Lovely Rita

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« Non, les Lovely Rita n'ont jamais écouté The Libertines », peut-on lire sur le myspace de ce groupe basé à Paris, mais dont le coeur balance plutôt entre Liverpool et la Californie. Loin de la vague rock garage, les Lovelies ont en effet choisi la pop des sixties comme point d'ancrage.

lovelyAprès la sortie d’un premier EP autoproduit , Begin Here !, qu’ils ont eu le plaisir de voir chroniquer dans les pages de Rock’n'Folk, et l’arrivée de nouveaux membres dans le groupe, les Lovely Rita continuent sur leur lancée et préparent un second EP qui devrait sortir fin novembre.

Ce samedi 18 octobre, le groupe participe au Fallenfest à la Boule Noire, un festival destiné à servir de tremplin aux jeunes groupes d’Ile de France. L’occasion d’une rencontre avec Raphaël (guitare, chant), Clément (batterie), Yanis (guitare), Nicolas (basse) et David (clavier).

Vous avez débuté comme le « plus jeune tribute band français consacré aux Beatles », c’était en quelle année ?

Raphaël : C’était en 2003. J’étais un acharné des Beatles, comme beaucoup de gens, et avec mon meilleur ami on s’est lancé dans un groupe de reprises Beatles . C’est comme ça qu’on a trouvé Clément car on cherchait un batteur, et un quatrième membre pour la guitare. On a fait uniquement du répertoire Beatles pendant au moins deux ans.

Clément : Ensuite on a élargi notre répertoire à d’autres groupes comme les Kinks.
Raphaël : Avant de se réorienter vers la composition de nos chansons, on en avait marre de jouer la musique des autres.

Le passage à vos compositions a-t-il été difficile ?

R : Les deux ou trois premières chansons qu’on a eues, on ne les a pas jouées pendant trois ans et quand on a réellement décidé de devenir un groupe de composition, on s’y est mis sérieusement.

Yanis : Placées au milieu d’un répertoire Beatles, les chansons passaient bien.

R : Ça a été progressif au début.

C : Il n’y a pas eu de rupture d’avec le groupe à reprise des Beatles, on a commencé à intégrer nos compositions dans le répertoire de reprises, et la transition s’est faite il y a en mai dernier sur un concert au Pop In avec uniquement nos compositions.

R : .et un petit Beach Boys !

C : Depuis on est vraiment que sur nos compositions avec une ou deux reprises, le public apprécie toujours.

R : Ce serait impossible aujourd’hui de faire marche arrière.

C : On a pas de frustrations, on s’est vraiment fait plaisir avec le répertoire des Beatles . A l’époque on faisait 40 ou 45 chansons. Je me rappelle qu’on révisait les impros, les finish. je me faisais même des notes !

Pas d’adaptations alors ?

R : Non, on essayait d’être très fidèles !

Vous sortez votre nouvel EP Jesters On The Beat bientôt, l’objectif est-il de restituer un son vintage ?

R : Oui, c’est le but. Il nous reste les guitares et les voix qui seront terminées dans un mois à peu près, et clairement on essaye d’avoir un son vintage. C’est Nicolas, notre bassiste, qui s’occupe du son.

Y : On essaye en effet de personnaliser notre son au maximum.

C : On a déjà travaillé avec quatre ingénieurs son, et tous ont eu leur interprétation de notre musique mais on a jamais été satisfaits.

R : Nico, qui a rejoint le groupe il y a un mois, est impliqué à 200%.

C : Il est plus proche de l’âme du groupe, il connait les chansons et la musique. Les autres étaient un peu la cinquième roue du carrosse, ils restituaient notre musique à leur façon et c’était en décalage avec ce qu’on pouvait avoir en tête. Nico a déjà son propre studio, il est bien installé.

Y : On l’a recruté pour ça en fait ! ( rires )

Beaucoup de groupes des 60′s avaient leur studio fétiche d’ailleurs.

R : Notre studio est à Torcy, près d’Eurodisney. Comme on est parisiens, c’est un peu la partie de campagne pour nous !

C : C’est une belle maison, avec un beau petit jardin. Pour revenir à l’aspect production, le mixage est vraiment une difficulté à laquelle on ne s’attendait pas. Le son est vraiment un sixième instrument. Je pense que des groupes qui fonctionnent ont leur son, on arrive à les identifier à leur son ou à leur production. Et on en est là par rapport à notre deuxième EP. On avait fait toutes les prises avec un ancien ingénieur son et on a tout recommencé car on était pas satisfaits.

Sur scène, cultivez-vous un style vestimentaire pour coller à votre musique ?

lovely2 C : On essaie. On nous a vivement encouragés à avoir un peu de personnalité sur scène. On fait très original, on a mûrement réfléchi et on a mis des chemises blanches et des cravates noires. Il y a aussi le jeu de scène, on essaie de se lâcher un peu plus et d’être plus détendus, ce qui n’est pas spontané.

Qu’est ce qui vous parait le plus intéressant dans les productions des 60′s ?

Y: J’ai été baigné dans la musique qu’écoutaient mes parents, c’est ça qui m’a fait pencher vers ça. Je trouve que cette musique a un certain grain qu’on ne trouve pas dans les musiques actuelles. C’est très intéressant et très riche sur le plan musical.

Vous participez à Fallenfest, pensez-vous qu’il est difficile de se faire remarquer en dehors des tremplins ?

N : Je ne pense pas que c’est ce genre de tremplins qui va nous permettre de nous faire remarquer, ça nous permet de faire des scènes plus sympathiques, de belles salles, comme la Boule Noire ce soir. Je pense que c’est à force de tourner dans les bars parisiens, de sortir des CDs qu’on peut se faire remarquer. Il faut avoir le bon contact, au bon moment. On est à la recherche d’un nouveau label après avoir quitté notre producteur.

Le Fallenfest vous assure-t-il un suivi dans vos démarches, une assistance ?

N : On peut recevoir de l’aide sur des questions techniques, mais pas sur la communication, il n’y a pas réellement de suivi. Peut être que dans les phases finales il y aura des gens importants dans la salle.

Le but est aussi de se faire rencontrer les artistes, est-ce le cas pour vous ?

N : Pour l’instant on a participé qu’à une soirée à Capitol Studios il y a quelques mois, nous étions trois groupes. Les groupes étaient sympas mais on n’a pas noué plus que ça un contact avec eux, quoique ça pourrait arriver. On a plutôt des connaissances sur myspace, qu’on rencontre. On essaie de se faire un petit réseau de groupes.

Comment se présente la suite des évènements ?

R : Le but est de terminer le deuxième EP rapidement, et on a déjà la matière première pour un troisième, qui serait plus acoustique. Ensuite, à partir de ces 3 EP et de nouvelles chansons, travailler sur un album.

N : On va essayer de se diffuser sur internet, sur des site de téléchargement légal .et trouver quelqu’un qui pourrait vraiment nous soutenir et nous apporter quelques moyens.

Concert à la Boule Noire

Le Fallenfest donne ce soir la chance à huit groupes de faire leurs preuves sur scène pour des petits sets d’une demi-heure. Ils doivent convaincre le public de voter pour eux dans l’espoir de continuer les épreuves de sélection, et peut-être d’atteindre la phase finale, séances d’enregistrement à Capitol Studios à la clé.

Après le set métal de Dealem, changement d’atmosphère à l’arrivée sur scène des Lovely Rita, dernier groupe de la soirée. Avec des titres comme Baked Beans et All I Need, l’accent est mis sur les harmonies vocales et des mélodies pop qui ne sauraient cacher leurs influences. Si la surf music a un arbre généalogique, les Lovelies aimeraient certainement figurer quelque part parmi les rejetons des Beach Boys ou les frangins de Weezer .

Les cinq garçons nous servent un petit vent de fraicheur, mais en dehors de quelques solos de Yanis , restent encore un peu réservés sur scène. Cela ne les empêchera pas de passer avec succès le test et d’être choisis par le public pour participer à la demi finale du Fallenfest qui aura lieu le 19 décembre au Nouveau Casino. En attendant, deux concerts sont prévus dans les bars de la capitale.

Crédits photos: Maya (http://maya.uing.net/)

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A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

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