Mylène Farmer – Point de suture

par Arno Mothra|
Swift écrivait avec authenticité : « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. » Ce nouvel album de Mylène Farmer ne manquera pas, devant la vocifération de quelques verrats nourris à la confiture pourrie, de confirmer à nouveau cette citation.

Bloc opératoire :

« Tous les points de suture du monde ne pourront nous recoudre » dit Pacino dans L’impasse.

myleneAnesthésie générale en prévision. Comme son nom l’indique, Point de suture annonce une phase, celle de la plaie soignée après l’opération. Soignée mais pas cicatrisée. Alors que l’excellent [Dégénération->644] (dans les bacs depuis le 18 août) laissait présager un disque froid et plutôt évasif quant aux paroles, ce septième album de la rouquine, très up tempo, électrochoc, s’avère d’une diversité délicieuse et sauvage. Avec un virage résolument électro moderne, tout en restant, fort heureusement, très Laurent Boutonnat (génie irremplaçable, quoi qu’on en dise, dont on attend également impatiemment la prochaine production cinématographique). Petite révélation d’introduction : Point de suture contient le plus beau titre que Mylène Farmer et Laurent Boutonnat aient écrit.

D’allégories en aphorismes, d’assonances sans dissonances, de désirs annexes, sexuels, sans zèle, sans complexe, les textes sont d’une rare finesse et intelligence, même si leur titre ne l’affirme, parfois, pas nécessairement ( Appelle mon numéro, C’est dans l’air ). Le nom de l’album exhale d’ailleurs toute sa prestance si l’on daigne un tant soit peu creuser entre les lignes : l’artiste n’aura jamais autant joué sur l’autodérision, subtile et cocasse, sur la poésie, sur l’éclectisme : sur tout ce à quoi on l’assimile bêtement, souvent avec une hargne rare.

Option chirurgicale : album au scalpel :

Dégénération : ouverture en rafale avec le premier single issu de Point de suture (ici en version longue), accessoirement numéro 1 des téléchargements légaux dès sa mise en ligne, et servi par un clip époustouflant, subversif, fort de ses allusions métaphoriques (une confusion des genres entre médecins et militaires nazis, entre malade [sujet d'étude] et entité divine). Un des meilleurs singles de Mylène Farmer, à l’antinomie du palliatif, qui n’est pas sans rappeler Sin de Nine Inch Nails . Ecoutez bien.

Appelle mon numéro : première découverte du nouveau cru. Avec un tel titre, l’auditeur pouvait s’attendre au pire, comme il en abonde sur les plus mauvaises radios généralistes. Il s’extasiera finalement du meilleur. Musicalement, Appelle mon numéro se rapproche de Dans les rues de Londres (en 2005), grâce à ses arrangements doux et planants, aux nappes de synthés, accentués par des guitares sèches et un riff électrique qui s’ancre rapidement dans la tête. Malgré cette rétrogradation, la (bonne) surprise est de taille : un texte écrit avec justesse et mæstria, par ses multiples jeux de mots et les assonances jouissives du deuxième couplet (une prouesse littéraire exemplaire, grande maîtrise du verbe, qualité stylistique énorme, tournant autour du pillow et de l’hallali [à la connotation sexuelle évidente]). Une extrême noirceur derrière le rideau : un appel à l’aide, un cri de claustration, Mylène is calling 2 : Allo oui c’est moi, tu n’es pas là ? Je me sens toute seule, je suis toute seule. Une plage douce, dans le style trip-hop envolé cher à Mylène, et dont les cinq minutes trente défilent beaucoup trop vite.

Je m’ennuie : retour aux sonorités électroniques pour un hit efficace, clair, et dance dont les arrangements font totalement abstraction du désenchantement paroxysmal des paroles (comme souvent chez l’artiste). Ode à l’oisiveté, à la désillusion. Virage musical bien opéré à travers ce titre moderne et entraînant, empreint de doute et de solitude profonde, nous renvoyant au bovarysme. Un futur single à n’en point douter.

Paradis inanimé : l’intro de Paradis inanimé nous met d’emblée dans le ton : Point de suture risque fort d’être le disque le plus riche et hypnotique de la charmante rouquine. Energique, frais et (très) mélodieux, ce titre renvoie à la période pop-rock de l’artiste. Paradis inanimé bénéficie d’un texte onirique (et derrière le masque, très nihiliste), noir, poétique, apparaissant presque tel un pied de nez à certaines langues de fiel enfermant la chanteuse dans quelques clichés risibles. Un magnifique voyage, Mémoires d’outre tombe, dont la dernière minute nous rappelle avec joie ce que Coldplay sait faire de meilleur.

Looking for my name : un peu de douceur pour cette cinquième piste, interprétée avec Moby . Sur une ambiance hypnotique et obscure, Looking for my name se différencie totalement de Slipping away / crier la vie (single en duo avec Mylène issu du Greatest hits de Moby, sorti en 2006) et de son potentiel club, se rapprochant plus de l’univers habituel de la rousse. Petite pépite synthétique et mélancolique principalement dans la langue de Shakespeare, qui passe en boucle, dans une optique moderne de l’album L’Autre. en 1991. Une véritable et remarquable collaboration artistique.

Point de suture : balade sombre typiquement Farmer / Boutonnat, aux claviers et pianos omniprésents, interprétée très sobrement, à la limite de la fêlure. Nouveau clin d’oeil à la pop gothique raffinée de 1991, avec à l’appui, plus d’aigus dans la voix. Les derniers souffles de la chanson se révèlent ni plus ni moins incroyablement beaux et ténébreux. Un des grands moments de l’album : bouleversant. Et sur les blessures, point de suture.

Réveiller le monde : parfaite transition entre les titres froids et électroniques, Réveiller le monde est à classer dans ces deux catégories. Le texte, empli de désillusion, suintant le lyrisme de Paul Celan, appelle à une tolérance plus soudée entre les hommes, et sonne comme un appel de Soi à un quelque retrait d’un monde ébréché, au stade irréversible de l’agonie. Un titre savoureux, très doux, aux vieux fantômes de Depeche Mode .

Sextonik : malgré de très bons couplets (vantant les mérites de quelques ustensiles utilisés en substituts.) sur lesquels la mélodie nous caresse gentiment les tympans, Sextonik, aux accents dance kitsch années 80, a du mal à convaincre sur un refrain très creux et vite irritant. On se demande même si ce morceau n’a pas été écrit pour (par ?) les adhérents du Club Med, ou ceux d’un cours d’aérobic salace, sous le soleil d’été. La petite déception de la galette.

C’est dans l’air : une TUERIE imparable comme on en attend rarement. Electro énergique à double tranchant, la lumière de C’est dans l’air (le titre le plus rapide du disque) irradie de sa dichotomie, et de ce qu’exhale en général Point de suture . Les couplets baignent dans une teinte similairement déstructurée de Dégénération, aux sons limités mais prenants, avant que le refrain ne vienne complètement métamorphoser le morceau sur une mélodie accrocheuse, monstrueusement efficace, impossible à se retirer du crâne après écoute. Le texte, aussi explicite qu’ambigu en vivant d’un champ lexical très pieux (« ange », « apôtre », « Seigneur », « cieux », « félonie »), nous montre pour la première fois, sans amphibologie, un nihilisme exacerbé de l’auteur : « On s’en fout, on nie tout, on finira au fond du trou. et moi je chante. » ( Mylène fan de Sindrome ?), renvoyant à quelques passages du Non-sens du devenir de Cioran, extrait de l’ouvrage Sur les cimes du désespoir : « Dans le silence de la contemplation résonne alors un son lugubre et insistant, comme un gong dans un univers défunt. Ce drame, seul le vit celui qui a dissocié existence et temps : fuyant la première, le voici écrasé par le second. Et il ressent l’avance du temps comme l’avance de la mort. » En seconde lecture, le texte de C’est dans l’air apparaît également comme un règlement de compte grinçant, paraphé de multiples métaphores. Evidemment, la bombe du CD, à laquelle il est difficile de ne pas espérer prochainement un clip vidéo.

Si j’avais au moins revu ton visage : malgré la force indéniable résonnant déjà tout au long de cet album (en évinçant Sextonik ), Mylène Farmer nous aura réservé un final époustouflant sur les deux derniers titres. N’ayons pas peur des mots : de par une musique douce et belle, une voix fragile, un texte sincère et désespéré (qui fait étrangement penser à la fin tragique d’ Eurydice et Orphée ), Si j’avais au moins revu ton visage s’affiche sans conteste comme la meilleure chanson de tout le répertoire de la chanteuse. Sensible, sobre, acoustique, poignant (on repense à Dernier sourire ), sur le fil du rasoir ; une pure merveille qui mériterait à elle seule l’achat de cet album unique. Magnifique conclusion, sur un très beau solo à la guitare.

Ave Maria (titre caché) : l’intérêt sur un titre fantôme, est de préserver l’effet de surprise à l’auditeur. Je vous laisse donc découvrir cette reprise, mystique, troublante, presque gênante.

Postcure sans placebo :

mylene3 Point de suture, véritable machine à tubes, hybride, polysémique, nous offre des titres efficaces, admirables, neufs, comble brillamment les attentes de l’auditeur (ou au-delà), amenant carrément à ce dernier un choc pendant l’écoute de plusieurs titres, surprenants, et sonne telle une synthèse de tout ce qu’a été Mylène Farmer, autant dans son art que dans ce que certains médias ont véhiculé de cliché sur elle. On notera également des arrangements extrêmement sobres sur la voix, mise en avant, et dont le chant maîtrisé à la perfection nous allèche quant aux prochains concerts de la belle, prévus en France à partir de mai 2009 (en juillet pour la Russie).

La pochette du disque, subtile et noire (noirceur assimilable uniquement à la majorité des textes de l’album, et non aux sonorités des compositions) alimentera sûrement son lot de spéculations : une poupée rousse – amochée au possible, et recousue jusqu’à la défiguration – en robe blanche est couchée à côté d’un pot d’appareils chirurgicaux, remplaçant ainsi la dame. Clin d’oeil à la marionnette de Sans contrefaçon en 1987, définitivement mise au placard, ou à une artiste trop souvent disséquée jusqu’au bain de sang ? Cela fait effectivement dix-sept ans (depuis L’Autre., troisième LP sorti en 1991) que certains médias annoncent, à chaque sortie d’album, une mort artistique imminente de la principale intéressée (on attend toujours d’ailleurs, soit dit au passage). Le livret est aussi la digne représentation de l’ambiance générale de l’album : une dissection de Mylène, complètement cabossée. C’est qu’elle s’en est pris dans les dents, la renarde ; mais malgré les coups incessants, elle reste(ra) en vie, coûte que coûte. Peu importe les menaces, la violence et les éclats volés. On pourrait comprendre également que même si devenant un débat d’étude, le sujet souhaite rester intègre, n’en déplaise aux loups dont les babines crachent de sang.

Un sublime tableau aux deux visages dichotomiques, qui eût très bien pu s’illustrer de Nature morte de Jean-Baptiste Oudry . Après Avant que l’ombre. à l’accueil dithyrambique dans la presse spécialisée (jusque dans Rolling Stone et Le Monde ), Mylène Farmer et Laurent Boutonnat enfoncent le clou. Point de suture : soin de rupture, point spectral. En bref, plus de guitares, d’électro, de rythmes up tempo, pour ce qui s’affirme comme un des (voire le) meilleurs albums d’une carrière exemplaire, atypique et inimitable. Le retour magistral d’une artiste en marge, imprévisible et troublante : qu’on le veuille ou non, Mylène, c’est dans l’air, et l’intoxication n’est toujours pas au programme. Tout simplement et modestement, merci.

Côté news fraîches, découvrez la PREMIERE page web officielle de Mylène Farmer, Lonely Lisa s’ennuie . dès septembre 2008. En attendant l’ouverture du site, un film d’animation (réalisé avec les dessins de l’artiste) nous est proposé sur htpp://www.lonelylisa.com. A travers la mise en avant de ce projet, la chanteuse poursuit l’histoire de la petite Lisa, personnage principal de Lisa, Loup et le conteur, premier livre de Mylène paru en 2003 aux Editions Anne Carrière, gros succès en librairies (épuisé quelques semaines après sa parution). Au programme pour septembre : pour la promotion de ce site, on peut allègrement attendre Je m’ennuie en single, dont le clip devrait être la suite de C’est une belle journée (2001). Le même mois sortira chez les disquaires Drôle de Creepie en cd 2 titres, interprété par Lisa (décidément), la nièce de la rouquine. Signée Mylène Farmer et Laurent Boutonnat, cette chanson noire et terriblement mignonne est la bande originale de la série du même nom (un mélange de Beetlejuice et de Daria ), mettant en scène la jeune Creepie, orpheline goth-punk-manga, ayant grandi auprès de ses seuls amis : les insectes. Aussi, Mylène incarnera le personnage féminin principal du film L’ombre des autres, inspiré du livre éponyme de Nathalie Reims, prévu au cinéma en 2010. Actualité chargée pour la rousse, au meilleur de sa forme !

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Mylène Farmer, Point de suture, 10 titres (+1 caché), Stuffed Monkey .
Dans les bacs depuis le 25 août, et disponible en téléchargement légal.

Site officiel: http://www.lonelylisa.com

32 commentaires

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  1. 1
    le Lundi 25 août 2008
    Dahlia a écrit :

    Swift écrivait avec authenticité : « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. »

    Gaffe avec cette phrase, il y a pas mal de types peu recommandables qui la reprennent à leur compte pour faire avaler n’importe quoi (j’ai même vu Sarkozy la redire dans je sais plus quelle émission).

    Pour que l’on puisse se rendre compte de la filiation que tu suggères entre Dégénération et Sin e Nine Inch Nails, je propose de laisser la vidéo de Sin juste ici:
    http://www.youtube.com/watch?v=vp5coij0–8

  2. 2
    le Lundi 25 août 2008
    Arno Mothra a écrit :

    Merci pour ton lien.

    Quant à l’allusion politique, je me saurai gré de ne pas me perdre dans sa mauvaise haleine… ;)

    Rectification pour les paroles de « c’est dans l’air »: Mylène Farmer chante « on s’en fout, on EST tout… ».

    Album entre les mains : magnifique !

  3. 3
    le Mardi 26 août 2008
    Bulrog a écrit :

    Merci pour cette critique travaillée de cet album.
    Je pense que c’est le seul article valant la peine d’être lu que j’ai trouvé à ce jour.

    Pourquoi aucun journaliste de ces sois disant media n’est capable d’un minimum de travail comme tu le fais si bien.

    Que les critiques soient positives ou négatives, elles sont toujours tellement baclées et ressemblent à de vulgaires « copié collé ».

    J’espère lire un autre artcile de toi le plus vite possible.

  4. 4
    le Mardi 26 août 2008
    Fabienne a écrit :

    Il n’y a pas que Mylène qui sait écrire. J’aime te lire.
    Ce que tu écris à propos de Sextonik, je le pense mot pour mot au sujet de Je m’ennuie. « Mais pour le reste… » !!!

    Elle nous revient d’une opération gigantesque, j’ai l’impression de la sentir dans la salle de réveil de sa vie. Ce qui fait que sa poésie est toujours plus précise, je dirais exquise, qualificatif que l’on utilise pour décrire une douleur très forte et localisée en un point très précis.
    Sa plume me troue encore plus le luc que dans ses albums précédents. Merci à la lumière de lui avoir fait digérer une partie de ses blessures. Elle en sort plus épanouie, et, de façon fichtrement impossible, plus belle !
    Intérieurement ou extérieurement, sa beauté va encore faire tourner au vinaigre bon nombre de frustrés… Amis de l’ulcère, bonjour.
    Merci à celles et ceux qui méritent d’être lu(e)s. Biz

  5. 5
    le Mardi 26 août 2008
    Pascal a écrit :

    J’ai vraiment essayé de trouver quelques similitudes entre Sin et Dégénération, mais là je ne vois vraiment pas. Désolé. I tried up, I gave up ;o)

    J’en profite également pour donner un lien vers une verion de Sin que j’adore tout particulièrement (Woodstock 94) http://fr.youtube.com/watch?v=XtDgyyOomK8

  6. 6
    le Mardi 26 août 2008
    Dahlia a écrit :

    @Pascal: ce concert de Woodstock raaah *mini-orgasme*

  7. 7
    le Mercredi 27 août 2008
    Tara a écrit :

    Merci infiniment,cet article est certes assez élogieux mais surtout très profond,très réaliste,très en accord avec le ressenti que l’on peut en avoir,même pour un non fan!!j’avoue j’aime aussi sextonik mais qu’importe!!je suis ok avec tout ce qui s’est dit ici :-)

  8. 8
    le Mercredi 27 août 2008
    Arno Mothra a écrit :

    Fabienne, Tara et Bulrog, merci beaucoup ! D’ailleurs je retiens « amis de l’ulcère » ;)

    Et merci Pascal pour « sin »… qui est déjà un de mes titres préférés de NIN, alors en live… énorme ! Quant à la similitude entre ce titre et « Dégénération », je la trouve flagrante pour ma part, et n’ai pas abusé de quelques hallucinogènes :) )

    Ca ne m’étonne pas trop non plus dans le sens où Laurent Boutonnat avait samplé un titre du premier album de NIN en 1991.

    Au moins les commentaires feront connaitre « Sin » aux novices, c’est déjà pas mal :) )

  9. 9
    le Mercredi 27 août 2008
    Nicolas a écrit :

    Je suis avec passion toutes les critiques que vous faites de mon idole et je suis ravi de voir enfin un critique avec plus de deux mots de vocabulaires, plus d’un argument construit et une finesse d’esprit, une culture musicale et littéraire qui ne s’étalent toutefois pas avec pédanterie. Je tiens à vous féliciter pour le travail que vous faites et je pense exactement la même chose de cet album, si ce n’est que j’aime beaucoup « Sextonik » (mdr). Je vois cet exceptionnel album encore autrement grâce à vous. Merci mille fois.

  10. 10
    le Jeudi 28 août 2008
    coco_des_bois a écrit :

    MUAHAHA !!!
    Ce qu’il faut pas lire … j’adore, grande poilade quand même :)

    « Laurent Boutonnat (génie irremplaçable, quoi qu’on en dise, dont on attend également impatiemment la prochaine production cinématographique) »

    Non, sérieux … quelqu’un attend un film de Boutonnat ? Non parce que à ce compte, certains attendent également le nouveau film de BHL :) ) Je laisse l’auteur se pencher sur la mesure toute fanatique des qualificatifs « génie irremplaçable »…

    Non, sans rire, on peut aimer cet album sans verser dans le gros n’importe quoi… et même si on aime sa voix et ses textes, certes agréables, il faut rester sur terre : la majorité des gens se contre-foutent de l’album de mylène farmer, et le dixième de la moitié des cons ne s’en balancent pas moins.

    Personne ne se ligue, mais plus l’icône est grande, et plus il y a d’avis à donner, alors laissons cet album être aussi bien « mauvais » que « génial », l’accumulation de mots pour décrire ce que tu aimes dans cet album ne vaut pas démonstration.
    Bref, moi je le trouve médiocre, mais je dois faire partie des cons :) )
    ARF

  11. 11
    le Jeudi 28 août 2008
    Nicolas a écrit :

    On est intelligent lorsqu’on argumente, déjà, quel que soit son avis. C’est ce que fait Arno Mothra ici, au lieu de dire simplement « Je le trouve génial » ou « Je le trouve médiocre » et de rire au nez des gens… Mais bon, puisque tout le monde s’en fiche tellement, je ne vois pas ce que ceux qui s’en fichent viennent faire ici :)

  12. 12
    le Vendredi 29 août 2008
    Seb a écrit :

    Merci, très bon article, bien pensé et bien référencé. Décidément, Mylène nous envoie sur des pistes jamais explorées, puisque c’est la première fois que j’écoute du Nine Inch Nails, groupe dont j’avais déjà entendu parler, mais qui n’vait pas retenu mon intérêt plus que ça.
    Si je puis faire part de ma lecture de l’album, j’y ai vu un nombre important de références au lit, à la chambre (draps, pillow, lit,…) tout au long des chansons. Et je me demande encore ce qu’elle veut nous faire passer comme message…

  13. 13
    le Vendredi 29 août 2008
    lasylphe a écrit :

    J’aime beaucoup ton point de vue car il ouvre des perspectives que je n’arrive pas à voir… L’album me déçoit beaucoup, c’est très subjectif dans la mesure ou j’ai pas encore fait le deuil de avant que l’ombre… Pour un duo j’attendais quelque chose de plus ambitieux, mon rêve serait un duo mylène / dave gahan de depêche moche: se serait somptueux … Juste somptueux…

  14. 14
    le Vendredi 29 août 2008
    Anonyme a écrit :

    dépêche MOCHE :D

  15. 15
    le Lundi 1 septembre 2008
    Sadam Hussein Obama a écrit :

    Avec cet article, le site vient de perdre toute crédibilité musicale…

  16. 16
    le Lundi 1 septembre 2008
    Arno Mothra a écrit :

    Hé bien va ailleurs et fais pas chier; avec un tel pseudo, ton message est dépourvu de toute crédibilité (en tout).

    Bref, casse-toi. Lorsqu’on n’est pas fichu de développer un tant soit peu, on se la boucle et on reste à patauger dans la fange de son bac à sable.

    En plus, il faut être con pour assimiler tous les rédacteurs à un article qui ne concerne que moi;

    il faut être con pour assimiler tous les artistes / groupes chroniqués à un article;

    il faut être con pour lâcher un commentaire minable comme on éructe furtivement avant de foutre le camp.

    Alors ton avis, tu sais où je me le gare. Quoique, ça sent la fange; tu « lis » les Inrocks ? Sur ce…

  17. 17
    le Lundi 1 septembre 2008
    Ren a écrit :

    Moi je vote pour l’assimilation avec Swift!

    Un bien bel article, peut-être trop zélé par moments mais qui, pour peine qu’on ne se décourage pas devant l’intimidant bloc de lettres qui nous est présenté, donne franchement envie de se remettre (dans mon cas) à Mylène Farmer.

    Je salue la démarche, autant que le bon vieux troll d’Obama :o )

  18. 18
    Stedim
    le Lundi 1 septembre 2008
    Stedim a écrit :
  19. 19
    le Lundi 1 septembre 2008
    Arno_Mothra a écrit :

    J’en étais certain…

    Gaudin-Bridet était à la base inclus dans cette chronique. Il n’a jamais reçu de menaces.

    Ce type s’acharne sur Farmer et son public depuis 5 ans, en colportant calomnie sur calomnie afin de nuire à l’image de tout le monde.

    Pourquoi ?

    Parce que Gaudin-Bridet était fondateur du fan-club non officiel de Mylène Farmer, qu’il a fermé après déception sur l’artiste.

    Triste éloge du fanatisme.

    … Pitoyable.

  20. 20
    le Lundi 1 septembre 2008
    Arno_Mothra a écrit :

    Et des moutons crédules croient à la connerie. Tout l’effet désiré.

    Quand ma voisine qui n’aime pas Farmer arrive, en général je la fais bouillir dans un chaudron. A chacun son cliché.

    En attendant, Gaudin-Bridet oeuvre pour Téléstar, et tous les magazines à pucelles style « Hit club » ou je ne sais quoi. Ca montre le niveau.

  21. 21
    le Lundi 1 septembre 2008
    Arno_Mothra a écrit :

    Mon dernier message ne voulait strictement rien dire… :) )

    Tout ça pour dire que les 53%, on y croit de plus en plus ! Suffit de raconter une connerie pour que tout le monde s’agenouille et gobe.

    Je trouve ça triste.

  22. 22
    le Lundi 1 septembre 2008
    Pascal a écrit :

    N’ayant jamais entendu parler de Gaudin-Bridet auparavant et ne connaissant l’oeuvre de Mylène que de façon extrêmement superficielle, s’il s’avère que certains ont pu proférer des menaces ou des intimidations quelconques à ce journaliste, aussi partial soit t-il, cela reste à mes yeux assez indéfendable.

  23. 23
    le Lundi 1 septembre 2008
    Pascal a écrit :

    Après quelques recherches sur Google, peut être un petit complément pas inintéressant: http://www.lepost.fr/article/2008/09/01/1255570_a-cause-d-une-critique-negative-sur-mylene-farmer-un-journaliste-est-menace-de-mort.html

    Affaire à suivre donc. Essayons juste de ne pas transformer ce forum-ci en pugilat ;o)

  24. 24
    Stedim
    le Mardi 2 septembre 2008
    Stedim a écrit :

    Tous ces « fans » d’un côté, tous ces « moutons crédules » de l’autre. C’est vrai qu’il y a une certaine tristesse dans tout ça. Mais j’ai comme l’impression que tout le monde a un peu non pas ce qu’il mérite mais ce qu’il souhaite.

    « Il n’est pas grave de se tromper pourvu qu’on se fourvoie avec ferveur » [Garcin]

  25. 25
    le Mardi 2 septembre 2008
    Arno_Mothra a écrit :

    Comment faire passer une quantité de gens pour des arriérés fanatiques ? Comment nuire à une artiste (en début de promo) ? Comment faire de la pub à Téléstar ?

    Réponse avec cet aficionados de Chantal Goya. Très bizarre qu’à chaque sortie d’album, ce mec invente un truc pour taper gratuitement.

    - En 2001, album « Les Mots » : les fans de Mylène Farmer sont des vaches à lait. Une polémique stérile relayée dans tous les médias d’ailleurs.

    - En 2005, album « Avant que l’ombre… » : Mylène Farmer est morte, ne vend plus un disque, et ne compte qu’un public déçu. Voici avec quoi il a souhaité saboter la promo de cet album. Depuis son article (dans Téléstar aussi d’ailleurs), chaque média a d’ailleurs repris le « bide monumental » de cet album, pourtant double platine.

    - En 2008, on connait l’histoire.

    Ceci s’appelle du fanatisme obsessionnel, voire de l’hystérie.

    Tu as raison, il faut rester courtois, ça me parait la moindre des choses, mais ce genre de manipulation de masse est grave.

    Et puis soyons honnetes : tout le monde reçoit des insultes, preuve en est avec moi, ou si mes souvenirs sont bons, sur plusieurs articles de kyra, par exemple. Jusqu’à preuve du contraire, nous n’avons pas commandé de poutres pour notre crucifixion… :) )

    Il y avait Marilyn Manson et Michael Jackson aux USA. En France, ce devra être Mylène Farmer, et surtout son public…

  26. 26
    le Mardi 2 septembre 2008
    Pascal a écrit :

    A partir de maintenent le forum est modéré. Seuls les messages apportant une réelle valeur ajoutée à l’article initial seront publiés.

    Don’t feed up the troll…
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Troll_(Internet_et_Usenet)

  27. 27
    le Mercredi 3 septembre 2008
    Dahlia a écrit :

    Hey Arno, tu sais que quand on tape « sextonik » sur youteub, on tombe directement sur ça?

    http://fr.youtube.com/watch?v=mFVQ25Ek6_g

  28. 28
    le Mercredi 3 septembre 2008
    Arno Mothra a écrit :

    Figure-toi que j’étais tombé sur le site de ce truc il y a un mois ! Drôle d’horreur :) ) Ceci dit… impossible à supporter plus de 20 secondes, c’est normal ?

    Merci Darcy pour l’analyse. J’avoue ne pas comprendre non plus comment on peut reprocher à un artiste d’être lui-même mais bon. Quoique cet album, de par un champ lexical varié mais précis, conte différents messages sur le tombeau du subconscient : la majorité des titres de « Point de suture » fait référence au lit (avec des assonances lorsqu’il n’est pas cité). Avec aussi ce qui s’y rapporte : la perte du temps, le rêve, les aiguilles de l’horloge. J’aime de plus en plus les textes à vrai dire, très ambigus pour certains.

  29. 29
    le Dimanche 19 juillet 2009
    Laurent38 a écrit :

    Merci également pout ce lien, je suis tmbé dessus au hazard de recherche sur le web. Quelle persespicacité dans les explications, c’est du tonnerre!!!

  30. 30
    le Mardi 2 septembre 2008
    Darcy a écrit :

    Lire ton article est troublant tant il semble de bon ton en ces temps hautains et branchouilles de cracher sur tout art populaire et fédérateur. Mylène Farmer en France est assurément la plus représentative d’un courant pop hors mode, entre underground discret, variété classe et hymnes efficaces. Mylène Farmer est finalement bien loin de la Madonna à laquelle on la compare bêtement (tout cela parce qu’elles ont en commun d’avoir un public gay très présent) : alors que la seconde surfe avec talent sur les modes musicales quitte à décrédibiliser chacun de ses albums en inondant les ondes avec les tubes du suivant, la Farmer explore son univers, fidèle à Boutonnat, s’appuyant sur des références de tout ordre (musicales, littéraires, cinématographiques, photographiques, etc) pour exprimer son ressenti.
    Certes mes amis amoureux de la Mûsiqueuh se foutent royalement de ma gueule quand je parle d’elle avec enthousiasme, ce qui est frustrant. Mais je suis un grand fan de Depeche Mode et de Nine Inch Nails, et la filiation que tu fais entre la rouquine et ces deux groupes me fait saliver.
    J’ai personnellement aimé « Point de suture », cousin version 2008 de « Ainsi soit Je… » et « L’Autre » avec en plus la pointe de légèreté, d’auto-dérision et d’humour typique de la Farmer des années 2000 (et que tous les critiques semblent avoir totalement et bizarrement omis). En faire une oeuvre majeure serait un poil exagéré tant la galette est avant tout taillée pour prendre vie sur scène. Mais des coups d’éclat tels que le froid et expérimental « Dégénération » (single injustement égratigné par… tout le monde !), « Si j’avais au moins… » ou « Looking For My Name » ne peuvent être décemment jetés aux oubliettes, si l’on a un tant soit peu de sensibilité mélodique à l’écoute d’un disque.
    Car si les Inrocks, pour ne pas les citer, s’extasient devant Justice, Yelle et Cocoon, dans le registre « ritournelles entraînantes et entêtantes », pas un seul des sus-cités ne peuvent se targuer d’avoir la rigueur et le péchon d’un Boutonnat. Quant aux textes de Farmer, définitivement plus épurés que dans la première décennie de sa carrière, il gagne en puissance et en énergie : Mylène a donc fini de se prendre pour Baudelaire, assume sa plume d’auteur de chanson, mais également sa voix fine et fragile, délicieusement imparfaite, ainsi que son statut d’icône pop.
    « Point de suture » est un CD efficace et tranchant, drôle et incroyablement sexy, chirurgical et bref: de la pop aux relents club, matinée de trance, de dance, de new wave et de rock mélodique. Pas de quoi détrôner les Beatles mais bien de quoi faire groover son voisin chevelu fan de Justice sur de la variété française…

  31. 31
    le Mardi 2 septembre 2008
    Darcy a écrit :

    Après m’être farci la plupart des critiques écrites (avec le cul, pardonnez l’expression) sur ce septième album, le principal défaut fait à celui-ci me semble injuste. Il est reproché à Mylène Farmer de faire du Mylène Farmer, sous-entendu « elle n’est pas caméléonesque comme Madonna » (encore elle).
    Depuis quand reproche-t-on a un artiste de faire toute sa carrière durant ce qui lui ressemble ? Reprocherait-on à un peintre d’avoir exploré son propre univers toute sa vie durant avec la même technique ? L’intérêt n’est-il pas le message que transmet la toile ? L’intérêt n’est-il pas l’émotion (adhésion ou rejet) ou la non émotion qu’il suscite ?
    La richesse d’une oeuvre se mesure-t-elle au panel de styles abordés, ce panel devant être le plus large possible, ou aux choses que l’artiste veut y exprimer (en gros ses ressentis, ses douleurs, ses bonheurs)? Pour rester dans le cadre de la musique, reprocherait-on à Renaud de faire aujourd’hui encore dans la chanson contestataire et populaire comme il y a 25 ans ? Non parce que son propos reste fort aujourd’hui encore.
    Reprocherait-on à Nine Inch Nails de continuer à faire du métal indus torturé et chaotique comme à ses débuts ? Non parce que c’est pour cela que l’on aime ce groupe. Explorer les différentes facettes de son propre univers à différentes époques de sa vie, ce qui ne signifie pas qu’il y a redite mais simplement réétude sous un autre angle de vue, n’est-il pas l’apanage de tout artiste voulant donner en pâture au public ce qu’il a en tête ?

    En gros, à force de considérer Mylène Farmer comme une Madonna française (ce dont elle ne s’est jamais targuée), la presse musicale souhaiterait la voir explorer un univers musical complètement différent à chaque album ainsi que le fait la Ciccone. Sauf que cette dernière est un cas à part et que, de surcroît, s’il y a une Madonna, il ne sert à rien d’en avoir une seconde.
    L’univers de Madonna est justement basé sur son personnage de caméléon. Mylène Farmer, elle, choisit délibérément de garder toujours le même compagnon de route (Boutonnat) pour rester musicalement et esthétiquement Mylène Farmer, ce double théâtralisé de Mylène Gautier.

    Où donc se situe le problème lorsque l’on dit d’elle qu’elle traite toujours des mêmes thèmes (mort, sexe, religion, amour passionné, solitude, ennui, rébellion face à l’uniformité)?

  32. 32
    le Jeudi 4 septembre 2008
    Darcy a écrit :

    Très juste Arno. De plus, on note dans toutes les chansons une allusion au mouvement à enclencher, à l’uniformité brisée, à l’endormissement général (ce qui rejoint la thématique du lit) : le coma sexy de « Dégénération », le pillow sensuel d’ »Appelle mon numéro », l’apathie « bovaryienne » (?) de « Je m’ennuie », l’Eden mortifère de « Paradis inanimé » (oui je manie l’art de la paraphrase !), l’île et les forêts secrètes de « Looking For My Name », la ritournelle des jours gris de « Point de suture », l’humanité endormie dans « Réveiller le monde », l’endorphine de « Sextonic », la bouffée d’air salvatrice de « C’est dans l’air », la lenteur du temps qui passe de « Si j’avais au moins… » et enfin l’ »Ave Maria » en lui-même qui sonne le glas si n’est pas appliquée la formule « Faut qu’ça bouge » qui ouvre l’album.
    Si on ajoute à ça l’attitude blasée de la poupée sur la couverture, et ce malgré ses plaies et ses ecchymoses, on peut bien penser que Mylène a voulu créer un album concept comme le fut « Innamoramento » mais de façon beaucoup plus ludique, dansante et beaucoup moins labyrinthique.

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