Munshy

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Suite à la sortie de leur premier album éponyme, nous avons rencontré Faustine (chant) et Nooka (batterie) de la formation trip-hop métal Munshy.

munshy2-2 Pour ceux qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous nous décrire en quelques mots le projet Munshy. Quand et comment est-il né ?

Faustine : Munshy est né en 2000. Notre premier concert a eu lieu un an plus tard au Cuizines à Chelles (Seine-et-Marne). Après quelques dates, nous avons décidé de participer au tremplin Emergenza, que nous avons gagné. En 2003, nous avons sorti un maxi, intitulé Liberate, puis un album en octobre dernier.

Quelle est l’origine de votre nom ?

Faustine : Il vient de la cousine de notre ancien guitariste Ichan, qui l’a dit spontanément en écoutant notre musique. Munshy est une onomatopée nippone qui ne veut pas dire grand-chose. Mais ce nom nous a plu car il était simple et efficace.

Votre premier album est sorti le 19 octobre dernier, soit environ quatre ans après votre première démo, Liberate . Que s’est-il passé entre temps ?

Faustine : Après avoir enregistré le maxi, nous nous sommes séparés d’Ichan. Ca a été pour nous un moment assez douloureux. Il a fallu plusieurs mois pour lui trouver un remplaçant. De plus, nous avons pris notre temps pour composer et enregistrer nos titres. La pré-production par exemple a duré un an et demi.

On peut voir sur votre site deux chansons de votre dernier album, On my shoulder et Satisfied, jouées en acoustique. Aura-t-on l’occasion de les revoir jouées sur scène ou même enregistrées ?

Faustine : Nous étions justement en concert unplugged hier soir (Ndlr : l’interview a eu lieu le 1er décembre). Mais plus généralement, ça fait longtemps que l’on sait que l’acoustique fait partie intégrante de Munshy . D’autant plus que nous avons la chance d’être assez polyvalent au niveau des instruments. Donc, oui, nous allons faire des concerts en acoustique. En revanche, concernant l’enregistrement, nous nous y concentrerons après le deuxième album.

Sur votre disque, un morceau est en français, ce que vous n’aviez jamais fait auparavant. Est-ce un projet prévu de longue date ou au contraire, une envie spontanée ?

Faustine : Si nous n’avions pas enregistré de chanson en français, c’est parce que toutes nos tentatives avaient échoué. Jour de pluie est un cas particuliers. Ce titre était à l’origine en anglais, il a même été enregistré en anglais. Mais lorsque nous étions en studio, j’ai commencé à écrire une version en français. Puis finalement, nous l’avons gardé. Mon but à terme est qu’écrire en français devienne aussi naturel qu’écrire en anglais.

La majorité de vos concerts ont lieu en région parisienne. Est-ce une volonté de votre part de ne pas faire de tournée nationale ?

Faustine : Nous sommes en train d’organiser une tournée française. Mais quand un groupe n’est pas encadré par une structure, qu’il doit tout faire par lui-même, ça nécessite du temps et des moyens. D’autant qu’il faut aussi se diffuser seul.

Comment reproduisez-vous tous les passages électro de l’album sur scène ? Avez-vous embauché quelqu’un derrière les machines ? De simples samples ?

Faustine : Le concept de Munshy, c’est justement de faire de l’électro sans utiliser de machines. C’est un travail de recherche sur les pédaliers d’effets et dans le son pour la batterie.

Beaucoup de noms ont été donné à votre musique  » fusion trip-hop métal « ,  » trip-core « ,  » métal métisse  » ou tout simplement  » rock « . Quelle est celle qui vous correspond le mieux?

Faustine : La fusion trip-hop métal. Mais nous faisons aussi de l’électro et le hip-hop influence beaucoup notre musique.

Nooka : Si on pouvait ne pas donner de nom, on le ferait. C’est plutôt réducteur de parler d’un style. Notre but est au contraire de s’ouvrir.

Malgré un accueil chaleureux du public et des critiques, Munshy est plutôt absent des médias. Est-ce par manque de proposition ou est-ce une volonté délibérée de ne pas vous exposer?

munshy3 Faustine : La présence d’un groupe dans les médias est très limitée avec un maxi. Ils attendent qu’un album sorte pour pouvoir en parler. Il y a également un autre aspect fondamental, c’est la langue dans laquelle la formation chante. Mais surtout, c’est le fait de ne pas avoir le soutien d’une structure qui rend la diffusion difficile.

Nooka : Ce n’est pas un choix, on serait content d’avoir une grosse promotion. Mais nous n’avons pas les moyens de nous payer de la publicité. Dans un groupe, ce n’est pas les frais qui manquent.

Et en ce qui concerne la distribution?

Nooka : Nous n’avons pas encore de distributeur physique en magasin mais nous sommes en train de démarcher. Pour l’instant, on ne peut commander le disque que par Internet via Horizon music .

Avez-vous entendu parler du rapport Olivennes ? Si oui, en tant qu’artiste, que pensez-vous des propositions faites par le patron de la Fnac pour enrayer le téléchargement?

Faustine : Tous les groupes préfèreraient qu’on achète leur CD. Après, ce que je vois, c’est que les personnes qui crient le plus au scandale sont ceux qui se font le plus d’argent et qui ne pâtissent finalement pas trop du téléchargement. À la réunion pour le rapport Olivennes, qui était là ? Zazie, Patrick Bruel .

Je regrette également qu’on ne parle pas du prix du disque dans le rapport. À 18 euros, les gens n’achètent pas le CD de Munshy . À 12 euros, ils l’achètent.

Nooka : D’autant que la plupart du temps, ce sont les labels qui font augmenter le prix du disque.

Crédits photos: Charlène Moulin

Merci à Faustine et Nooka…

En savoir +

[ La critique de Munshy par Discordance ->400]

Le site officiel du groupe: http://munshy.free.fr

Myspace: http://www.myspace.com/munshy

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A propos de l'auteur

Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

1 commentaire

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    Philippe Barbosa
    le Jeudi 10 janvier 2008
    phiL a écrit :

    Je dois avouer ne lire l’itw que maintenant, alors que je viens à peine de finir la retranscription de l’interview de Watcha. Je souris à lire la réponse de Faustine quant au rapport Olivennes, alors qu’El Butcho tend à faire comprendre l’inverse. Un fait qui montre encore la complexité de trouver une solution à cette crise qu’est le téléchargement P2P….

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