Nada Surf : the teenage guide to popularity

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Nouveau spot préféré des parisiens, Paris Plage et ses palmiers accueillent cet été une multitude de concerts dans le cadre du Festival Fnac Indétendances. À cette occasion, nous nous sommes rendus à L’Hôtel de Ville, transformé momentanément en lieu de villégiature convivial.

Un festival a toujours cet inconvénient pénible d’écourter les setlist peu importe le statut musico-social des artistes. Au diable donc les conventions, les musiciens présents sont tous sur un même pied d’égalité. C’est naturellement que la soirée débute en toute féminité avec le groupe de heavy rock français déjanté Lafayette et sa magistrale chanteuse soul Nathalie (aka Lafayette), suivie par la folk puissante de la délicate et douce Nili Hadidah et son groupe Lilly Wood And The Prick. Un changement de plateau plus tard et c’est au tour de Tanja Frinta du groupe de pop folk Lonely Drifter Karen de prendre place face à un public de plus en plus nombreux. Un coup d’œil à l’horizon suffi pour se rendre compte à quel point ce rassemblement est déconcertant. Du Bazar de l’Hôtel de Ville jusqu’au bord de la Seine, on peut apercevoir une armada de fans et d’amateurs venus en masse pour partager, ressentir, admirer, chanter et vivre cette soirée. Paris Plage aurait-il subit une déportation involontaire sur la côte ouest ? A quelques petits détails géographiques près, le bonefire en moins, l’ambiance y est et c’est trépignant d’impatience que Daniel Lorca, Ira Elliot et Matthew Caws attendent le moment de monter sur scène. L’excitation est véritablement palpable. Il est près de 21h00 quand Nada Surf entre enfin en scène.

Plaçant d’entrée cette soirée sous le signe de la commémoration, le groupe entame son set avec placidité en lançant les premières notes du désabusé See These Bones. Poursuivant sur la même pente, arrive ensuite Weightless. Grâce à une subtile délicatesse, la magie opère instantanément et le public est, s’il ne l’était pas déjà, conquis. Quelques doses de légèreté plus tard, les membres du groupe ravivent un brin la foule avec les délectables Happy Kid et 80 Windows, extrait respectivement de leurs albums Let Go (sorti en 2002) et The Proximity Effects (sorti en 1998). Mais l’accalmie est de courte durée puisque l’accent est à présent mis sur leur excellent dernier opus If I Had A Hi-Fi, composé de reprises. Le parti pris est dès lors peu objectif mais a le mérite d’être partagé avec le public. Ainsi, Love Goes On, reprise de The Go-Between, séduit par son énergie et sa spontanéité. Ajoutez à cela l’excellence et la polyvalence musicale de Martin Wenk (membre de Calexico) en tant que trompettiste – souvent présent en tant que membre officieux – et vous obtenez la combinaison parfaite d’un morceau presque parfait !  Il suffira ensuite à Matthew d’entamer le riff d’Enjoy The Silence (reprise de Depeche Mode) pour que la foule sautille et chantonne à l’unisson. Fier des talents de l’anti -médiatique Bill Fox, le groupe en profite pour donner en live un second souffle, une nouvelle vie, un renouveau nécessaire et essentiel à son surprenant titre Electrocution.

Le coup de grâce est par la suite asséné par trois fois. Inutile de sonner le glas, nous parlons ici des trois morceaux phares du groupe. C’est ainsi que l’hymne officiel et tube numéro un des fans, Popular,  résonne et transperce l’assemblée. Premier single du groupe, extrait de leur premier album High/Low sorti en 1996, il est l’ancêtre, l’hymne du commencement, celui de la popularité et de la reconnaissance. La voix atypique et claire de Matthew ainsi que son phrasé acerbe et puissant a gardé sa fraicheur, les lignes de basse de Daniel sont toujours aussi aiguisées, presque suppliciées, et le frappé d’Ira est plus assuré et explosif encore. Tous sont à la limite de la frénésie. Arrive ensuite Always Love, leitmotiv éloquent et révélateur émotionnel. L’assemblée est touchée, les esprits sont à des milliers de kilomètres, comme transportés. Mais c’est avec l’aide du non conventionnel Blankest Year et de ses innombrables « Fuck It ! » que le public redescend sur Terre afin de chanter en cœur ces paroles peu orthodoxes et apprécier ces derniers instants de frugalité. Meilleure fin de setlist possible et imaginable, les prosélytes sont aux anges, les néophytes abasourdis et tout le monde est ravi.

La place de l’Hôtel de Ville, à bout de souffle,  s’éclaircit à mesure que la foule se retire. Désertée, il ne lui reste plus que ses inoubliables souvenirs et ondes bienfaisantes déversées par les vagues de power rock du groupe. Nada Surf aura assuré le voyage à de maintes reprises ce mois-ci, entre deux dates consécutives à la Maroquinerie et un concert mémorable pour les Indétendances. En attendant l’enregistrement de leur prochain album cet hiver, les batteries sont rechargées et il ne reste plus qu’à garder ces précieux instants en mémoire. Nada Surf a été, est et restera l’hymne d’une génération, l’emblème d’une sincérité, d’un partage immense et tout comme le phénix ils ont su renaître de leurs cendres. Tels de véritables magiciens, ils incarnent le charme à la française tout en conservant cette vitalité typique du rock à l’américaine.

Crédits photo : Nicolas Brunet

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Le site de Nada Surf : http://www.nadasurf.com/

Le site du festival : http://www.fnacindetendances.fr/

A propos de l'auteur

Image de : Mes passions ont toujours été dévorantes et poussées à leur paroxysme. Les mots sont un exutoire idéal et mon admiration est totale envers des écrivains tels que Robert Heinlein, Hubert Selby Jr., Bret Easton Ellis, Franz Kafka ou encore Albert Camus. http://www.tasteyourmusic.wordpress.com

2 commentaires

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  1. 1
    le Mardi 3 août 2010
    Lucie Effexor Basuyaux a écrit :

    une belle review parfaitement rédigée faisant vivre le concert aux malheureuses comme moi qui n’ont pas pu y assister!
    merci chère Cindy !

  2. 2
    le Mardi 3 août 2010
    isatagada a écrit :

    Ohhhhhhhhh et les autres ? 3 lignes ?!! Dommage, le festival c’est avant tout l’occasion de découvrir des artistes en devenir …
    Enfin, merci pour Nada Surf.

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