Moussu T e lei Jovents – Artémis

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Discordance a trop peu parlé de Moussu T e lei Jovents, un des side-project du Massilia Sound System en activité depuis 2005. Avec près de quatre albums studios suivi d'un best of en l'espace entre 2005 et 2010, les marseillais repartent pied au plancher. Depuis 1 mois déjà, "Artemis" fait des siennes... et Moussu T l'évoque avec toujours autant de franchise et sincérité. Retour sur cet "Artémis", cinquième album de Moussu T e lei Jovents sorti le 22 avril dernier.

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Si Oai Star fait des ravages auprès de tous les fans du Massilia Sound SystemMoussu T a su, lui aussi, creuser son trou auprès d’un public encore plus large et peut-être un peu plus mûr avec un équipage métissé entre Marseille, La Ciotat et le Brésil. Entre les sonorités des Caraïbes et une base rythmique lancée par le banjo, Moussu T excelle dans sa manière pour chanter la cité phocéenne, en occitan, en préservant ce décor des années 1920 et 1930 qui lui va si bien.

Le choix d’Artémis n’est pas anodin : sur RFI MusiquesMoussu T la dédie « à la déesse insoumise et fière, emportée par les Phocéens pour les accompagner dans leur périple fondateur ». Au sens large, cet « Artémis » est un hommage à la femme. Mais au-delà du porte-drapeau occitan que l’on a tous en tête, Moussu T se durcit. Là où, musicalement, le charme avait opéré sur les deux premiers albums (« Mademoiselle Marseille », 2005 et « Forever Polida », 2006), « Home Sweet Home » (2008) laissait entrevoir un style en manque de fraîcheur, déjà entendu précédemment. Ligne rythmique inchangée et manque de renouvellement, « Putan de Cançon » (2010) a commencé à casser cette griffe si particulière au quelle l’oreille s’était habituée : plus électrique, il marquait son auditoire par certaines libertés. Et sur  »Artémis »,Moussu T a encore progressé. Dans la lignée que le précédent, Moussu T s’affirme et hausse le ton : les influences blues sont suintantes (Embarcatz!, Mistral, Occitanie sur mer…) mais nous retrouvons également d’autres tendances plus pop (Monte vas cançoneta ?) ou d’Amérique Latine (Mon Bateau). Cette pâte acoustique nettement mise en avant, on en garde pas moins ces saveurs salées qui nous rappellent sa Méditerranée.

Le melting pop culturel et musical tel que nous le connaissions est encore plus coloré. Entre poésie et revendications (Mon Drapeau Rouge), l’album est teinté de sonorités rock jusque là plus en retrait. Identitaire et contestataire, « Artémis » agite l’étendard marseillais d’une musique qui en est résolument le reflet. Enregistré à la montagne, l’album respire pourtant le bord de mer, la légèreté et la sérénité. Trentre ans de carrière (et ce n’est pas terminé) au sein du collectif Massilia Souns System laisse des traces. Producteur d’une mémoire vive sur les chantiers navals et toujours aussi concerné par les conflits sociaux, Moussu T e lei Joventsest plus mâture que jamais. Sans s’affoler, Tatou voyage : il s’est enrichi de nouveaux instruments (Daniel Loddo à la guimbarde, Stéphane Murmann à la basse) et peut toujours compter sur ses fidèles compagnons de route (Blù au banjo, Jamilson, Denis et Deli K aux percussions).

Ecoutez, l’embarcation est immédiate.

Clip  »Embarcatz! » : 

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A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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