Mulatu Astatke & The Heliocentrics @ Le Grand Mix

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Considéré comme le père de l'ethio-jazz, Mulatu Astatke bénéficie depuis le début de ce siècle d'une certaine renommée grâce aux compilations Ethiopiques, mais aussi à la bande-son du Broken Flowers de Jim Jarmusch, qui comportait quelques-uns de ses morceaux.

Image de Mulatu Astatke & The Heliocentrics L’an passé, le label Strut Records nous proposait une collaboration, dans le cadre de la série Inspiration Information, entre Mulatu Astatke et le groupe anglais The Heliocentrics, signé chez Stones Throw. C’est à un concert des deux entités réunies que nous aurons droit ce soir au Grand Mix, dans le cadre du festival des Paradis Artificiels, même si une majorité de la setlist sera tout de même extraite du répertoire de Mulatu.

Fait suffisamment rare, il n’y a pas de première partie, ce qui laisse tout le temps d’admirer tout le matériel sur scène : la formation complète comportera un batteur, un claviériste, un guitariste, un percussionniste, un contrebassiste, un saxophoniste, un trompettiste, et bien sûr Mulatu, qui oscillera entre vibraphone, percussions et clavier. À 21 h, The Heliocentrics entre en piste et entame une longue introduction au concert qui met progressivement la salle dans l’ambiance, avec une tonalité très psychédélique. Puis, le groupe annonce l’arrivée de Mulatu Astatke, qui vient alors prendre sa place sous les acclamations.

Malgré sa position centrale, la place de Mulatu n’est pas plus importante que celle d’un autre membre de la formation et c’est bien à une collaboration que nous assistons entre The Heliocentrics et lui : jamais, les Anglais ne seront relégués au rang de simple backing-band. Le résultat est follement groovy et hypnotique, les morceaux se déployant sur de longues minutes durant lesquelles tout se mélange à merveille. Chaque musicien y va de ses solos, ceux-ci étant répartis plutôt équitablement – même si le saxophoniste et le trompettiste seront certainement les plus remarqués. Ils semblent tous prendre un plaisir total à jouer, et si les projections psychédéliques du fond de la scène sont assez captivantes, c’est surtout sur les devants que se déroule le côté visuel, avec ces huit entités construisant ce tissu sonore complexe, mais parfaitement accessible.

Le public (très varié) est clairement conquis, paraissant sous le charme de ce groove sans fin. Après plus d’une heure de concert, le groupe quitte la scène avant d’y revenir pour un premier rappel, de la quitter à nouveau… et de revenir, alors que la musique (du Konono N°1) se faisait entendre dans la salle. Un second rappel qui n’avait pas l’air d’être prévu au programme, durant lequel Yègellé Tezeta sera rejoué pour la deuxième fois de la soirée. Un très bon concert donc, pour une collaboration définitivement réussie.

Crédits photo : http://www.flickr.com/photos/passetti/ / CC BY-NC-ND 2.0 (prise à Rotterdam – 2010)

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A propos de l'auteur

Image de : C'est après avoir découvert Sonic Youth à 14 ans que je suis devenu passionné inconditionnel de musique. Après avoir découvert pendant 2 ans la scène rock indé, je découvre Autechre et Boards Of Canada et me rend compte que l'electro, c'est chouette également. Aujourd'hui, vous trouverez de tout dans mes écoutes et coups de coeur, de l'electro expérimentale à la noise, en passant par le hip hop, l'ambient, le glitch hop, etc, et en gros toutes les micro-étiquettes (skweee, hauntology, etc) que l'on peut rattacher de près ou de loin au genre "musique". J'écume les salles de concert de la région lilloise, et suis moi-même joueur de piano et de synthé.

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