Ndidi’O

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Une voix. Un timbre. Une révélation : Ndidi'O . Sorti le 21 avril chez Naïve, le dernier album de la demoiselle, Move together, est une véritable mine aux douze pépites entre jazz, soul et blues.

3487038212_565aa17d0fAvec une instrumentation aussi riche que la liste longue comme le bras qui s’étale sur la ligne « membre du groupe » de son Myspace (pas moins de dix artistes pour s’occuper de la belle), l’album a vraiment de quoi décoiffer. Ballade sur une petite guitare sèche ambiance vieux blues ( He needs me ), solo de cuivre comme dans les meilleures jam sessions Her house is empty ), une voix rauque qui se veut câline, mais qui sait aussi rugir, et ces notes discrètes de percussions, tout est là pour nous accrocher durant les cinquante minutes presque trop courte de l’album.

Une jolie galette rouge et noire, aussi classe dans sa sobriété que son auteur, compositeur et interprète, et qui nous fournit en plus le livret des paroles. Car Ndidi’O a un sacré paquet de choses à dire, et elle n’y va pas avec le dos de la cuillère ! Mais pour bien cerner le personnage au sang aussi chaud que ses origines nigérianes et allemandes, le mieux est d’aller la voir en live. En concert au Duc des Lombards le 28 et 29 avril dernier, Ndidi’O n’a alors pas mis longtemps à faire se trémousser dans leurs confortables fauteuils de cuir son public de BoBo. Vu la taille de la scène ce n’est pas ce soir que l’on retrouvera l’équipe au complet, mais le noyau principal est là : guitariste, bassiste, batteur et la chanteuse qui jongle aussi entre la guitare et le tambourin.

Très vite un mot d’ordre s’impose : le contraste. Notre diva assume alors une robe noire au corsage froufrouté en même temps qu’un gros bonnet, et nous laisse entrevoir l’énorme tatouage qui lui recouvre le mollet lorsqu’elle joue du jeu de jambe sur ses talons aiguilles. Le batteur passe quant à lui des baguettes cinglantes aux doux frottements des ballets sur les cymbales, pendant que le guitariste laisse virevolter ses doigts sur les cordes métalliques pour nous surprendre par de longs couinements quelques secondes plus tard.

3486222045_68e86bbd5dIl s’avère enfaite complètement impossible de ne pas tomber sous le charme de la demoiselle, car même pour introduire ses chansons elle nous peaufine chaque anecdote avec son lot de petits clins d’oeil et de remarques sérieusement engagées. Qu’elle descende le président du Canada et son adoration pour Bush, ou les femmes vénales avec Wicked Lady, notre frêle rose n’hésite pas à sortir ses épines. Mais Ndidi’O parle aussi d’amour, elle nous raconte les hommes, les débuts idylliques, les rêves à deux. mais aussi les fins douloureuses noyées dans l’alcool.

Impeccablement réglé le show nous porte alors du début à la fin sur un nuage cotonneux traversé par des éclairs d’ondes magiques sorties du plus profond du coffre incroyable de la belle. Le public se retrouvera même à participer au choeur gospel de l’hymne « Move together », titre de l’album et véritable ligne de conduite de la chanteuse et de ce qu’elle partage.

Le rappel nous épargne d’ailleurs les règles toutes calculées du rite d’ applause obligatoires. Ndidi’O prend en effet à peine le temps de descendre de scène et de faire trois pas qu’elle remonte directement devant son public, exagérant espièglement le discours type « Oh thank you, really thank you very, very much ! You’re so nice! ».

La dernière chanson clos alors le show par la simplicité et en même temps les différents possibles que nous pouvons y entendre. C’est en effet « M ay be the last time I don’t know », déjà dernière chanson de l’album, qui est choisie par l’artiste pour nous laisser partir du Duc des lombards, en espérant dans ce « I don’t know » de pouvoir la revoir bientôt…

Crédits photo : Beorn Binaries pour www.ZikNation.com

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A propos de l'auteur

Image de : J'ai atterri à Paris à mes 18 ans pour ma licence en art du spectacle chorégraphique. La danse, ou plutôt les danses sont en effet ma passion, aussi bien dans la pratique que sous leur aspect théorique. J'aime observer, analyser, comparer et essayer de comprendre, mais étant danseuse et comédienne avant tout, je sais aussi qu'il n'y a aucune vérité de jugement au niveau de l'art, il n'y a que des points de vue. Je reviens juste d'une année sabbatique qui m'a conduit entre San Francisco et Los Angeles et je m'apprête donc à continuer mes études avec un master en études théâtrales (le but étant d'intégrer un master pro en journalisme culturel l'année prochaine).

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