Morcheeba : retour en grâce

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Après 7 ans de coupure, Morcheeba renoue avec la délicieuse Skye Edwards pour un septième album, Blood Like Lemonade. Afin de marquer son retour, le groupe a posé ses bagages à Paris pour deux concerts dans un Bataclan plein à craquer.

19h45 : Nic Benett vient assurer la première partie pour un public qui n’a pas besoin d’être chauffé. La scène du Bataclan paraît bien grande pour ce beau jeune homme et ses deux guitares. Il va jouer pendant 30 minutes des ballades mille fois entendues sous les yeux d’un public calme et peu convaincu. Rien de notable dans un show malheureusement bien vide et ennuyeux.

20h40 : Morcheeba monte sur scène après un long temps de battement. C’est peu dire que leur venue en France était attendue. Ils ont aisément rempli le Bataclan, et ce, deux jours de suite. Le groupe britannique ne vient pas tout à fait présenter son nouvel album. Il vient surtout jouer dans sa formation originale, celle qui a fait son succès, à savoir la collaboration entre les frères Godfrey et Skye Edwards. La set list le montre clairement. Bien que l’album Blood Like Lemonade soit bien représenté (Even though, Crimson, blood like lemonade, Beat of the drum), le groupe ouvre sur ses tubes, The Sea et Friction, et bat le rappel avec Be Yourself et Rome Wasn’t Built in a Day.

L’ambiance est plus que bonne sur scène. Morcheeba déploie gentiment ses compositions, le meilleur anti-stress qui soit un jour de grève à Paris. Entre les morceaux, le groupe fait la causette. Ils évoquent la marijuana – ça fait toujours son effet – fait tourner un petit joint, parle de la police qui ressemble à « Robocop » — idem, succès garanti. La voix chaleureuse et sexy de Skye ferait de toute façon passer n’importe quoi pour quelque chose de gentil et mignon, qu’elle parle de paix ou de guerre, d’amour ou d’abus sexuels sur mineurs. À la guitare, Ross Godfrey est dans son élément. Il multiplie les blagues entre les morceaux, fait vibrer sa guitare aquatique sur des solos apaisants — une ambiance permise par ses pédales d’effets qui ne le quittent presque jamais, le delay en tête.

Ce concert est la preuve que le succès de Morcheeba ne s’est pas évaporé. Pourtant, la période charnière de Morcheeba s’étend entre la fin des années 90 et le début des années 2000 – Big Calm est sorti en 1998, Charango en 2002. Une éternité dans le monde de la musique, qui a notamment vu le déclin des groupes étiquetés trip-hop. En outre, le groupe n’était pas monté sur scène dans sa formation originale depuis environ 7 ans, le temps pour les frères Godfrey de tester d’autres chanteuses et de s’apercevoir du faible répondant du public sans le chant de Skye. Définitivement, le groupe a besoin d’elle pour être tout à fait lui-même.

Crédits photo : Pierre-Emmanuel Goiffon

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En savoir +

Morcheeba sera en concert le 30 octobre à Marseille (Festival Fiesta des Suds), le 31 à Ramonville-Saint-Agne et le 1er novembre , à Lyon Transbordeur.

Site : http://www.morcheeba.co.uk/

Myspace : http://www.morcheeba.co.uk/

Twitter : http://twitter.com/realmorcheeba

Facebook : http://www.facebook.com/pages/Morcheeba/7951702537

A propos de l'auteur

Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

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