Montgomery

par Stephanie|
Montgomery, groupe rennais, a sorti son premier album le 15 mai. Créatifs et professionnels, ses cinq membres arrivent à grands pas sur la scène rock française. Rencontre avec ces passionnés touche-à-tout, lors de leur concert au point fmr....

Quel rôle a la mise en scène dans vos concerts ?

montgomery_logo Benjamin (chanteur) : Nous essayons de reconstruire un petit cocon sympathique, dans lequel on se sent bien. Un environnement propice pour développer notre univers bizarroïde. Des nuages sont accrochés, il y a du lierre, un objet lumineux non identifié. Dans le fond et sur les côtés, des écrans sont installés pour permettre des projections. « Vitrine en cours », des amis de Rennes, réalisent ces projections quand ils peuvent nous suivre. Ils projettent à l’ancienne avec des diapositives et des 16 mm. Lors de nos concerts, les ambiances se succèdent, on passe des manèges aux machines de guerre.

Cela illustre votre musique ?

B: Comme dans les textes, on essaye de mettre de la gravité dans le léger. On veut jouer avec tous nos sens pour toucher toutes les sensibilités, faire de la musique sensorielle.

Thomas (ingénieur du son) : Nous n’écoutons pas tous la même musique, c’est pour cela que l’album semble aller dans tous les sens.

Comment est pensée la setlist ?

T: Au hasard, selon les concerts précédents. On peut aussi jouer sans artillerie, très simplement, cela dépend de l’endroit. Et comme on ne joue pas souvent, on trouve le temps d’être créatifs pour les concerts.

C’est justement cette créativité qui a séduit votre maison de disques, Naïve ?

T: C’est une maison de qualité qui fait de vrais choix artistiques, payants. Notre projet leur a plu ; ils ont apprécié notre polyvalence, qu’on débarque avec le visuel, qu’on puisse enregistrer nos albums. On souhaite rester producteurs pour le son et lumière.

Dans quel état d’esprit étiez-vous pour cet album ?

T: Nous avons enregistré dans un grand appartement, tous les instruments étaient sur place. Il y avait une réelle effervescence mais nous avons pu prendre notre temps (six mois) d’essayer de nouvelles choses. La création s’est déroulée de manière ludique, nous avons découvert des instruments, des sonorités. L’expérimentation a beaucoup marqué l’album.

Comment le qualifieriez-vous en trois mots ?

Mathieu (batteur) : Point de départ

T : Blanc, noir et rose

B : Cour de récré

Une cour de récré d’où les instruments sortent du coffre à jouet ?

B : Oui, nous avons trouvé sur des braderies des petits claviers cheap et des magnétophones Fisher Price . Ces jouets sonnent très bien, en plus. Ils nous permettent d’expérimenter et illustrent le côté enfantin de notre univers.

Comment se déroule l’écriture des chansons ?

B : C’est moi qui m’en occupe. Chaque chanson a sa propre histoire, des fois il suffit de quelques phrases, d’autres il faut tout un texte. Les paroles se font au fur et à mesure de la musique, dans l’incident.

Comment vous-êtes vous rencontrés ?

M : Comme pour beaucoup, on avait un petit groupe avec Cédric et Benjamin. Lorsque nous sommes arrivés à Rennes, nous avons rencontré Yoann. Grâce à sa formation de graphiste, il a apporté un visuel à la musique, ce qui nous a permis de mieux définir notre projet. Puis, est venu le temps de l’enregistrement, et on a rencontré Thomas. Il a tant apporté avec ses arrangements et sa culture, qu’il était évident d’être à cinq sur scène.

Pourquoi « Montgomery » ?

montgomery-2 M : Sans raison, c’est tombé comme un cheveu sur la soupe, on aurait pu s’appeler autrement.

Comment se porte la scène rennaise ?

T : En 2005, nous avions réalisé un album de noël. Cela nous a permis de rencontrer des gens comme Laetitia Sheriff, Bikini Machine, Mobil et les musiciens du studio cocoon . Rennes est vivant

Richard Gauvin (leur manager) : Il n’y a pas de superflu à Rennes, les gens font de la musique par passion en toute sincérité. Il se passe quelque chose, une vraie effervescence, un militantisme anti-branchouille. Les groupes, comme Montgomery, permettent de voir l’avenir sans être dans la redite. Ils ont conscience de devoir faire avancer les choses, ils ne montent pas sur scène pour faire n’importe quoi. Leur musique a plus de texture qu’un énième pot de yaourt.

Quelles comparaisons vous énervent ?

B : Moi, Charlélie Couture parce que je la trouve totalement obscure.

T : Les gens nous comparent souvent à des groupes que nous ne connaissons pas bien comme XTC, nous avons alors du mal à apprécier la comparaison.

A vous de me poser une question ?

T : Tu viens au concert ce soir ?

Critique express : Dans cet album éponyme, les riffs de guitares cohabitent avec des sons électro, tout droit sorti d’un jeu vidéo. Voilà toute l’ambivalence de Montgomery, tiraillé entre le pop rock et l’expérimentation de nouvelles sonorités. Le résultat, plutôt réussi, donne à voir un univers où l’innocence côtoie la folie. A peine entendues, certaines mélodies ne vous lâchent plus. Les choeurs résonnent subtilement et les arrangements sont efficaces. Montgomery sera sûrement la révélation rock français de la rentrée, notamment après leur passage aux Francofolies le 11 juillet.

A écouter absolument.

En savoir +

Myspace: www.myspace.com/chezmontgomery

Naive: www.naive.fr

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7 commentaires

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  1. 1
    le Vendredi 6 juillet 2007
    Anonyme a écrit :

    bjr,
    je suis rédacteur en chef d’un mensuel sur jardinnage et au passage un fervant fan du groupe montgomery, j’aimerai à travers ce commentaire rendre hommage à l’auteur de cette article car en 30 ans de journalisme j’avoue que j’ai été impressionné par le style utilisée pour sa rédaction. Clarté, concision, humour, habileté et finesse emanent de la lecture de ce bijoux syntaxique aussi bien au niveau de la forme que du contenu. 1000 bravos à cette étoile montante.

  2. 2
    Pascal
    le Lundi 9 juillet 2007
    Pascal a écrit :

    Alors ca c’est le post de l’année…

  3. 3
    le Lundi 9 juillet 2007
    kyra a écrit :

    Ouais, en effet … mais entre le gros mollard méchamment ironique et l’enrobage sucré au coulis de framboise aveugle, mon coeur balance.

    Hum.

    Remarque, rédac chef d’un revue de jardinage, c’est peut-être une référence … avec l’ortograffe en option pour pas faire comme tout le monde.

    :o )

  4. 4
    le Mercredi 11 juillet 2007
    Anonyme a écrit :

    Ce post était sûrement une grosse blague…Mais, en toute modestie, ses propos me semblaient assez justes ;-)

  5. 5
    le Vendredi 13 juillet 2007
    Pascal a écrit :

    Ouaip. Elles est très sympa cette petite interview… Surtout qu’ils sont assez prometteurs ces petits rennais.

  6. 6
    le Vendredi 13 juillet 2007
    Julia a écrit :

    Il font un petit concert le samedi aprem dans la roseraie, aux 3 éléphants, parfait pour la sieste musicale :)

  7. 7
    le Jeudi 13 décembre 2007
    Phil a écrit :

    Laval vous écoute, les gars!

    Je m’applique à propager dans ma verte région le son si particulier de Montgomery, ces ondes décadentes, acidulées, inventives et ces textes à la fois noirs et « bandedessinesques ». J’avais, tout d’abord, écouté le dernier opus d’une oreille distraite, par paresse, parce que je ne suis plus un perdreau de l’année et que ces dites « années » nous éloignent de la modernité, de la créativité et nous font souvent passer à côté du talent, certains que nous sommes, par notre prétendue expérience, de posséder la vérité.
    Puis, la curiosité, les exhortations de mes enfants, m’ont amené à réécouter ce CD. Ok, les gars, les jeunes ont du talent, je n’en doutais pas, continuez.
    J’étais de la première scène, au pied du podium, un soir de fête de la musique. Je vois avec plaisir grandir votre réputation, évoluer vos engagements, votre passion, vous n’avez sans doute que très peu changé au plus profond de vous-même, je l’entends dans vos mots, dans votre musique . . .
    Je vous souhaite la réussite que vous méritez et ce n’est pas qu’une vaine formule un peu tordue, je dis que vous avez du talent! (même si l’opinion d’un vieux n’a que très peu de poids).

    Philippe

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