Mypollux

par Domino|
Mypollux, un doux nom qui évoque inévitablement l'enfance. On imagine quelque chose d'attachant. De rassurant même. On en est pas loin. Mypollux est, pour ceux qui ne le sauraient pas encore, un groupe que l'on pourrait qualifier de popcore/rock. Sortant actuellement leur troisième Album Dédales, une interview s'imposait pour vous faire découvrir ou redécouvrir cet excellent groupe. Et c'est Florent, le bassiste du groupe qui s'y colle.

Est-ce qu’il est possible pour les retardataires d’avoir une petite présentation du groupe?

polluxEn fait le groupe existe depuis 2001. Il y a eu quelques changements de line up, mais celui-ci est fixe depuis 2004. Nous venons juste de sortir notre troisième album et nous préparons la tournée qui se fera courant 2009. Même s’il est de plus en plus difficile de classifier la musique, on va dire qu’on se rapproche de la famille du Rock français. Durant ces années, nous avons eu la chance d’effectuer énormément de concerts et de croiser de très bons groupes. Nous avons beaucoup appris grâce à cela.

On va éviter les sempiternelles questions sur le nom du groupe pour parler directement de l’album. Pourquoi Dédales ? Un rapport avec les paroles ?

Nous essayons toujours de faire des albums ayant un concept, une ligne directrice donc naturellement le titre est en rapport avec les paroles… Il parle du labyrinthe qu’on a du traverser pour faire cet album, comme celui que chacun d’entre nous doit traverser pour aller au bout d’un projet. On peut aussi étendre ça à la vie en général car elle n’est facile et évidente pour personne, c’est aussi ça qui la rend intéressante.

Comment s’est passé le processus de composition de l’album ? Quelles étaient vos envies en le commençant, que ce soit au niveau des textes que des instrumentations et de la recherche sonore ?

C’est une bonne question, pour l’instant nous n’avions jamais senti le début d’un processus de composition. Pour le deuxième album, nous avions déjà des morceaux qui étaient composés à la sortie du premier donc certains ont été largement rodé sur scène avant l’enregistrement. Pour Dédales, c’était différent, car nous n’avions pas eu le temps de composer pendant la tournée donc dès qu’elle s’est achevée, nous avons du nous remettre à la composition. On aurait pu réfléchir à tout cela… Mais nous avons quand même laissé les choses venir naturellement afin de ne pas trop se poser de questions. Ce qui tombait plutôt bien, vu le temps que nous avons eu…

Et au final ? Satisfaits, ou vous êtes partis dans une autre direction ?

Voilà tu viens de citer l’une des raisons pour lesquelles on ne réfléchit justement pas trop en amont..

Comment définiriez-vous et situeriez-vous cet album par rapport aux deux premiers ?

C’est compliqué, par certains cotés, il se situe un peu entre les deux et sur d’autres, il va plus loin que les deux précédents… Je pense que notre musique évolue avec nous, donc sur bien des points il est dans la continuité des deux autres.

Justement en parlant des deux premiers, pourquoi la disparition des interludes Ego et Contre Ego ?

Bah disons que ça a été un bon débat, mais qu’au final ça c’est décidé comme ça. Il n’y a pas vraiment de raisons car nous n’étions pas tous d’accord. Il fallait bien trancher. De plus c’est vrai que sur les deux autres, ces intros étaient venues naturellement et que sur celui-là on avait rien…

Revenons en aux textes, Lussi est le principal auteur si je me trompe pas. Ça traite de quoi ? Les musiciens participent-ils à leur écriture ou est-ce le domaine exclusif de Lussi ?

Tout à fait, Lussi écrit les textes toute seule, on n’intervient que vraiment très rarement, à sa demande ou si un mot ne nous plait vraiment pas… Par contre si un texte ne nous plait pas, nous lui en parlons. Et de toute façon, on a moins d’entrain pour travailler sur le morceau. Je pense qu’un texte doit être assumé à 100% par le chanteur, c’est pour cela que je ne nous vois pas trop intervenir dessus. Par contre, Lussi participe également beaucoup à la composition. En même temps elle est aussi musicienne, et nous ne sommes pas du tout auteurs…

Est-ce que l’influence de son projet solo Ghillie Dhu s’est fait sentir?

pollux2Je pense que l’influence de Ghillie Dhu est plus présente sur les deux autres albums avec les deux interludes. Après comme Lussi est au coeur de ces projets, ils s’influencent les uns les autres même si, au final, ils sont différents…

D’ailleurs Lussi ayant Ghillie Dhu en solo, il y a-t-il d’autres projets dérivés de Mypollux ? Je crois que Yann et Thomas joue avec David TMX aussi. Et toi Florent, un projet rien qu’à toi ?

Oui nous avons tous eu une année riche en projets… Lussi a fait Ghillie Dhu puis un autre nommé Lussi in the sky . Elle est de plus choriste pour la chanteuse Anaïs . Thomas et Yann ont participé à David TMX et à côté de ça Thomas joue dans plusieurs formations dont la principale s’appelle Messonges . Yann a ouvert un studio à Nancy : mon studio. Et j’ai moi même d’autres formations mais j’ai surtout écrit une méthode de basse : bass évolution, qui m’a pris beaucoup de temps.

Quels sont vos projets par la suite, pour Mypollux ou autre chose ?

Et bien on attend avec impatience la tournée, on espère qu’elle sera longue, et encore plus intense que la dernière…

Un petit coup de gueule, coup de coeur, de chapeau à passer ?

Il y en a tellement… Je dirais qu’en ce moment, le monde artistique ne va pas très bien… Je ne sais pas trop à quoi cela est dû… Certainement à un ensemble de facteurs tels que la crise, le fait que la musique soit trouvable gratuitement depuis des années, l’émergence de plus en plus de groupes, qu’ils soient bons ou mauvais… Donc maintenant ce sont les concerts qui sont sur la brèche, de plus en plus de gens les trouvent chers et ne viennent pas. C’est le cas pour plein d’artistes, pas seulement rock et pas seulement underground d’ailleurs… En parallèle à ça, les médias et les productions ne prennent plus de risques et ne favorisent que des groupes qui marchent déjà…

Et les gens sont de moins en moins regardants sur la qualité j’ai l’impression. Ils se laissent facilement avoir par un emballage ou par une histoire qui sonne faux… C’est dommage… Actuellement, on voit des groupes qui puent l’arnaque à 20 Km réussir, et d’autres qui transpirent le talent au fond d’un métro ! Quand ta vie est basée là-dessus, c’est un peu dur de ne pas chopper les boules. Nous n’avons finalement pas la plus mauvaise place dans tout ça, et c’est en partie grâce aux gens qui travaillent avec nous, aux gens qui parlent de nous et ceux qui ont envie de nous écouter… Ce sera mon coup de chapeau!

Questions subsidiaires: Avec ou sans café, le sucre ?

Tiens une question qui cache un test psychologique dont toi seul a le secret… Alors je dirais que tu tombes mal car je suis le seul du groupe à boire du café, et moi c’est sans sucre !

Le Mot de la fin?

Merci à toi de m’avoir proposé cette interview, j’espère que ça donnera envie à des gens de venir nous voir en live, car il n’y a que les concerts qui peuvent vous permettre de juger vraiment un groupe !

MyPolluxDédales

polluxcdExit l’intro douce des précédents albums, pour faire place à un riff puissant. Ça vous saute à la tête et Réveille porte décidément bien son nom. Un très bon titre d’ouverture, la voix de Lussi est toujours aussi puissante, la guitare de Yann toujours aussi prenante et bien entendu la batterie et la basse ne sont pas en reste.

On ne perd pas de temps, on ne respire pas, et on laisse Allégories nous mettre une claque sur la deuxième joue, histoire de ne pas faire de jaloux. Avec des passages qui ne sont pas sans rappeler un certain Wes Borland, le charme aurait donc tendance à fonctionner assez facilement…

Et cette bonne impression va se poursuivre tranquillement tout au long l’album malgré une déception latente. Non pas que les compositions soient mauvaises (au contraire), mais tout cela semble si… évident. Aucune surprise, aucun revirement musical soudain, pas de ce je ne sais quoi qui ferait tout basculer. Mypollux fait du Mypollux et pour les fans qui s’attendaient peut-être à un « album du changement », la première écoute peut être un peu décevante.

Mais après plusieurs passages, une question simple vient à l’esprit : Pourquoi bouder son plaisir ? Mypollux est efficace, Mypollux sonne et Mypollux est tout simplement une groupe talentueux. Efficacité, plaisir immédiat. Finalement que demander de plus. Demande-t-on à AC/DC de se mettre à l’électro ?

Mypollux a une identité personnelle, qu’ils exploitent ici avec brio. Alors on se repasse cet album avec joie, se laissant aller sous L’Emprise du combo. On partage une Volatile Expérience avec un certain plaisir. Les passages au piano de Lussi nous susurrent de rester dans les Dédales proposés par le groupe. On se perd totalement avec eux dans le morceau-titre de l’album, court mais sûrement l’un des meilleurs, et peut-être le plus surprenant de par son ambiance.

Que ça soit la voix de Lussi, les riffs de Yann, la basse impeccable de Florent, ou la frappe toujours savamment dosée de Thomas, cet album a quelque chose, c’est incontestable. A conseiller ? Oui assurément, mais à écouter avec modération. Tout comme il serait dommage de s’en lasser trop vite par une utilisation abusive, ce serait une grave erreur de passer à côté à cause d’une écoute trop survolée… Le genre de petits plaisirs à se réserver de temps en temps… Un peu comme une sucrerie.

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1 commentaire

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  1. 1
    VIOLHAINE
    le Jeudi 8 janvier 2009
    VIOLHAINE a écrit :

    A conseiller ? Oui assurément, mais à écouter avec modération. Tout comme il serait dommage de s’en lasser trop vite par une utilisation abusive, ce serait une grave erreur de passer à côté à cause d’une écoute trop survolée… Le genre de petits plaisirs à se réserver de temps en temps… Un peu comme une sucrerie.

    Je vois exactement ce que tu veux dire ; j’avais fait une overdose de « Contraires » en l’écoutant de manière obsessionnelle pendant plusieurs mois…

    http://www.discordance.fr/MyPollux-Contraires.html

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