Mr. Nobody

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« N'allez pas là où le chemin peut mener. Allez là où il n'y a pas de chemin et laissez une trace. » (Ralph Waldo Emerson)

Postulat de départ

19211266-jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20091211_062153Nemo a 9 ans. Et là, sur le quai de la gare où ses parents s’apprêtent à se séparer, il va devoir faire le choix de toute une vie : suivre sa mère, ou rester avec son père.

Nemo a 120 ans. Il est le dernier doyen mortel d’une humanité qui a découvert l’immortalité, sans lui. Et là, sur son lit d’hôpital, on l’interroge : quelle a été sa vie ?

Et Nemo Nobody (comme il aime se faire appeler, ‘Monsieur Personne’), de nous raconter non pas une vie, mais trois, à partir de cet instant crucial sur le quai de cette gare, à partir d’un simple choix, duquel découleront bien d’autres.

Des vies comme autant de branches, de brindilles, de fruits, ou de racines, à partir d’un choix central, et qui partent en éventail, s’étendent à l’infini jusqu’à leur propre conclusion.

Alors, de cet éclatement fantasque, quelle est la part de vérité, et quels sont les résidus de rêves éveillés?

Tout en nous donnant un cours de métaphysique appliquée, Nobody, avec son rire d’enfant rachitique, s’amuse à brouiller les pistes et nous entraine dans une valse où le destin vole en trois éclats distincts qui ont, chacun, le visage d’une femme différente, d’un amour différent.

Le Big Bang

19086545-jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20090406_051744Autant annoncer la couleur tout de suite, le troisième long métrage du talentueux Jaco Van Dormael (réalisateur belge, papa du poétique Toto le Héros et du césarisé 8ème Jour ), faisait partie de ces films qu’on attend au tournant. Il était même devenu inespéré, à force d’être attendu.

Ça en devenait presque une boutade, entre les gens du milieu ciné en Belgique.
« Allons, fais pas ton Jaco, sors-le donc ton film ! » , disait-on lorsqu’une production se trainait un peu.

Et pour cause. Il aura fallu 7 longues années à Jaco pour écrire le scénario (qu’il sortira d’ailleurs sous forme de livre bien avant de terminer le film), et. 1 an de montage, un vrai luxe d’auteur-réalisateur, pour sortir son Monsieur Personne à la lumière des projecteurs.

Directement construit autour de la trame de l’un de ses tout premiers courts-métrages (le superbe et très lynchien E Pericoloso Sporgersi, 1983), cette fois, le réalisateur surréaliste se donne les moyens d’une super production.

Acteurs internationaux (dont le précieux et intense Jared Leto, la gracieuse Diane Kruger, ou encore la trop rare Canadienne Sarah Polley ), l’une des plus grosses coproductions européennes, un tournage de 6 mois en anglais entre la Belgique, le Canada, l’Allemagne, la création d’une équipe de montage dédiée. avec un budget de presque 35 millions d’euros font déjà de ce film un OVNI cinématographique.

Mais, finalement, ça donne quoi, un film réalisé sans pression, sans stress (la sortie a même été postposée pendant plus de 6 mois), et avec une liberté quasi totale ?

Ne dit-on pas que l’Art naît des contraintes ?

Mais quand il n’y en a (presque) plus ?

La galaxie Nobody

19086538-jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20090406_051743Après l’explosion initiale, les planètes se mettent en place.

Et là aussi, il faut l’annoncer en préambule : Mr. Nobody n’est pas un film fédérateur.
Et il ne réconciliera pas plus les cinéphiles pointus d’avec le grand public.

À peine projeté en avant-premières de-ci, de-là, les réactions sont extrêmes: on adore ou on déteste. Suivant qu’on ait gardé son âme d’enfant. ou son esprit de critique ciné.
Les sorties de salle en pleine projection, les huées, se mêlent aux standings ovations.
Impossible de rester indifférent.

Alors, pourquoi tant de tohu-bohu ?

Parce que Mr. Nobody relance le mythe du film parfait.

Et que, bien sûr, parce qu’il « paraît » vouloir décrocher ce titre, il paraît tout autant merveilleux pour les personnes avides de rêves et de grandes histoires, qu’effrontément prétentieux aux yeux de beaucoup de personnes du métier, ou à ceux ayant une culture cinématographique qui ne débute pas avec Terminator 2 .

Les premiers seront donc tout naturellement fascinés par l’apparente complexité du scénario à ramifications, et par l’esthétique léchée de l’image (un splendide travail de fourmis que l’on doit, entre autres, au chef op’ Christophe Beaucarne, à la décoratrice Sylvie Olive, et au dessinateur BD/architecte Benoît Schuiten, pour l’impressionnante partie futuriste).

Suivant les époques, les différentes vies, les différentes voies que Nemo explore, le film se pare d’une palette de couleurs différentes, toutes en harmonie avec le propos (tantôt 80ies baba cool, tantôt 90ies froides et distantes, futur aseptisé, une planète Mars fantasmée.).

Les références visuelles sont nombreuses et parfois même empruntées au monde de la photographie contemporaine (le personnage à deux ombres, perdu dans une ville grise en vue plongée, la voiture qui brûle en silence, sagement garée dans l’allée d’une maison très upper-class, la récurrence des motifs à carreaux sur les vêtements, les éléments du décor.).
Les ralentis, les pas à l’envers.

Côté musical, la bande originale composée par Pierre Van Dormael (le frère de Jaco, jazzman reconnu et récemment disparu) reste honnête et très chargée émotionnellement, mais, un peu trop présente, elle surligne un peu plus qu’elle n’évoque.
Sans parler des multiples clins d’oeil pop, déjà mille fois entendus dans les films cultes de ces dernières années (vive Eurythmics, Les Pixies, .).

À l’opulence visuelle et sonore, s’ajoute l’opulence narrative. Flash-back, flash forward, ellipses, transitions stylées. tout est fait pour perdre le spectateur dans une énigme sous forme d’un immense puzzle chamarré.

Un puzzle dont, malheureusement, la plupart des pièces ont déjà bien servi, et qui sont un peu cornées sur les bords. Et du coup, ça s’emboîte moins bien.

Qui trop embrasse, .

19086541-jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20090406_051744Car l’histoire de Nemo ne brasse pas que ses (supposés) vécus, elle emporte, englobe tout et son contraire avec elle, telle une supernova. Mr. Nobody est un film-somme qui entasse, pèle-mêle, des références aux premiers films de son géniteur, à des légendes urbaines et contes populaires, des théories métaphysiques vulgarisées, un peu de culture 80ies, beaucoup de non-sens anglo-saxon, un bric-à-brac savamment organisé, à l’instar d’un Jeunet et Caro ou d’un Gondry, mais.

.mais, dont on aurait enlevé le bricolage et la poésie fragile, tout semblant tellement calculé, mathématiquement programmé, uniformément éclairé d’un regard ubiquitaire.

Car Jaco -Dieu veille au grain (tout en se faisant cuire un oeuf).

En bon cinéphile, il enchaine les références pour que la mécanique de son univers tourne plus facilement., et ce, parfois, à une telle cadence que l’on se demande s’il s’agit bien d’hommages et non d’un tirage de couverture à soi.

Parce que, finalement, retrouver un peu de Forrest Gump dans la feuille qui virevolte dans les airs à la manière de la célèbre plume, un peu de The Game avec le jeu des étiquettes et la voiture qui plonge dans l’eau, un peu de Dark City dans le rendez-vous au phare et la déconstruction surréaliste d’une ville, un peu (beaucoup) de Truman Show dans l’écran géant retransmettant la vie de Nobody, le perpétuel ballottement cauchemardesque, d’une vie à l’autre, comme dans le fabuleux Échelle de Jacob, le jeu de Leto qui fini par s’apparenter étrangement à celui de Jim Carrey dans Eternal Sunshine, dont il reprend l’étrange inconsistance, le concept de rajeunissement de Benjamin Button, la fin alternative à la Donnie Darko, L’Effet Papillon . ça fait forcément beaucoup pour toute personne qui aime et connaît le cinéma de ces 30 dernières années.

18930717-jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20080416_065641L’exemple le plus flagrant restant ces scènes, directement tirées du très beau et délicat Harold & Maud, film des années 70, où le jeune homme singe de faux suicides pour attirer l’attention de sa mère, et qui n’apportent rien, ni à l’histoire, ni à la psychologie du personnage.

À ce stade, on est en droit de se demander si le scénario n’est pas devenu une éponge à idées.

Alors. bien sûr, ça fait chaud au coeur d’enfin voir un film de cette envergure et de cette facture sortir des entrailles de l’Europe. Et oui, l’énergie dégagée est vivifiante.

Mais même si la ballade est très agréable (mise en scène soignée, jeu convaincant, valeurs humanistes), rien ne retient une partie des spectateurs de sauter en marche, et de se contenter de regarder le carrousel tourner, et tourner avec toutes ces belles couleurs, dans un décor de cartes postales. en se demandant, d’un air perplexe : Qu’est-ce que diable veut nous dire Mr. Nobody ?

Veut-il vraiment que l’on s’attache à chacune des femmes qui auraient pu faire sa vie et qui nous sont présentées de façon si stéréotypée (la passionnée, la barge, l’inexistante) ? À son parcours fantasmé ? À ces bribes de vies esquissées ? Y arrive-t-on vraiment ?

mr_nobody_photo2Est-ce qu’il veut vraiment nous dire, comme le voudrait son papa, que tous les choix se valent, qu’il n’y a pas vraiment de mauvais choix, mais qu’il faut juste les assumer quand on les fait ?

Bien sûr, c’est une très belle morale. mais ne serait-ce pas juste le contraire dont il nous est fait la démonstration là ?

Est-ce que Van Dormael, en décidant de ne pas choisir, et en déployant tout dans tous les sens, sans se concentrer sur une ou deux pistes narratives et formelles, n’a pas mis en péril l’identification du spectateur à l’histoire, le principe même de l’objet filmique ?

Et si justement, par cette multiplicité un peu superficielle et très formelle, n’avait-il pas, à son insu, fait le constat des limites propres du cinéma, le faisant sortir de ses rails ?

À l’heure où, dans un tout autre registre, un Avatar titanesque pose lui aussi la question des limites (physiques) du cinéma que l’on a connu jusqu’ici. Jaco n’a-t-il pas lancé également, sans le savoir et un peu à ses dépens, un pavé dans la mare de l’avenir du cinéma et de ses limites ?

Pour qui suit le parcours de quelqu’un d’aussi humaniste et intelligent que JVD, il n’est pas surprenant de le voir prendre cette place de précurseur. Mais, à l’instar de Leto donnant des cours de métaphysique au public, l’ambitieuse démonstration échappe un peu au professeur, elle reste théorique, et ne convainc jamais vraiment.

Parce que, alors que les spectateurs sont de plus en plus critiques, de plus en plus présents, de plus en plus participants dans la galaxie cinéma, par les blogs, par le fan-art, par leurs communautés. si Jaco venait de leur offrir, oh frustration suprême, une gigantesque bande-annonce, sans leur permettre de s’y impliquer, de toucher les manettes, d’y diriger le personnage principal face à ses choix multiples ?

Et si, tout simplement, il s’était trompé de médium, en faisant un film, là où il y aurait eu matière à faire, sans que ce soit péjoratif du tout. un splendide jeu vidéo nommé Mr. Everybody ?

En conclusion

19086533-jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20090406_051707Oui, assurément, Mr. Nobody a des défauts à la hauteur de ses ambitions (à l’image de son twist final, identique à celui du court dont il est issu, mais sans sa force).

C’est un feu d’artifice fantastique dans le cosmos cinématographique d’aujourd’hui.

À l’heure où l’on manque tant de générosité, Jaco nous livre, non pas une, mais trois histoires en un film ! Et tout bancal qu’il est, rien que pour les questions qu’il soulève, et le débat qui suit invariablement chaque projection (allez le voir à plusieurs), il vaut franchement la peine d’être vu. Et revu.

Parce que Nemo mérite qu’on s’y attarde, même s’il méritait aussi que Jaco lui laisse du mou, le laisse un peu respirer.

Parce qu’on aimerait bien le rencontrer pour de bon, ce Mr. Nobody, lui serrer la main, lui parler, et ressentir les choses de la vie à travers ses multiples vies.

Mais le film file à toute allure devant nos yeux comme un train de marchandises un peu lourd à un passage à niveau, et nous emporte ce Monsieur Personne déjà très loin sans nous laisser vraiment l’occasion de mieux le connaître.

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Date de sortie cinéma : 13 janvier 2010

Réalisé par Jaco van Dormael
Avec Jared Leto, Sarah Polley, Diane Kruger, plus

Long-métrage français, britannique, belge, canadien.
Genre : Fantastique Durée : 2h17 min
Année de production : 2009
Distributeur : Pathé Distribution

A propos de l'auteur

Image de : Sorti d'une école de Communication Visuelle de Bruxelles il y a 15 ans, directeur artistique belge basé à Paris depuis 10 ans, c'est un touche-à-tout dans le domaine des arts graphiques et du multimédia. Tour-à-tour photographe, graphiste, vidéaste, ou illustrateur, c'est aussi un IA ( Internet-Addict ), qui apprécie particulièrement le "cinéma-qui-possède-sa-petite-musique-intérieure", les "musiques-qui-te-donnent-des-images-dans-la-tête" et les événements culturels un peu décalés. De là à devenir chroniqueur pour Discordance... il n'y a qu'un pas, qu'il a franchi avec plaisir. Site web : http://www.mockery.fr

11 commentaires

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  1. 1
    VIOLHAINE
    le Vendredi 22 janvier 2010
    VIOLHAINE a écrit :

    Bien entendu, ce film a des défauts, dont celui de ne pas toujours nous montrer ce qu’on voudrait voir, de retourner le cerveau (qui sont aussi ses qualités, à mon avis, d’ailleurs).

    Et je comprends ta déception – c’est souvent le cas quand on attend quelque chose avec beaucoup d’impatience.

    Mais là où je ne suis pas du tout d’accord avec toi, c’est quand tu laisses entendre que, si on a un minimum de culture cinématographique, on ne peut pas aimer ce film.

    Certes, tes allusions fonctionnent avec moi :
    - déjà, j’ai aimé Mr Nobody ;
    - et puis, j’avais 6 ans quand est sorti Terminator 2 et ce film a été l’un des premiers à m’intriguer, à me faire aimer le ciné.

    Mais je ne vois pas en quoi ça fait de moi une inculte sur « le cinéma de ces 30 dernières années » !
    C’est un peu raide, ça, bon sang !

    I’ll be back.
    :p

  2. 2
    le Vendredi 22 janvier 2010
    M/O/C a écrit :

    Je dis juste que… si on enlève l’émotion, générée par plein de références et de ficelles cinématographiques archie connues… le film en lui-même est plutôt pauvre.

    Surtout comparé au court E Pericoloso Sporgersi et à Toto Le Héros (qui ont quand meme plus de 15 ans!)

    Donc, oui, l’émotion, j’ai réussi à la ressentir et à l’apprécier, mais en faisant l’effort constant de pardonner tels et tels choix formels.

    Aussi, le film ne possède presque aucun temps mort. Ce ne sont que des instants forts, des accidents, des rencontres, des retrouvailles, des crises, …

    Un narrateur qui devrait raconter cette histoire, saoulerait son auditoire au bout d’une demi heure.

    Ici, ce qui nous fait rester, c’est l’aspect surréaliste des images, le morcellement et l’impression qu’il nous faut attendre la fin pour comprendre.
    ça ne fait pas forcément un bon film.
    Mais plutot une très belle balade.

  3. 3
    le Dimanche 24 janvier 2010
    Mica a écrit :

    mmh… j’ai lu ta critique très intéressante… Je suis pas d’accord sur tout… Pour moi ce film est un grand film, même si, oui, il est un peu dense, ça manque parfois un peu d’air…

    Mais les références m’ont moins dérangé que dans un Kill Bill par exemple ou elles deviennent « lourdes dingues ». J’ai trouvé au contraire qu’il avait su prendre les bons éléments aux bons moments et qu’au final, l’ensemble tient la route… (Ce n’est pas donné à tout le monde de savoir prendre les bonnes choses aux bonnes personnes et d’être capable de se les approprier de la bonne façon)

    Tu compares aussi à Avatar, perso je peux te dire que les références d’Avatar est un des points qui m’a le plus dérangé, une multitudes de pompages faciles sur des éléments « qui marchent » commercialement pour s’assurer un large public. Grrr… (Sinon j’ai aimé)

    Ce qui est certain c’est qu’on peut toujours aller chercher ce qui ne va pas, car rien n’est jamais parfait, et heureusement, mais lorsque que qqn parvient à sortir avec intégrité, un film aussi difficile et aussi personnel, ça mérite le respect. (que tu as je le sais)

    Bref, ce film est quand même une claque visuelle, un scénario basé sur une très belle idée et un montage de fou… On en rediscute quand tu veux, j’ai aussi mes quelques points noirs,mais je les garde pour moi simplement parce que j’aime avoir un regard d’enfants sur un film comme celui ci et je n’ai pas envie de le décortiquer plus que cela. On retourne le voir quand tu veux ;)

  4. 4
    le Dimanche 24 janvier 2010
    M/O/C a écrit :

    Merci Mica pour ton avis.
    Je pense que les films de Tarantino ne sont pas comparables, parce que justement, ils sont principalement référentiels. Le vintage, le pulp, les arts matiaux, le western spaggetti, … tout ça est assumé dès le départ puisque c’est ça son style (qu’on aime ou non).

    Pour Avatar, oui, ça reprend aussi énormément d’éléments qui ont fait leurs preuves dans d’autres films, mais ça reste quand même dans l’univers de l’Action Movie, où les films se font tous un peu référence les auns, les autres, depuis toujours.
    ça m’a beaucoup plus dérangé dans le 5ème élément, par exemple, parce que ça ne fonctionnait pas aussi bien.

    Ici, on est dans un drame intimiste (malgré la forme éclatée et le fantastique). C’est pour ça que ça me dérangeait plus.

    Par contre, bien sur, c’est un film qui a le mérite d’être et d’avoir son univers à lui, et en plus de soulever des questions pertinentes dans une forme très originale et agréable.

    Petit mea culpa: quand je dis qu’il a été fait sans contraintes… forcément c’est faux et un peu naif de ma part de croire ça. Des personnes qui y ont participé me l’on bien rappelé aussi et je les crois.
    Mais forcément, on a pas les mêmes contraintes, suivant que l’on ait un tel budget, ou qu’on tente de réaliser un premier long fauché.
    Mais ce n’est pas comparable bien sur, donc je me tais sur ce point.

    Petite info: on m’a averti de la sortie d’un Director’s Cut (sisi) en Belgique (uniquement).

    Si quelqu’un a plus d’infos là-dessus…?

  5. 5
    le Lundi 25 janvier 2010
    jreeman a écrit :

    Belle critique, cependant je dirais que le message du film ou ce que j’en ai compris, c’est que seule la beauté nous permet d’échapper à l’absurdité du monde : face à un choix impossible, Némo n’a trouvé d’autre solution que créer un monde fabuleux et imaginaire dans lequel il peut faire face à toutes les situations envers lesquels il se sent impliqué.

  6. 6
    le Mardi 2 février 2010
    Didier a écrit :

    Merci pour cette critique très intéressante.

    J’ai adoré ce film et je ne partage pas tout tes points de vue. J’avais aussi beaucoup aimé Harold et Maud et j’ai trouvé amusantes les références à ce film. D’ailleurs Toby Regbo (excellent!) a parfois un petit côté Bud Cort. Je ne suis pas d’accord quand tu dis que cela « n’apporte rien, ni à l’histoire, ni à la psychologie du personnage. ». L’adolescence est l’âge des choix et des révoltes. Rien de bien nouveau ni de transcendant! Mais là où ça devient intéressant, selon moi, c’est lorsque l’on compare les comportements des différents Nemo: chez sa mère, il choisit d’extérioriser sa révolte (faux suicides, provocations) alors qu’il l’intériorise chez son père (ado modèle en apparence mais hurle sur sa mobylette).
    Ces choix influeront sur sa vie future…

    Enfin c’est comme ça que j’ai ressenti cette scène ;-) . Une des richesses du film est la diversité des interprétations qu’il peut amener. (L’interprétation du film par jreeman me semble particulièrement intéressante et je n’avais pas vraiment vu le film sous cet angle là – Merci!)

    Pour la sortie en Belgique de la version longue, il y a un article ici dans lequel on l’évoque : http://www.rtbf.be/info/societe/cinema/mr-nobody-atteint-son-rythme-de-croisiere-en-belgique-183409

    Mais probablement pas de version longue en France :-( . D’autant plus qu’ayant voulu acheter le CD de la B.O. aujourd’hui, j’ai appris que sa sortie était annulée…

  7. 7
    le Dimanche 14 février 2010
    Lucie a écrit :

    J’ai beaucoup aimé ta critique, même si, comme les autres, je ne suis pas d’accord sur tous les points. Même s’il donne par moments l’impression d’être un peu « bâclé », c’est aussi parce qu’un film d’une telle complexité ne peut être fluide et « parfait » à tous points de vie, et c’est aussi ce qui fait son charme…

    Petite question par rapport à la BO… Je lis ici que sa sortie aurait été annulée?? Sur les sites type fnac et amazon, on parle d’une sortie « prochaine »… Où pourrais-je trouver des infos à votre avis?
    Elle est vraiment magnifique, cette BO, et c’est une torture de ne pas la trouver :(

  8. 8
    le Dimanche 14 février 2010
    Julien Vachon a écrit :
  9. 9
    M/O/C
    le Vendredi 19 février 2010
    M/O/C a écrit :

    Merci à chacun de vous pour les réactions :)

    Je pense en effet que le film est protéiforme et ça sera pareil pour toutes les critiques que l’on pourra en lire. Et c’est vraiment là le tout grand intérêt d’un tel film bien sûr.

    ça ne m’a pas empêché de me plonger dedans avec plaisir… même si je me devais de relever telles ou telles choses.

    @Didier : analyse très pertinente, en effet, le personnage a une psychologie (un comportement surtout) très différente suivant son environnement. C’est logique, mais c’est vraiment important quand on se lance dans l’écriture de ce genre d’histoire je pense.

    Quant au clin d’oeil d’Harold et Maud, tant mieux s’il t’a plus enchanté que dérangé!
    Après tout, on fait bien de bons remakes de films qui ont à peine 5 ans d’âge, donc… pourquoi pas. J’avais juste trouvé ça tombé plic ploc comme ça là.

    Big merci pour le lien!

    @Lucie : je suis d’accord avec toi… mais les maladresses dans une forme aussi aboutie, c’est plus voyant je trouve. :) moi je continue à penser que cette histoire aurait pu donner un produit trans-média génial. C’est à dire, pas seulement un film mais aussi des BD, un jeu vidéo, un site internet expérimental, des expos… qui auraient complété la vision du film.

    @jreeman : tout à fait d’accord avec toi.
    Je pense d’ailleurs que pour voir ce film, et vraiment l’apprécier, il ne faut pas mettre en doute le principe de départ surréaliste et enfantin.

  10. 10
    le Jeudi 18 mars 2010
    Julien a écrit :

    L’Art n’est-ce pas le moyen de partager, de vivre, de diffuser, de s’exprimer, au delà des mots, au delà de tout concept, de toute idée, de toute réflexion?
    A un moment, si nous voulons toucher la grâce, et la profondeur d »une création (même le gâteau de la boulangère) ne faut-il pas arrêter de penser, d’analyser, de conceptualiser? Le mental ne peut pas tout saisir.
    En jugeant une création, celle ci entre inévitablement en conflit avec nos idées, nos concepts, nos conditionnements, et nous risquons fortement de passer à côté de Sa vérité, trop préoccupé par la notre.

    Trop de certitudes nous empêchent de pouvoir rentrer dans une compréhension non analytique et (pour moi, ce n’est qu’un point de vue) plus essentielle du film non?

  11. 11
    M/O/C
    le Samedi 11 décembre 2010
    M/O/C a écrit :

    Bien sûr. A un certain stade, il faut savoir arrêter d’analyser.

    Mais ne soyons pas naïfs : un film est un processus lent et terriblement réflexif. Il faut presque pouvoir sentir à l’avance ce qui séduira le public dans deux à trois ans, lorsqu’on est en train de l’écrire, sinon on se plante.

    Du coup, rien n’est innocent dans un film de ce genre. Et tout peut donc être analysé, en dehors du ressenti aussi.

    Mais si on reste juste sur le plan des tripes, et du ressenti, je dois dire que j’ai été beaucoup plus touché par le court métrage dont il est issu, et qui lui pourtant, a été fait avec aucun moyen et il y a plus de 20 ans, sans paroles… du coup, c’est un peu normal que je sois en partie déçu.
    :)

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