Myciaa – Twice-told Stories

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Myciaa (prononcer Maï-sya), c’est un duo qui pourrait être qualifié de... post-apocalyptico-punk-indus. Comprenez, exactement ce qu’il manquait au paysage musical de Limoges.

myciaa M.Y.C.I.A.A , une phrase en acrostiche, dont nous ne connaîtrons pas la signification.

Leur premier album, Twice-Told Stories, est fort d’un perfectionnisme à toute épreuve, qui va du graphisme de la pochette hyper léché (qui veut manger du poulpe ?) à la production soignée (qui mériterait quand même de plus gros moyens), en passant par un univers personnel hypra-développé.

Eva & Laurent, sortes de Bonnie & Clyde en un peu plus dark et en un peu plus extrêmes tout en restant à la fois très minimalistes.

Comprenez, exactement ce qu’on demande à un groupe pour être suffisamment piquant.

Festival Epipapu, La Châtre (36), 29 & 30 août 2008.

Sur une intro en images, générique de début au ton électrisant, le groupe fait son apparition. Et jusqu’à la fin, aucun répit ne sera accordé aux spectateurs. Aucune parole, presqu’aucun regard.

Appuyés par les vidéos projetées sur un écran en fond de scène, les titres sont sublimés dans leur violence, et prennent tout leur sens. Car Myciaa ça n’est pas (que) du bourrin. Ce sont aussi des textes lourds de sens, qui abordent des sujets aussi vastes et majeurs que la drogue ( Cocaine for Cowards ), l’avènement des machines ( Une Civilisation moderne ), le racisme ( Only a Dream ), et la grande distribution ( Our own Violence ), qui touche bien évidemment au culturel ( Death on the Radio ).

Autant de thèmes justifiant le montage vidéo qui nous est offert.

Images d’archive, textes, plans saccadés et stroboscope aveuglant, la vision est épileptique.

myciia_by_audrey_chanonat-2Elle, à la basse, hurlante, hallucinante et hallucinée, sort une rage folle d’on ne sait où, du haut de sa silhouette longiligne et de son attitude cyniquement stoïque.

Lui, la guitare valdinguant, la fureur punk dans les backing vocals. Un forcené discrètement fêlé qui se cale au plus près des beats.

Et les autres acteurs du set : les machines. Clavier poppy contre boîte à rythme technoïde, le clash est violent, encore plus sur scène que sur l’album. Et le fait que le duo s’attache à respecter ladite galette en concert n’a rien d’ennuyant.

12 petites bombes de moins de 4 minutes sont lâchées sur nous, depuis un ciel électrique.

12 petites bombes enchaînées sans aucun temps mort par des musiciens esclaves du rythme des machines, qui, une fois lancées ne s’arrêteront qu’à l’épuisement.

Le set est maîtrisé à la perfection, on est presque surpris par un tel brio après leur petit nombre de concerts. Le choc est réel.

Le moment venu, clash imminent, générique de fin fracassant. Le duo s’éclipse backstage, laissant les spectateurs assourdis, voire abasourdis.

Certainement l’un des meilleurs souvenirs de ce festival. Seul bémol, la qualité du son n’était pas au rendez-vous à Epipapu ce soir-là. Saturé sur la petite scène, il empêchait de profiter pleinement des morceaux, pourtant limpides sur l’album. Dommage.

Malgré tout, l’envie de les suivre de près n’est pas ternie. Parlons des news, d’ailleurs. Il semble qu’après une pause fin 2008 pour l’enregistrement du clip de Ask your neighbours what they think of electric chair, le duo repartira sur les routes en mars 2009. Notez-le sur vos agendas ! Et passez le mot.

Crédits photo: Audrey Chanonat

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Image de : Miss Cinéma de Discordance et chroniqueuse hétéroclite since 2005. [Blog] [Twitter]

3 commentaires

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  1. 1
    le Lundi 15 septembre 2008
    Arno_Mothra a écrit :

    En écoutant leurs deux morceaux sur myspace, excellente découverte ! Merci :)

  2. 2
    le Lundi 15 septembre 2008
    Lorenz a écrit :

    j’étais à l’epipapu aussi, tout a fait d’accord, à découvrir!!

  3. 3
    VIOLHAINE
    le Lundi 15 septembre 2008
    VIOLHAINE a écrit :

    @Arno: Ben non, merci à toi, merci pour eux ! Et n’oublie pas de passer le mot, hm?:)

    @Lorenz: Ha, tu fais donc partie des quelques personnes qui ne l’ont pas loupé ! Je t’invite vraiment à te procurer l’album, faut les soutenir, ils le méritent !

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