vraiment enrichir les arrangements. Le studio pour nous est un outil supplémentaire de production, c’est un instrument en plus.

On s’est rencontré en école d’ingénieur du son, du coup on sait comment appréhender le studio. En plus, on n’a jamais vraiment été très expérimental sur scène, on a toujours cadré avec la volonté de faire des chansons au format pop . Les gens disent Ah mais vos premiers concerts étaient quand même expérimentaux, je crois qu’en fait ils n’étaient juste pas carrés !

On assiste à un retour de groupes new wave et du krautorck, vous trouvez ça excitant ou remâché ?

nelson2Il y a un peu des deux, certains groupes sont intéressants et il y a des groupes qui ne sont que de pâles copies de groupes intéressants ! On aime beaucoup Interpol, mais Editors, la version anglaise, est vraiment moins marrante. On dit parfois que nous sommes les Interpol français ; c’est flatteur mais on ne voudrait pas faire partie des pâles copies. Il y a des groupes, notamment sur la scène new yorkaise comme TV On The Radio qui piochent pas mal dans le shoegaze, la new wave, les musiques noires mais ça sonne neuf. Ils font un grand brassage mais il en sort quelque chose d’original, c’est ça qui est intéressant.

Data a remixé « I say you can’t stop » dans une version plus pop, comment ça s’est passé ?

Il nous a contacté via une amie en commun et nous a proposé ça. On a été surpris au début mais c’est tellement rentre-dedans et efficace qu’on a été séduit par la démarche et la qualité. On a tous écouté des remix d’artistes, on aime le fait qu’un autre groupe se réapproprie une chanson, mais tu ne sais jamais à quoi t’attendre. Sur le maxi, on avait un remix de Rise and Fall, il était bien mais on préfère ce qu’a fait Data . C’est quelqu’un qui met sa vision sur ta musique et c’est super intéressant.

Solidays il y a quelques jours, s’était comment ?

La plus grosse scène du festival (et de notre vie), le jour de l’ouverture, on était très flatté. Et ça nous faisait plaisir d’y être pour défendre la cause. C’est bon enfant, chaleureux, le public a été très réceptif. On ne s’y attendait pas et on en ressort très content.

Les Vieilles Charrues ce soir, un autre challenge .?

On espère que ça va se passer de la même façon, on est très impatient,
Surtout qu’en étant déjà venu en tant que festivalier, on connait un peu l’ambiance ici.

L’actualité de la rentrée se dessine ?

On continue à tourner à la rentrée en France et à l’étranger, en Angleterre, Allemagne, Suisse, Espagne.pour défendre l’album là où c’est possible.
On pense aussi au deuxième, un titre est en chantier et on a très envie d’écrire. On s’y met dès qu’on a plus du temps, car en tournée ce n’est pas facile d’autant plus qu’on écrit tout à quatre. Un album devrait sortir en fin d’année prochaine .

Retrouvez Nelson le 29 août à Rock en Seine, et en tournée française à la rentrée.

Photos by Mathieu Zazzo

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Chronique Discordance: [Nelson - Revloving Doors->287]

Myspace: www.myspace.com/nelsonrock

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A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

2 commentaires

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  1. 1
    le Mercredi 8 août 2007
    Pascal a écrit :

    La presse en France étant assez parisienne, il y a du copinage et il ne faut pas se planter ensuite sur scène et risquer de se prendre des tomates.

    Alors là je ne vois absolument pas de qui ils veulent parler…..

    Et effectivement Diamontraxx est un excellent label..

  2. 2
    le Jeudi 30 août 2007
    parker a écrit :

    dimondtraxx est un super label, ils eveloppent aussi leurs artistes a l’international.
    d’ailleurs le nouvel album des hushpuppies sort bientot, je l’ai ecouter …c’est enorme

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