Nada Surf – La force tranquille

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Groupe à tendances cyclothymiques, Nada Surf survit avec force et vigueur entre vagues de popularité et périodes de creux grâce à un perfectionnisme outrancier et un investissement personnel des plus totals.

Image de Nada Surf - If I Had a Hi-Fi Formé au début des années 90 par Matthew Caws (chant/guitare) et Daniel Lorca (basse/chant), ce n’est qu’en 1995 que l’ancien batteur de Fuzztones, Ira Elliot (batterie/chant), rejoint la formation. Projetés sous les feux de la rampe grâce à leur single Popular, issu de leur premier album High/Low en 1996, leur simplicité n’a d’égal que leur talent. Le temps file entre nos doigts et pourtant quinze années plus tard, ce trio bohème et insolite possède à son actif pas moins de cinq albums et un disque de reprises, If I Had A Hi-Fi, dans les bacs depuis mai 2010.

À l’occasion de la tournée promotionnelle de leur dernier opus If I Had A Hi-Fi, nous avons eu l’immense chance de découvrir certaines de leurs reprises en live. Délivrant un show d’une pureté et d’une humilité rarement égalées, ils partageaient en avril dernier la scène du Trabendo aux côtés de l’incroyable Martin Wenk du groupe Calexico. La combinaison semblait idyllique, l’atmosphère des plus intimistes, et toutes les conditions étaient réunies pour partager un délicieux moment de frugalité. Transcendant le magistral Love And Anger de Kate Bush, l’émotion et les larmes en devenaient presque palpables. Exploit magistral, le groupe réussi à s’imposer sur l’illustre Enjoy The Silence (titre original de Depeche Mode, NDLR), devenu dès lors méconnaissable et d’une incroyable fraicheur. Reprendre une chanson du domaine de la légende est une chose, mais se l’approprier au point d’en oublier les talentueux et mythiques Dave Gahan, Andrew Fletcher et Martin L. Gore relevait quasiment du paranormal.

Il semblerait que leur créativité soit actuellement à son apogée et cet étrange virage artistique n’est qu’une nouvelle forme d’expression au travers des textes d’autrui. Sans hésitations aucunes, le groupe gagne en profondeur grâce à une authenticité et un talent singulier. Certaines reprises sont à couper le souffle et déconcertantes en tout point. Opus d’un éclectisme peu commun, chaque titre devient significatif et semble avoir été choisi avec soin, intelligence et respect du travail des artistes originaux. Élevé au rang de Pygmalion, Nada Surf révèle par le biais de ces reprises une ribambelle de groupes souvent méconnus tous unis par une même vitalité novatrice. C’est avec stupéfaction que des compositions étonnantes sont judicieusement mises en avant comme Electrocution de Bill Fox, ou encore l’entêtant Love Goes On, du groupe The Go-Between.

Rencontre en toute simplicité avec Ira Elliot et Daniel Lorca avec qui nous retraçons leur parcours, leurs vies et leurs façons très personnelles de tout prendre avec légèreté et honnêteté…

À propos de votre dernier album If I Had A Hi-Fi, était-il plus aisé de travailler sur des morceaux déjà composés par d’autres artistes ?

Image de Nada Surf Dan : Oui ! Je veux dire par là qu’à la base on voulait faire quelque chose de simple, rapide et efficace et qu’une fois qu’on en aurait fini on aurait pu avoir un petit peu de temps devant nous histoire de respirer pour pouvoir nous attaquer par la suite à notre sixième album. En fait, ça ne s’est pas vraiment passé comme ça ! (rires)

Ira : Ça n’a pas vraiment fonctionné comme on l’espérait. (rires) Prendre des décisions au niveau de la créativité n’est jamais une science exacte. Donc on est tous allés rechercher sur nos librairies personnelles les morceaux qui nous plaisaient le plus. Au final, on s’est retrouvés avec plus de 60 pistes ! (rires)

Dan : À vrai dire, on en avait plus d’une centaine ! (rires) Les choses étaient très claires dès les premières fois où l’on s’est rencontrés. Les mecs viennent à la maison, c’est là-bas que l’on joue en buvant quelques bières, puis on se met à écouter les morceaux des uns et des autres. C’est un peu comme si on se prenait pour des DJs en se disant « Hey ! Vas-y jette un œil sur ce morceau ! » tout en restant dans cette optique. Donc oui au final chacun d’entre nous a apporté ses morceaux favoris, mais dès le départ on savait que ça ne serait pas un album sur nos influences. Ce ne sont pas les douze titres les plus importants de tous les temps pour Nada Surf ! Il n’y a pas de morceaux cruciaux ou quoi que ce soit dans le genre !

Ça vous a pris combien de temps pour enregistrer ces reprises ?

Dan : Ça ne s’arrête jamais et c’est toujours le même process pour chacun de nos albums. On se dit à la base que ça va nous prendre trois semaines et malheureusement trois semaines plus tard on a pas vraiment fini, on prolonge donc la date limite, on rajoute de nouvelles sessions d’enregistrement… On a remixé le tout cinq fois, on a tout remastérisé trois fois et quant au design on l’a revu au moins une quinzaine de fois… (rires)

Pour If I Had A Hi-Fi, ça nous a pris quasiment autant de temps que lorsque l’on compose nos albums et ça nous est revenu vraiment très très cher… (rires) Donc au début on ne voulait pas vraiment faire une tournée spécifique pour cet album, mais on s’est tellement investis et on y a placé tellement d’argent… On s’est dit qu’on devrait peut-être faire une petite tournée avant d’avoir dilapidé notre fortune et d’être incapable de sortir notre prochain album ! (rires)

Pourquoi avez-vous décidé de faire un album de reprises ? J’entends par là que vous auriez pu y inclure certaines de vos nouvelles compos…

Ira : L’idée de base était de faire les deux. Au départ, le titre de l’album n’était pas If I Had A Hi-Fi, mais Covers, Ours And Others. Donc l’idée était de sélectionner quelques-uns de nos morceaux comme The Fox dans une version reggae ou dub (rires). Le résultat n’était pas vraiment au rendez-vous et il s’est avéré que le titre avait bien plus d’impact que le simple fait de reprendre nos propres morceaux. C’est beaucoup plus facile de bosser sur tes titres, c’est bien plus émotionnel et de manière générale ça serait assez dur de demander à Matthew de nous sortir douze à quinze pistes comme ça. Concernant If I Had A Hi-Fi, on revenait tout juste d’un an de tournée non-stop et on était vraiment crevés ! On pensait qu’utiliser le matériel et les bases d’autres artistes serait plus aisé parce qu’on s’imaginait que la seule chose qu’on aurait à faire serait de faire des choix basiques comme « On va le faire plus vite là et plus lentement ici. Un petit peu plus fort et un peu moins bruyant, etc. ». On n’était pas censés reprendre tout à zéro parce qu’écrire une nouvelle chanson en rapport avec ton expérience perso paraissait beaucoup plus simple au final !

Dan : Mais ce qui est vraiment intéressant c’est qu’on était tous d’accord sur un point : « Ne faisons pas ce sixième album maintenant ». (rires) Mais lors de la compo de cet album de reprises et tout ce qui l’entoure, j’ai vraiment eu l’impression que j’allais mourir de fatigue. (rires)

Ira : Non ça aurait pu être sympa, mais on avait vraiment besoin d’un break, car nous étions tous sur la réserve. Faire ce métier, voyager et jouer tout le temps, c’est vraiment très épuisant…

Oui c’est sûr que devoir répondre à toutes ces interviews ça doit être barbant (rires)

Image de Nada Surf Ira : Eh oui toutes ces interviews sont…. Oh mon Dieu je ne trouve pas les mots ! (rires)

Dan : Tout spécialement les interviews (rires)

Les artistes que vous avez repris viennent d’univers musicaux très différents ? Pourquoi avoir fait des choix si éclectiques ?

Ira : On avait vraiment envie de le faire par rapport aux choses qu’on aime. On aime pas mal de trucs un peu obscurs au niveau musical donc on trouvait ça relativement marrant de partager ça sur cet album. J’étais complètement obsédé à l’époque par le morceau Electrocution. Ça ressemble pas mal à une démo, un peu comme ce que produisent les groupes à leurs débuts avant d’être célèbres. Ça me faisait pas mal penser à notre propre parcours. La plupart des artistes que l’on a sélectionnés ont de petites chansons peu connues et c’est vraiment plus sympa de bosser sur ces types de morceaux. On a beaucoup plus de liberté ainsi. On a fait cet album dans le but de mettre notre touche perso sur ces titres et de faire en sorte qu’ils deviennent nôtres.

Dan : C’est pas con comme idée… (rires)

Ira : Non, mais une chose est sûre : avoir une liste est une chose, mais t’asseoir pendant des heures afin de choisir les morceaux les plus intéressants, les écouter et essayer de les jouer à ta sauce en est une autre. C’est à ce moment précis que tu prends conscience que ça va être très facile de bosser sur ce morceau et qu’un autre va vraiment représenter un challenge.

Visiblement, c’est toujours de cette manière que vous procédez que ce soit pour Lucky, If I Had A Hi-Fi ou The Weight Is A Gift…

Dan : On procède toujours de cette façon pour chacun de nos albums. Quand on a commencé à bosser sur Lucky ont avait en stock près de 36 chansons, mais bien malheureusement on ne peut en placer qu’une douzaine et ce sont elles qui se choisissent. Il y a des morceaux qui sont, si je puis dire ainsi, des battants. Ils ne veulent pas que tu les termines, ils ne veulent pas être enregistrés et tu peux tourner en rond comme un idiot avec tes morceaux pendant des années. Quand je repense à See these bones, c’est une chanson de 6 ans d’âge ! Je dois avoir près de 400 versions de See these bones sur mon PC. Je t’assure, je ne mens pas ! (rires) On a les versions acoustiques, avec les chœurs, les couplets différents, etc.

En définitive, vous auriez presque pu sortir un album spécial See these bones

Dan : Ouais bon en fait c’était une blague, mais tu vois les Japonais sont assez chiants avec ce genre de trucs ! (rires)

Ira : Enfoirés de japonais ! (rires)

Dan : Ils sont toujours en recherché d’exclusivité que ce soit au niveau des morceaux qu’au niveau des artworks etc. À partir de ce moment là, on est obligé de rechercher des morceaux exclusifs qui n’ont jamais été sortis ailleurs spécialement pour le Japon. D’ailleurs, c’était presque devenu une petite blague perso comme « Et à propos si on… »

Ira : … si on faisait un album à 100 $ ! (rires)

Dan : (rires) Un album à 100 $ avec nos 423 super versions de See these bones… (rires)

Ira : Avec un graphisme différent sur chacune des pochettes et quand tu l’étalerais sur le sol ça deviendrait une sorte d’énorme poster ou de puzzle géant ! (rires)

Donc pour vous reprendre et sans revenir sur l’épisode japonais (rires), à chaque fois que vous bossez sur un album vous avez des dizaines de compos et ensuite le choix se fait de lui-même…

Dan : Oui c’est exactement ça ! On a débuté exactement de la même façon pour cet album. On avait une liste interminable de titres, mais ce n’était pas vraiment le plus important et on a vraiment fonctionné à l’instinct. On a juste laissé passer l’énergie de chacun des morceaux et la sélection s’est faite naturellement. On n’a pas vraiment de ligne directrice quand on compose un album tous les trois. Quand on s’est attelés à The Weight Is A Gift on était persuadés qu’on allait faire un album super rock n’ roll un peu à la Queens Of The Stone Age parce que c’est un peu l’image que l’on avait de nous sur scène… (rires). Mais avec un peu de temps et de recul, on s’est aperçus que parmi les douze morceaux que l’on avait présélectionnés aucun n’était vraiment rock. Au final, l’album avait une toute autre signature.

Était-ce un choix perso et délibéré de votre part ou est-ce que vous avez suivi les conseils ou directives de vos producteurs ?

Dan : Non, ce sont les chansons qui dirigent la machine ! On n’a pas vraiment le choix, elles s’imposent d’elles-mêmes sur l’album pour lui donner un style bien défini. Il y a quelques personnes qui font des albums un peu conceptuels comme Benjamin Biolay

Ira : Au passage aucun producteur ou manager ne choisit quoi que ce soit pour notre musique ! On en a déjà bien bavé par le passé…

Dan : C’est vrai que ça a été relativement difficile. Mais ne nous étendons pas sur ces vieux sujets et revenons à Benjamin ! (rires) Donc il y a des artistes comme Benjamin Biolay qui aiment faire des albums conceptuels. Il voulait que le nouvel album de sa sœur (NDLR Coralie Clément) soit uniquement composé avec des instruments destinés aux enfants, des jouets, des trucs bizarres dans ce genre… (rires) Je pense, en parlant au nom de tous, qu’on n’a jamais envisagé notre musique sous cet angle. Au départ on n’a vraiment aucune idée de ce que ça va donner. On est juste plongés dans une sorte de brouillard dense et opaque et on attend juste de voir comment les choses vont tourner.

Ira : C’est un peu comme si tu emballais toutes tes affaires du jour au lendemain sans savoir où tu vas, que tu découvres un nouveau pays et que tu te rendes compte sur le tard où est-ce que tu as atterri ! (rires)

Revenons un instant sur votre reprise d’un des morceaux phares de Depeche Mode, Enjoy The Silence. Est-ce que ça a été plus compliqué de vous imposer et d’apposer votre marque sur un morceau tant connu et déjà repris de nombreuses fois par des groupes comme Lacuna Coil, Keane ou encore It Dies Today, pour ne mentionner que ceux-là…

Image de Nada Surf Dan : Je n’étais pas au courant de tout ça ! (rires) Je n’ai pas vraiment écouté les reprises de ce titre faites par d’autres artistes. Mince ! J’aurais peut-être du ! (rires)

Ira : Je crois que l’idée vient de Matthew parce qu’il venait à peine de l’entendre à la radio ! On s’était mis dans la tête de la jouer comme si on l’avait écrite nous-mêmes. C’était relativement complexe comme travail puisqu’une grande partie des cordes avaient déjà été remixées et transformées dans un style sombre et bizarre sur la version originale. Je ne sais plus qui est au synthé/piano, mais seul quelqu’un qui joue de ces instruments peut être capable de tels changements… Et pas forcément un guitariste… Et Matthew a eu cette sublime capacité et cet instinct extraordinaire de transformer de nouveau les cordes afin de s’approprier le morceau et de le faire sonner comme s’il était issu d’une compo de Nada Surf.

Dan : J’ai vraiment essayé de ne pas prêter attention à toutes ces autres reprises, ni même d’écouter la version originale. Je voulais juste jouer cette chanson avec Matthew et Ira, histoire de créer quelque chose de plus personnel sur le plan de la créativité. À partir de là, on a essayé de détourner les arrangements originaux en se disant au fond de nous « Allez ! On s’y colle! » et quand en plus de tout cela, tu as cette incroyable liberté de ne pas connaître un morceau, ça te permet d’extérioriser une sorte d’instinct créatif. C’est à ce moment-là que tu peux exprimer ton for intérieur parce que justement tu n’as pas de fil conducteur. C’est donc beaucoup plus compliqué pour moi quand on bosse sur des morceaux que je connais déjà…

Les morceaux ont souvent une sorte d’énergie particulière qui justifie leur présence sur un album au milieu d’autres chansons et il y a forcément une raison pour laquelle vous avez choisi certaines pistes et non d’autres…

Dan : C’est clair ! C’est impressionnant de s’apercevoir à quel point chaque morceau a sa propre raison d’exister, une sorte de « raison d’être » innée à certains morceaux qui s’imposent d’eux-mêmes. L’une des principales raisons pour laquelle ont a choisi des morceaux peu connus comme reprises, c’était parce que c’était une injustice insupportable pour nous que des chansons si magnifiques soient méconnues du public. C’est exactement comme ça que les choses se sont mises en place pour celle de Bill Fox. Si tu fais une recherche sur Google, tu ne trouveras rien sur ce type alors que tu peux trouver des infos sur ton voisin de palier. C’est vraiment n’importe quoi et c’est une injustice énorme. Je pense qu’il n’y a pas de raisons plus valables que celle-ci pour justifier que l’on a choisi tel ou tel morceau. Chaque morceau à sa petite histoire et le fait que l’on travaille dessus pour faire ressortir cette histoire c’est quelque chose de vraiment merveilleux.

Quelles sont vos principales sources d’inspiration lorsque vous composez ?

Ira : Je pense qu’on a chacun nos propres sources et influences dont on s’inspire. Pour moi c’est un peu comme un puzzle mystérieux, voire mystique… (rires) Je m’inspire beaucoup du jeu de certains batteurs dans le sens où je me dis : « Tiens ça serait pas mal si je faisais un truc dans ce style. Je suis sûr que je peux le faire aussi !« . Donc, je regarde à droite à gauche, puis je mixe le tout dans ma tête et je regarde ce que cela donne.

Daniel : Ce que j’essaie d’éviter au possible c’est que la musique ressemble à quelque chose qui existe déjà. Il n’y a rien de plus désagréable ! J’ai pas envie qu’on vienne me dire : « Tiens ça me fait penser aux Pixies ». J’adore ce qu’ils font bien entendu, mais je préfère quand notre musique sonne comme Nada Surf et il n’y a rien de plus gratifiant à être apprécié pour ce que tu as créé à la force de tes bras en quelque sorte… (rires)

On sait désormais que vous entretenez une relation particulière avec la France et son milieu artistique, est-ce pour cela que vous avez décidé de reprendre Bye Bye Beauté de Coralie Clément ?

Image de Nada Surf Ira : Non, c’est juste que c’est une artiste de talent qui ne passe pas inaperçu ! La plupart de ses compos sont des tubes. Mais l’une d’entre elles nous a vraiment marquées ! Si l’on voulait juste faire un tube ou un morceau correct, on avait qu’à se servir ! Mais sur cette mélodie on a vraiment ressenti quelque chose de particulier et on savait qu’on pourrait lui apporter ce petit plus. (rires)

Dan : On se penche pas mal sur la musique française, on adore ça ! Benjamin Biolay voulait que Coralie Clément s’oriente dans un style beaucoup plus rock. J’ai voulu lui donner un coup de main et ça a été la cause de pas mal de discordes amicales. (rires) Je lui disais « Si tu veux faire un album rock tu devrais t’entourer de musiciens différents. » Non pas que ses musiciens soient mauvais. Au contraire, ce sont des experts, mais le problème est justement à ce niveau. Ces mecs sont d’excellents joueurs de jazz ou de bossa nova, mais il leur manque cette spontanéité que tu retrouves chez des mecs de 20 ans, qui jouent à l’arrache et qui ont à peine de quoi se payer des cordes de rechange pour leur guitare… (rires)

Ira : Des mecs qui n’ont rien à perdre, un peu à la mode « NO FUTURE » ! (rires)

Dan : C’est exactement à ça que je pensais, et sur un morceau aussi formidable que celui-là, il fallait vraiment que l’on puisse amener les éléments primaires du rock afin de créer quelque chose de nouveau et d’indépendant.

Comment vous avez vécu l’enregistrement de ce morceau qui vous tient tant à cœur ?

Dan : C’était complètement frustrant ! (rires) Ce titre à ce truc spécial et typique des morceaux de Nick Cave And The Bad Seeds. Une sorte de tension incontrôlable qui ne cède à aucun moment. J’adore Nick Cave And The Bad Seeds, mais je préfère quand les choses explosent sinon ça m’agace. Pour ce titre de Coralie, je voulais vraiment casser cette tension insoutenable et que l’on puisse lâcher prise. Par la suite, on l’a testé et joué et on est relativement fiers du résultat. (rires) Les paroles de cette chanson me rendent limite parano ! Les histoires d’amour qui s’effondrent sont tellement universelles que j’avais l’impression que Coralie avait décrit tout au long de ce texte ma propre rupture avec untel… Cette chanson est dingue ! (rires)

En France, vous avez fait un carton à mi-parcours grâce à votre single Always Love et en particulier l’album The Weight Is A Gift. Ça a été comme un second souffle dans votre carrière, non ?

Dan : Je crois que ce morceau a vraiment très bien marché en France, non ? Sur notre petite planète Nada Surf, il y a toujours des tubes capables d’être les numéros un… (rires) Sinon on ne s’embêterait pas à les mettre sur nos disques ! (rires) Mais je pense que pour Always Love on aurait pu le catégoriser de hit numéro 2… (rires)

Ira : Non, on ne peux pas dire qu’il y ait des hits 1, 2, 3 ou je ne sais quoi d’autre. Je pense juste qu’il y a toute l’ancienne vague Nada Surf qui a émergé grâce à notre single Popular. Ce morceau a vraiment été un tremplin pour nous. Et d’un autre côté, on a eu le droit à une deuxième vague de popularité quand Always Love est sorti, et on a vraiment eu l’impression de passer un cap et dans un certain sens on était presque un second groupe.

Dan : Au-delà de tout cela, j’ai vraiment eu l’impression que jusqu’à cet album, on enregistrait presque toujours dans une sorte de bulle protectrice. Pour The Weight Is A Gift on s’en est vraiment servi comme d’un exutoire. Sérieusement, on n’avait aucun agent, ni de manager ou de label. Détaché de toutes ces contraintes, on était beaucoup plus libre de nos actes et surtout on n’avait aucun compte à rendre à qui que ce soit, excepté entre nous. Je pense que ça a vraiment été un déclic et depuis on bosse toujours de cette même façon. Lorsque Lucky est sorti, notre agenda était blindé. On avait presque plus le temps de vivre ou de respirer. Pour celui-ci, on avait vraiment zéro contrainte puisque ce n’est pas considéré comme un album de Nada Surf à part entière. Il n’y a pas de meilleure façon de faire de la musique. Tu vois, tu envisages, tu écoutes ton propre ressenti, tu laisses les choses se faire d’elles-mêmes et advienne que pourra ! (rires)

Crédits photo : Melchior Tiersen

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A propos de l'auteur

Image de : Mes passions ont toujours été dévorantes et poussées à leur paroxysme. Les mots sont un exutoire idéal et mon admiration est totale envers des écrivains tels que Robert Heinlein, Hubert Selby Jr., Bret Easton Ellis, Franz Kafka ou encore Albert Camus. http://www.tasteyourmusic.wordpress.com

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