Sublime : (latin : sublimis, « qui va en s’élevant » ou « qui se tient en l’air » ) désigne dans le langage quotidien une chose grandiose et impressionnante (renversante), qui ne peut néanmoins être perçue ou comprise qu’avec une sensibilité très fine.
Comme concept esthétique, le sublime désigne une qualité d’extrême amplitude ou force, qui transcende le beau. Le sublime est lié au sentiment d’inaccessibilité (vers l’incommensurable). Comme tel, le sublime déclenche un étonnement, inspiré par la crainte ou le respect. Une définition à côté de laquelle il ne manque plus que la photo de ce premier E.P éponyme de My Own Private Alaska . Et c’est bien là l’erreur.
Deux mots me sont venus à l’esprit lorsque j’ai entendu pour la première fois leur nom : « cliché » et « énigmatique ». Cliché puisque cela sonne très « tout-ce-que-l’on-veut-core », dans la lignée de tous les Bring Me the Horizon et compagnie. Énigmatique car, au final, que sait-on de l’Alaska ? De vastes contrées lointaines, une étendue blanche, douce et rocailleuse à perte de vue. Et bien c’est ça finalement My Own Private Alaska : trois gars assis et une musique tellement consistante dans ce vide créé par les clichés de toutes sortes.
Tout d’abord le line-up : un piano, un batteur et un chanteur/crieur, le tout dans une harmonie parfaite. La batterie qui devient alors le fil d’Ariane entre la mélodie douce et mélancolique du piano et la violence portée par la voix de Milka . Personne ne se perd, chacun est guidé par l’autre. Tout un concept et le défi est brillamment relevé dans cet E.P. : six morceaux, quarante minutes et rien ne s’essouffle. Au contraire : on a un sacré goût de pas assez là-dedans !
Chut. Les quatre premiers titres sont impeccables ( Die for Me, Page of a Dictionnary, Ego Zero et Kill Me Twice ). Ils dérangent dans leur mélange singulier. Mention particulière à la cinquième piste ( I’m an island ) où, après une présence apaisante sur les morceaux précédents, le piano fini par se rebeller sans pour autant nous faire perdre le fil de l’histoire. Il s’endurcit, prend place sur la voix. Nous voilà devant le croque mitaine des glaces, chaque frappe sur le clavier résonne tel un crissement dans la neige. Angoissant. À tel point que l’enchaînement avec First steps, morceau amputé du batteur et du chanteur, provoque comme une impression de fonte des glaces. Apaisant…
Fin des métaphores hivernales, il ne reste plus qu’à attendre avec impatience la sortie de leur premier album, dont l’enregistrement vient tout juste de s’achever à Los Angeles. Entre temps, ils seront en première partie de Will Haven un peu partout en Europe.
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A propos de l'auteur
Laura : Elle écrit (parfois même à la troisième personne du singulier). Elle écrit des articles, des chroniques (musique, littérature, blogging.). Elle écrit une chose très longue mais il va falloir être patient. Elle écrit des choses très courtes sur Twitter et également au rouge à lèvres sur les miroirs de salles de bain. Enfin, elle est co-responsable de la rubrique Musique de Discordance.fr (un magazine hors-format qu'il est bien) : elle a d'ailleurs pu se faire accréditer sur un concert de Justin Bieber et çà, c'est un peu la win. // Twitter //















Pascal a écrit :
Excellent groupe à ne pas louper en concert dans les prochaines semaines.
Leur reprise de Where did you sleep last night présente sur leur Myspace est splendide. J’éspère qu’elle sera sur l’album…
ben75010 a écrit :
très bon groupe, superbe Chronique..merci