Munshy

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Cinq ans après avoir remporté le célèbre tremplin Emergenza, le groupe phénomène Munshy sort enfin son premier album.

munshy-2Il aura fallu être patient avec Munshy . Alors qu’il lui a suffit d’un an et quelques mois pour obtenir une reconnaissance internationale, la formation parisienne a mis plus de cinq ans pour sortir son premier album. Une éternité quand on sait l’enthousiasme qu’avait provoqué son précédent méfait, Liberate, en 2003. Mais peu importe car le groupe a su utiliser tout ce temps à bon escient. Si on devait comparer ces deux productions, démo contre album, la différence est celle qui sépare les groupes hors-pair des autres. Sur Liberate, Faustine et sa bande faisaient une sorte de combinaison entre Korn, Rage against the machine, Björk et Portishead, alors que désormais Munshy fait du Munshy . Le groupe a bien travaillé son style et a su se démarquer de ses influences pour créer un genre atypique.

Bien entendu, la différence se sent également dans le son. Car si sa première production révélait un enregistrement amateur, le nouveau disque du groupe est propre et bien mixé. Seul point noir au tableau, la puissance fait toujours cruellement défaut sur les passages les plus électriques (So tired).

S’il faisait déjà en 2003 de sa diversité musicale un argument de vente, Munshy est aujourd’hui plus éclectique que jamais. Les titres rentre-dedans qui faisaient l’unanimité sur Liberate sont toujours présents, mais en nombre réduit. A la place, on retrouve des morceaux plus électro, plus mélodiques, presque pop, en tout cas bien moins nerveux qu’à l’accoutumée. Ce virage donne le complément dont le disque avait besoin pour s’inscrire dans la durée, même si l’on constate bien vite que le groupe se débrouille mieux lorsqu’il s’agit de faire bouger les têtes. Les titres les plus posés ne sont pas mauvais pour autant, ils sont juste moins bons qu’un Satisfied ou qu’un Liberate .

munshy2Musicalement, on retrouve les grandes lignes de la précédente démo. Munshy accorde toujours une très grande place à la base rythmique qui guide la majorité des couplets. Les guitares alternent entre mélodies et délires sonores, piqués au registre de Korn . Cette méthode s’accompagne d’un échantillon d’effets long comme un manche de guitare. Vous ne trouverez en effet pas une chanson sans bruits étranges, qu’on jurerait sorti d’une console.

Concernant le chant, Faustine nous livre une performance tout simplement incroyable. Voix claire, rapée ou hurlée, son répertoire semble s’étendre à l’infini. Elle s’est même essayée au chant en français sur Jour de pluie, une performance dont elle n’a pas à rougir. Son talent ne tourne heureusement pas à l’égocentrisme. Sa voix est bien présente mais ne couvre pas pour autant un instrumental riche et travaillé, erreur dont trop de formation rock souffre.

Au final, un premier jet mature pour un groupe hors du commun. Munshy a su mêler avec brio toute une tripotée de styles a priori incompatible, ce qui fait sa force et pour vous, amateurs de musique, une raison de vous rendre chez le disquaire. Mais si malgré tout, vous ne jugez pas cet album nécessaire à votre discothèque, allez voir Faustine et sa bande sur scène, ils vous feront comprendre que vous vous trompez.

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Site officiel: http://munshy.free.fr/ » href= »http://munshy.free.fr/ »>http://munshy.free.fr

Myspace : http://www.myspace.com/munshy

A propos de l'auteur

Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

2 commentaires

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  1. 1
    Stedim
    le Dimanche 28 octobre 2007
    Stedim a écrit :

    Allo le service après-vente des chroniques ?

    Que dire sinon que je suis globalement d’accord avec cette chro !

    Ce qui est étonnant chez Munshy, c’est leur capacité à souffler le chaud et le froid, à faire le grand écart entre le trip-hop et le hardcore et, particularité subtile, toute leur couche électro (ces ambiances faits de bruits et mélodies atypiques) est distillée par les guitares (pas de synthé, pas de machines, nada). C’est de l’électro organique !

    Allez M’sieurs Dames (dixit Faustine), on monte le son !

  2. 2
    le Samedi 3 novembre 2007
    Pascal a écrit :

    Ca me rappelle un peu Senser tout ça. Dites Monsieur le Tourneur, z’auriez pas prévu une date dans l’est bientôt ???

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