Nada Surf – Mulhouse

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Avoir un titre qui passe en boucle sur toutes les ondes de France et de Navarre, cela aide quand même pas mal à remplir une salle de concert. Juste retour des choses pour ce groupe qui n'aura eu de cesse de prouver tout au long de cette dernière décennie, qu'il était bien plus que l'une de ces énièmes étoiles filantes du rock.

Popular il y a dix ans et Always Love aujourd’hui… Deux singles en puissance. Deux hits taillés sur mesures pour taquiner les cimes des classements. Entre ces deux chansons: 4 albums, des centaines de dates, quelques changements de labels et malgré tout un enthousiasme sans faille et une intégrité exemplaire.

nada_1Car après l’énorme succès d’ High Low (1996), leur premier album, tout aurait pu s’arrêter. Virés de sa maison de disque de l’époque, pour avoir refuser d’aller ré-enregistrer une version plus commerciale de Proximity Effect (2000), le groupe, refusant tout compromis, a bien failli en rester là. C’est au terme d’une longue bataille juridique que Nada Surf a pour ainsi dire ressuscité, avec la sortie de Let go en 2002. Une album plus que providentiel qui leur aura permis de renouer avec le succès, notamment outre-Atlantique.

Un retour en grâce qui n’a fait que se confirmer avec The Weight is a gift (2005), synthèse parfaite de toutes les influences du groupe, entre pop lumineuse et fulgurances rock, à la croisée des Pixies et de Weezer . Loin de révolutionner le genre, cet album s’inscrit dans la continuité: mélodies imparables et arrangements soignés pour des titres résolument optimistes.

Et à en juger par le taux de remplissage du Noumatrouff de Mulhouse, la recette fait se déplacer les foules. Surtout qu’entre Nada Surf et la France, il y a toujours eu un truc un peu spécial auquel la parfaite maîtrise du français de Daniel (basse) et de Mathew (guitare), n’est sans doute pas étrangère.

À notre arrivée, la première partie est déjà bien entamée. La salle est bondée et le public des premiers rangs prête une oreille plutôt attentive à la prestation d’ Inara George . En formation réduite et accompagnée d’un simple synthé, Inara enveloppe la salle de sa voix chaude et sensuelle, s’assurant ainsi les bonnes grâces d’une assistance visiblement sous le charme. Un peu trop dépouillé pour moi cependant…

Dès l’entrée en scène du groupe, ce sont les premiers accords de Popular qui se font entendre, et cela à la surprise générale, il faut bien l’avouer. Comme pour évacuer un fardeau qui deviendrait trop lourd à porter, comme pour ne pas baser un set uniquement sur l’attente d’un seul et unique tube, le morceau est expédié dès l’ouverture et sera suivi d’un enchaînement direct sur Hi Speed Soul . C’est donc parti pour près de 2h00 de show avec en plat principal une grosse part de titres issus des deux derniers albums.

nada_2Sur la prestation en elle même, rien à redire. Nada Surf est ici en terrain conquis et ce sera l’occasion pour une partie des filles de l’assistance de passer le concert entier le mode karaoké enclenché. Les moments rock alterneront avec les ballades pop, le tout dans une ambiance chaleureuse servie par un groupe humble et extrêmement proche de son public. Si Mathews passera son temps à blaguer entre les chansons, Daniel quant à lui, n’aura de cesse de s’allumer cigarettes sur cigarettes ne s’interrompant que pour donner de la voix sur des titres tels que Pour ça ou Ice Box .

Au rayon des surprises, signalons au passage une très belle version de There is a light that never goes out des Smiths ainsi qu’un petit clin d’oeil appuyé à Joy Division sur Stalemate . Mais le clou de la soirée restera la demande en mariage que fera un jeune homme du public à sa dulcinée sous le regard attendri des membres du groupe et des 800 personnes présentes. Un grand moment de rock’n roll….

C’est d’ailleurs sur le oui de la future mariée et sur les derniers accords d’ Hyperspace que s’achèvera le set. Même si l’on peut regretter que l’énergie des débuts soit bel et bien rangée aux rayons des souvenirs, Nada Surf semble avoir trouver ici son propre équilibre en privilégiant l’émotion à la saturation. Un concert qui sans être d’une rare violence, restera comme une excellente soirée passée avec un groupe aussi intemporel qu’attachant.

Hey, you good ones….

Un grand merci à Cedrick de V2.

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Image de : Fondateur de Discordance.

3 commentaires

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  1. 1
    le Jeudi 13 avril 2006
    kyra a écrit :

    WOW !! une demande en mariage dans un tel contexte, cela devait être émouvant …

  2. 2
    Pascal
    le Mardi 18 avril 2006
    Pascal a écrit :

    C’était très mignon effectivement. Par chance elle a dit oui…

  3. 3
    le Dimanche 11 juin 2006
    Paul a écrit :

    La forme d’exotisme du mot surf de (nada surf) se retrouve que moyennement dans la ville de Mulhouse, merci à toi Pascal pour ce petit sourire quand j’ai lu ton article.

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