Montgomery

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La joyeuse équipe rennaise nous revient ce 12 mai avec un très bon deuxième album, Stromboli . Une belle occasion de chercher la petite bête afin de connaitre les inspirations et les futurs projets de Montgomery...

Monts et merveilles

Écouter le dernier album de Montgomery, Stromboli, c’est un peu comme feuilleter un livre d’images : des baleines qui parlent, un chat ou un mégacéros peuplent des paysages assemblés à partir de claviers, de guitares, de choeurs, de percussions et d’autres astuces sonores qu’on a du mal à isoler.

image001-3Le chant est bien en français, mais la langue importe finalement peu. Ne vous méprenez pas, les textes tiennent plus de la poésie que de la niaiserie mielleuse. Ce qui compte, c’est de se laisser absorber dans les abîmes cotonneux ou au contraire dériver avec de lourdes guitares sur un morceau dont l’intro évoque M83 ( Le Ciel ). On retrouve même un peu de Sonic Youth dans Athlète . C’est là la principale évolution par rapport au premier album des Rennais : le son se fait plus progressif, plus lourd ( Daisy ).

Une évolution qui n’est pas sans nous rappeler le parcours d’un autre groupe sortant son album ces jours-ci ( Labyrinthes), Malajube . Au-delà du choix de la langue, les ressemblances s’additionnent : un chant en second plan, des boucles de guitare plus lourdes, avec toutefois un esprit plus potache chez les Québécois.

La comparaison ne fait pas frémir : « Je pense que c’est une question de génération et de culture qu’on doit complètement avoir en commun. On joue sur les sons, les mots qui peuvent sonner et donner un univers, une émotion. On est dans le même créneau par rapport à ça. » nous confirme Benjamin, le chanteur de Montgomery que nous avons rencontré juste avant un concert en première partie de The Subways au Nouveau Casino, en avril dernier.

Petites bricoles entre amis

En parlant d’autres groupes, on s’étonne un peu qu’aucun featuring ne soit présent sur l’album, alors qu’évoluent dans leur galaxie rennaise de nombreux groupes pop ou rock : Santa Cruz, le guitariste Olivier Mellano, Laëtitia Shériff . . Montgomery avait d’ailleurs initié un Album de Noël comportant 24 titres et dont les recettes étaient reversées aux Rockeurs ont du coeur pour offrir des cadeaux aux enfants défavorisés.

« Les projets sont complètement à côté de Montgomery . On est pas du tout partisans de mettre nos potes dans le projet » nous explique Benjamin . « On aimerait pouvoir tout maitriser de A à Z. Déjà, on a confié le mixage à quelqu’un d’autre et c’est déjà une collaboration en soi. L’idéal est d’arriver à retranscrire ce qui se passe dans notre tête, c’est un peu le but du boulot artistique. »

image002Les membres du groupe mènent eux-mêmes des projets perso dont l’univers colle tout à fait à Montgomery . Ainsi, on aura découvert aux dernières Tombées de la Nuit de Rennes l’installation de Thomas Poli, Cabine . Bien calés sur de petits coussins posés sur les marches de l’Ubu (une salle de musiques actuelles à Rennes), nous avions pu savourer des compositions bricolées avec les sons de dizaines de vieux magnétophones suspendus un peu partout dans la salle.

Un goût pour les bricoles et les astuces qui devrait se retrouver prochainement dans des vidéos clips en préparation pour illustrer les titres de Stromboli : « Comme on aime bricoler, on aimerait faire douze clips pour douze morceaux. On a fait appel à des gens extérieurs, une quinzaine de personne, et chacun est libre. On leur a envoyé l’album en leur disant : « choisissez un titre et faites quelque chose de 15 secondes, bidouillez ». Il y aura du stop motion, des vieux reportages brésiliens, des montages à la con. »

Champagne, chamallows et Mad Max

montgomery-nouveau-casino-paris-16-04-09Entre la belle découverte australienne The Temper Trap et The Subways qui aura été l’occasion de l’un des plus beaux pogos qu’ait connu le Nouveau Casino, Montgomery est condamné à jouer le trou normand. Heureusement, les mélodies emplissent aisément la salle et les choeurs sont réussis, notamment ceux de Pollen dont on aurait juré sur l’album qu’ils étaient triturés à l’ordinateur. Bien sûr, il n’y a pas de quoi sauter partout, mieux vaut apprécier tranquillement la richesse des mélodies.

On regrette alors de ne pas être assis dans une roseraie, à siroter du champagne et à manger des chamallows, un rêve bucolique dont la musique du combo serait la bande-son parfaite. Utopie ? Pas si l’on était présent au concert de l’édition 2007 du festival des Trois Eléphants.
« On n’est pas un groupe démonstratif sur scène. Ça ne nous plait pas d’avoir des jeux de rôle, ça ne correspond pas à notre musique ni à nous-mêmes. » reconnait Benjamin .  » On essaye d’éviter que les gens se disent on va voir un concert de rock, des morceaux qui se suivent. Souvent, les concerts les plus cools sont ceux où les gens sont assis par exemple.  »

Ça tombe bien, Montgomery vient de se lancer dans les cinés concerts en mettant en musique Mad Max, pour deux représentations qui ont eu lieu à Orléans et à Lille. On est curieux de voir comment les cinq rêveurs ont transformé un No Man’s Land en quelque chose de plus habitable pour les Choubidou .

Crédits photo : Nicolas Brunet

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En savoir +

Stromboli (Naïve) sortie le 12 mai 2009.

Le groupe est en tournée cet été et Musiques Volantes, Ciné concert de Mad Max, sera présenté le 8 novembre 2009 à Metz.

Montgomery sur Discordance : http://www.discordance.fr/Montgomery.html
Myspace de Montgomery : http://www.myspace.com/chezmontgomery

A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

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