Mystery Jets @ La Maroquinerie

par |
En voilà un groupe qui porte bien son nom ! Tout droits sortis de Twickenham dans la banlieue de Londres en Angleterre, le quatuor Mystery Jets fait office d'ovni de la pop.



Tout aussi discrets que talentueux, les quatre anglais sont parvenus en l’espace de trois albums à imposer leurs mélodies pop aux refrains entêtants, teintées de Mysynthés vintage et de rock expérimental, comme autant de tubes irrésistibles à fredonner sans modération. Pas étonnant donc de constater que le charme des Mystery Jets opère sur un large public, venu en masse applaudir le groupe sur scène. La Maroquinerie affiche quasi complet et c’est tant mieux !

Mais avant de traverser la Manche pour savourer la brit pop indé des Mystery Jets, on reste en Île de France au son de Dissonant Nation, power trio à l’énergie débordante qui aura su chauffer le public à coup de gimmicks dancefloor et de break noisy .Entre rock, noise et punk, avec 20 ans d’âge moyen au compteur, Dissonant Nation sait se faire entendre, sans fioritures mais avec beaucoup de talent.

Chose rare mais pas impossible : une première partie peut en cacher une autre. Le rock enragé de Dissonant Nation laisse place à la douce folk de Oh Othello. Un changement radical d’univers qui, au bout du compte, aura su convaincre le public pourtant dissipé au début du set du trio. Car quand on s’appelle Oh Othello, on a besoin de concentration et de calme pour jouer, et surtout chanter ses compositions. En effet, ce qui fait tout le charme du groupe, c’est qu’à la façon des Fleet Foxes, il nous offre une interprétation acoustique et a capella de ses titres. Tout repose sur la puissance et la justesse de la voix de Thos Henley , charismatique chanteur de la formation. Invité surprise de la soirée, Oh Othello nous aura offert une prestation envoûtante et généreuse.

Cette fois c’est la bonne ! Les prochains à entrer sur scène répondent au nom de Mystery Jets. Le quatuor prend place sur les notes de l’intro du morceau Alice Springs, extrait de leur dernier album Seteronin. Chacun s’installe à son poste : Kapil Trivedi à la batterie, Kai Fish à la basse, William Rees à la guitare et Blaine Harrison au chant. Ce dernier symbolise à lui seul la force du groupe. Atteint d’une maladie congénitale, le spina bifida qui l’oblige à se déplacer avec des béquilles, Blaine chante assis. Mais loin d’être un inconvénient, l’artiste a su tourner à son avantage ce combat qu’il mène au quotidien. Car c’est sans conteste de là qu’il tient toute l’intensité qui se dégage de sa voix. Une voix qui sait tantôt nous faire danser, tantôt nous émouvoir.

Le quatuor enchaîne avec Half in love with Elizabeth, tiré de Twenty One, le deuxième album du combo paru en 2008 avant d’interpréter le morceau éponyme du nouveau disque du groupe : Seretonin. Enthousiastes et généreux, les Mystery Jets prennent plaisir à jouer sur scène et parviennent à créer une réelle complicité avec le public. Telle une vague d’ondes positives, les notes de musique des Anglais emplissent la salle et agissent comme une remède contre la morosité. Flash a hungry smile, Two Doors Down ou Show me the light sont autant de pépites sur lesquelles la foule ne peut s’empêcher de se dandiner et de chantonner le sourire aux lèvres. Sans oublier le tubesque Young Love, que le groupe a enregistré en duo avec la chanteuse Laura Marling en 2008, repris en choeur par toute l’audience. Cependant, le quatuor sait aussi se faire plus mélancolique, notamment sur Melt ou le très émouvant Behind the bunhouse qui clôturera le set.

Mais pas question de s’arrêter là. Il est encore tôt et puis, il fait froid dehors ! Et oui, on en veut encore de cette bonne humeur communicative ! Oui, on veut faire le plein de cette brit pop bigrement bien foutue ! Et c’est qu’on y aura droit à notre rappel. Et pas des moindres en plus : Dreaming of another world pour commencer, puis Flakes et pour finir Lorna Doone et son intro à la fois lourde et lancinante.

Rassasiés, on peut alors rebrousser chemin en se disant que si la brit pop devait porter un nom, Mystery Jets lui irait rudement bien.

Crédits photo miniature : Xavier Soquet

Partager !

A propos de l'auteur

Image de : Fraîchement débarquée dans la vie active après des études de communication, j'assouvis ma passion pour la musique en jouant les apprenties journalistes et en écumant les salles de concerts parisiennes à la recherche de nouvelles sensations ! Et même si ma guitare commence à prendre la poussière, un jour j'arriverais peut-être moi aussi à faire quelques chose de mes dix doigts.

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Comments are closed.